Nationalisme breton
Le nationalisme breton est un mouvement nationaliste en Bretagne. L'histoire du mouvement Breton, qualifié aussi d'Emsav en breton (ce qui signifie "soulèvement", "renouveau"), se divise traditionnellement en 3 périodes :
| Sommaire |
|
4.1 Fin des années 40 et années 50 : La culture |
Le premier Emsav : naissance du mouvement breton jusqu’en 1914
Le mouvement breton est né dans la première moitié du XIXe siècle au cours de la première grande vague nationaliste, qui a touché toute l’Europe romantique, au sein d’une noblesse légitimiste marginalisée et se repliant sur ses terres. Il se caractérise par : le régionalisme, l'ancrage à droite, le passéisme, l'importance des traditions. Une idée domine : maintenir les traditions pour préserver le peuple breton de l’irréligion et des idées nouvelles.
Les trois grands piliers de ce régionalisme breton naissant sont :
- La collecte des chants et contes populaires bretons (en s'inspirant notamment des exemples allemands ou finois ; cf. les Frères Grimm, le [[Kalevala]]…). La figure symbolique et initiatrice de ce travail de collectage des traditions populaires est le marquis Théodore Hersart de la Villemarqué et son Barzaz Breiz. Cette œuvre connut un très grand écho, faisant découvrir la littérature orale bretonne dans toute l'Europe.
- La normalisation de la langue bretonne écrite, notamment par Jean-François Le Gonidec, considéré comme le père du breton moderne.
- La création d’une véritable historiographie bretonne avec Arthur de La Borderie, considéré comme le père de l’histoire de la Bretagne.
1898 : Création de l’Union régionaliste bretonne, premier vrai parti régionaliste, de tendance conservatrice.
1911 : Création du Parti national breton, premier parti nationaliste breton, par Camille Le Mercier d'Erm, marqué à l'époque par le radicalisme de gauche. À cette époque, le PNB va rassembler l’essentiel du mouvement politique breton, même s’il existe déjà d’autres groupements comme le Bleun Brug créé en 1905 par l'abbé Perrot (un certain nombre de militants catholiques défendront aussi la langue et la culture bretonne), ou encore la Fédération Régionaliste Bretonne.
Le second Emsav (1914-1945)
La Première Guerre mondiale, qui détruit toute une génération, est une véritable coupure. Après la première Guerre mondiale le régionalisme (qui prétend unir la petite et la grande patrie), conservateur, stagne. Ce qui entraîne l'essor, à l’intérieur du mouvement breton, du nationalisme dur au sein d’une nouvelle génération qui se regroupe autour du journal Breiz Atao en 1919 organe du Groupe Régionaliste Breton, autour de Maurice Marchal.
L’Emsav rompt explicitement avec le régionalisme français :
- Cette première génération nationaliste s’investit notamment dans le domaine de la langue. Son chef de file est Roparz Hemon, et son journal de référence Gwalarn, fondé en 1925 avec Olier Mordrel. (Jakez Riou, Youenn Drezen…). La littérature bretonne s'ouvre au monde entier par de nombreuses traductions, rénovation et élargissement des thèmes littéraires : création d’une véritable littérature moderne en langue bretonne. La langue bretonne est rénovée et actualisée par la rédaction de nombreux dictionnaires et grammaires.
- Importance aussi du Mouvement artistique, avec notamment Seiz Breur, qui amène un art breton de haut niveau.
- Parallèlement au succès culturel il faut insister sur l'évolution dans le domaine politique :
la dislocation du Parti autonomiste breton, éditeur de Breiz Atao en 1931 en plusieurs tendances plus ou moins eclatées : - une partie du nationalisme breton évolue vers le conservatisme au cours des années 1930, - une autre partie (Le Parti national breton) bascule vers l'idéologie fasciste qui se propage alors en Europe. Ils parviennent cependant à poursuivre leur action sur la scène bretonne (à l'instar de la République Irlandaise) malgré les pressions de la République française (François Debeauvais, Olier Mordrel). - Plusieurs actes terroristes liés au mouvement breton sont effectués par l'organisation Gwen-ha-Du de Célestin Lainé, à partir de 1932, - Une autre "Ar Falz" représentée par Yann Sohier et soutenue par Marcel Cachin est marquée par le communisme - une autre est proche de la gauche, comme Charles Brunetière, et adopte une tendance fédéraliste pour Maurice Duhamel, ou encore anarchiste avec Emile Masson.
