Nationalisme breton

Le nationalisme breton est un mouvement nationaliste en Bretagne. L'histoire du mouvement Breton, qualifié aussi d'Emsav en breton (ce qui signifie "soulèvement", "renouveau"), se divise traditionnellement en 3 périodes :

Sommaire

Le premier Emsav : naissance du mouvement breton jusqu’en 1914

Le mouvement breton est né dans la première moitié du XIXe siècle au cours de la première grande vague nationaliste, qui a touché toute l’Europe romantique, au sein d’une noblesse légitimiste marginalisée et se repliant sur ses terres. Il se caractérise par : le régionalisme, l'ancrage à droite, le passéisme, l'importance des traditions. Une idée domine : maintenir les traditions pour préserver le peuple breton de l’irréligion et des idées nouvelles.

Les trois grands piliers de ce régionalisme breton naissant sont :

1898 : Création de l’Union régionaliste bretonne, premier vrai parti régionaliste, de tendance conservatrice.

1911 : Création du Parti national breton, premier parti nationaliste breton, par Camille Le Mercier d'Erm, marqué à l'époque par le radicalisme de gauche. À cette époque, le PNB va rassembler l’essentiel du mouvement politique breton, même s’il existe déjà d’autres groupements comme le Bleun Brug créé en 1905 par l'abbé Perrot (un certain nombre de militants catholiques défendront aussi la langue et la culture bretonne), ou encore la Fédération Régionaliste Bretonne.

Le second Emsav (1914-1945)

La Première Guerre mondiale, qui détruit toute une génération, est une véritable coupure. Après la première Guerre mondiale le régionalisme (qui prétend unir la petite et la grande patrie), conservateur, stagne. Ce qui entraîne l'essor, à l’intérieur du mouvement breton, du nationalisme dur au sein d’une nouvelle génération qui se regroupe autour du journal Breiz Atao en 1919 organe du Groupe Régionaliste Breton, autour de Maurice Marchal.

L’Emsav rompt explicitement avec le régionalisme français :

la dislocation du Parti autonomiste breton, éditeur de Breiz Atao en 1931 en plusieurs tendances plus ou moins eclatées : - une partie du nationalisme breton évolue vers le conservatisme au cours des années 1930, - une autre partie (Le Parti national breton) bascule vers l'idéologie fasciste qui se propage alors en Europe. Ils parviennent cependant à poursuivre leur action sur la scène bretonne (à l'instar de la République Irlandaise) malgré les pressions de la République française (François Debeauvais, Olier Mordrel). - Plusieurs actes terroristes liés au mouvement breton sont effectués par l'organisation Gwen-ha-Du de Célestin Lainé, à partir de 1932, - Une autre "Ar Falz" représentée par Yann Sohier et soutenue par Marcel Cachin est marquée par le communisme - une autre est proche de la gauche, comme Charles Brunetière, et adopte une tendance fédéraliste pour Maurice Duhamel, ou encore anarchiste avec Emile Masson.

La seconde guerre mondiale

Le troisième Emsav depuis 1945

En 1945, le mouvement breton repart de zéro. On va désormais étudier de manière plus approfondie les trois temps, culturels, économiques et politiques de la reconstruction du mouvement nationaliste breton.

Fin des années 40 et années 50 : La culture

À la fin des années 40, le militantisme politique étant complètement condamné par les autorités françaises, et par le comportement des ex-Breiz Atao pendant la guerre ; l'engagement des nationalistes bretons se fait sur le terrain de l’action culturelle :

Ce sont les lieux de rencontre, de réflexion, de recrutement pour les nationalistes. C'est par ce biais que vont être maintenus et transmis le nationalisme breton à une nouvelle génération au cours des années 40 et 50.

Parallèlement, le mouvement breton continue le travail entamé avant-guerre dans le domaine de la langue et de la littérature et crée de nombreuses revues brittophones, dont la revue littéraire Al Liamm, continuateur de Gwalarn.

La fédération Kendalc’h (regroupe les organisations culturelles du mouvement breton) est créée en 1951 ainsi que celle du Kuzul ar Brezhoneg, fédération créée en 1958 (elle regroupe les associations bretonnes militant pour l'orthographe unifiée du breton).

Années 50 et 60 : L’économie

À partir du début des années 50, le mouvement breton commence à s’ínvestir dans le domaine de l’économie aussi :

1951 : Création du Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons (CELIB) par Joseph Martray et René Pleven.

À partir de la fin des années 60 : le retour du politique

Indirectement, le CELIB légitime donc la renaissance d’un nationalisme politique en Bretagne, et à partir des années 60, on observe le retour des nationalistes modérés bretons dans l’arène politique.

1957 : Création du Mouvement pour l’Organisation de la Bretagne (MOB), premier parti politique créé depuis la Seconde Guerre Mondiale.

1963 : Scission de la gauche du MOB pour créer l’UDB (Union démocratique bretonne).

Mais tout cela reste très marginal au cours des années 60, malgré l’essor sans précédent des mobilisations à caractère à dimension régionale au sein des mondes ouvriers et paysans.

Décennie des années 70

Une réelle renaissance d’une conscience nationale ou tout du moins régionale en Bretagne

Terrorisme breton, Nationalisme clandestin de lutte armée

Dans les annés 70, apparaît un nationalisme clandestin de lutte armée : Front de Libération de la BretagneArmée Révolutionnaire Bretonne. Ces groupes pratiquent une violence symbolique, via des actions terroristes, contre les symboles de l’oppression de la Bretagne : contre l’État français, contre le capitalisme. Après une première vague d'attentats à la fin des années 70, une relative accalmie suit l'amnistie accordée en 1981 par François Mitterrand. A compter de la fin des années 90, on assiste à une reprise des attentats revendiqués par une Armée révolutionnaire bretonne dont les liens et la filiation avec le FLB des années 70 n'apparaissent pas clairement. Des liens avec l'organisation basque ETA sont mis à jour lors de l'affaire de Plévin. Le 19 avril 2000, un palier est franchi avec la mort de Laurence Turbec, une employée du Mac Donald de Quévert, tuée par une bombe qui aurait due vraisemblablement exploser plus tôt dans la nuit. Sous réserve des résultats de l'enquête, c'est la première fois qu'un attentat attribué aux activistes bretons tue une personne innocente ( jusqu'à ce jour seuls deux poseurs de bombes avaient été tués par leur engin en 1976 et 1985) : le choc va être immense et la condamnation unanime (ex. La Bretagne,c'est la vie du Conseil Culturel de Bretagne). Les élus vont mettre fin à une « tolérance amusée pour un folklore militant marginal, mais jusqu'alors considéré comme inoffensif, voire sympathique, ils découvrent à cette occasion qu'ils ont parfois laissé prospérer le pire ». Ils faisaient sourire avant Quévert. Ils sont rejetés depuis.

Actualité du mouvement breton et du nationalisme breton

Un mouvement politique divisé et quasi inexistant :

Domaine de l’éducation

La création et la promotion d'un enseignement en breton ne sont pas à relier de manière globale au mouvement politique nationaliste, bien que celui-ci soit présent de manière discrète dans les structures parentales de gestion.

Vie publique et mouvement culturel

Domaine économique

Révisionnisme breton

Cette partie est l'objet de nombreuses polémiques en Bretagne. À partir de 2000, et suite à l'attentat de Quévert et à la question de la ratification de la charte européenne relative aux langues régionales, de nombreuses dérives identitaires et d'ambiguïtés du nationalisme breton sont énoncées (création du collectif Gardons les yeux ouverts) et objet de nombreuses controverses (certains militants bretons parleront d'un maccarthysme anti-breton):

Conclusion

Depuis 100 ans, le mouvement breton a connu un réel développement, et l'intégration progressive dans la société bretonne. Il se décline sur l'ensemble du spectre politique, tant à droite qu'à gauche.

Il n'a connu que peu de succès électoraux malgré une culture bretonne très dynamique et une identité de plus en plus revendiquée.

Mais aujourd’hui le mouvement breton semble dans l’impasse, ne s’étant pas beaucoup investi dans le domaine politique (comparé à des mouvements similaires dans d'autres nations sans États, comme l'Écosse, la Catalogne, la Galice ou la Flandres), ni dans le domaine économique (si l'on excepte l'époque du CELIB).

La plupart des problèmes soulevés par le mouvement nationaliste breton sont politiques pour la tendance droitière du mouvement:

Liens avec d'autres mouvements nationalistes ou autonomistes

Lieux et personnages symboles de l'histoire bretonne



Bibliographie


sur le F.L.B. - A.R.B. :

Voir aussi

See also: Nationalisme breton, 1364, 1675, 1720, 1870, 1898, 1905, 1911