La seconde guerre mondiale
- Article connexe : Le nationalisme breton et la seconde guerre mondiale
Le troisième Emsav depuis 1945
En 1945, le mouvement breton repart de zéro. On va désormais étudier de manière plus approfondie les trois temps, culturels, économiques et politiques de la reconstruction du mouvement nationaliste breton.
Fin des années 40 et années 50 : La culture
À la fin des années 40, le militantisme politique étant complètement condamné par les autorités françaises, et par le comportement des ex-Breiz Atao pendant la guerre ; l'engagement des nationalistes bretons se fait sur le terrain de l’action culturelle :
- La musique : la mise en place de Bodadeg ar Sonerion de Polig Montjarret (1943) qui regroupe les musiciens traditionnels, notamment de cornemuse, sert de base pour la création des premiers bagadoù à la fin des années 40 (bagad. Ce sont des ensembles de musique traditionnelle s’inspirant des pipe bands écossais, et regroupant des cornemuses, des bombardes et des percussions). Il y a un réel essor dans les années 50, marque du renouveau culturel Breton. Gildas Taldir-Jaffrenou et Jorj Cochevelou (père d'Alan Stivell) recréent la harpe celtique.
- La danse : à ces bagadoù sont souvent liés aussi des cercles celtiques, qui sont des groupes de danse traditionnelle. Les créations de bagadoù sont très nombreuses au cours des années 50. La Bagad Bleimor est associée à l'organisation scout bretonne Bleimor. On y retrouvera le creuset à de nombreux militants bretons (Alan Stivell, Pierre Denis, Donatien Laurent, Gwenchlan Le Scouezec, ...)
- L'ésotérisme, le symbolisme celtique et le mouvement druidique, avec Morvan Marchal, Rafig Tullou, Georges Pinault, ...
Ce sont les lieux de rencontre, de réflexion, de recrutement pour les nationalistes. C'est par ce biais que vont être maintenus et transmis le nationalisme breton à une nouvelle génération au cours des années 40 et 50.
Parallèlement, le mouvement breton continue le travail entamé avant-guerre dans le domaine de la langue et de la littérature et crée de nombreuses revues brittophones, dont la revue littéraire Al Liamm, continuateur de Gwalarn.
La fédération Kendalc’h (regroupe les organisations culturelles du mouvement breton) est créée en 1951 ainsi que celle du Kuzul ar Brezhoneg, fédération créée en 1958 (elle regroupe les associations bretonnes militant pour l'orthographe unifiée du breton).
Années 50 et 60 : L’économie
À partir du début des années 50, le mouvement breton commence à s’ínvestir dans le domaine de l’économie aussi :
1951 : Création du Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons (CELIB) par Joseph Martray et René Pleven.
À partir de la fin des années 60 : le retour du politique
Indirectement, le CELIB légitime donc la renaissance d’un nationalisme politique en Bretagne, et à partir des années 60, on observe le retour des nationalistes modérés bretons dans l’arène politique.
1957 : Création du Mouvement pour l’Organisation de la Bretagne (MOB), premier parti politique créé depuis la Seconde Guerre Mondiale.
1963 : Scission de la gauche du MOB pour créer l’UDB (Union démocratique bretonne).
Mais tout cela reste très marginal au cours des années 60, malgré l’essor sans précédent des mobilisations à caractère à dimension régionale au sein des mondes ouvriers et paysans.
Décennie des années 70
Une réelle renaissance d’une conscience nationale ou tout du moins régionale en Bretagne
- Multiplication des conflits sociaux qui prennent un caractère Breton marqué :
- Géographie des réseaux de solidarité qui se créent à l’occasion des conflits sociaux qui prennent une dimension bretonne
- Rhétorique construite et développée au cours du conflit social qui dénonce : l’oppression de la Bretagne par Paris, le colonialisme intérieur dont est victime la Bretagne qui prend la forme : d’une oppression politique (par le centralisme), économique et sociale (par le capitalisme) et culturelle (par le jacobinisme, c'est-à-dire le nationalisme français)
- Cette création d’une conscience nationale ou régionale bretonne de gauche par les conflits sociaux, se fait en 2 temps :
- 1972 : année la plus importante pour la naissance de cette rhétorique, avec une succession de conflits sociaux de grande ampleur : Joint français et grève du lait
- Conflits écologistes, notamment contre l’implantation de centrales nucléaires (1974-1981) ou pour dénoncer la marée noire de l’Amoco Cadiz (1978)
- Parallèlement : succès foudroyant au niveau culturel : essor sans précédent de la musique bretonne, avec notamment Alan Stivell, Gilles Servat, Tri Yann, aussi bien dans les concerts que dans les festoù-noz (fête bretonne, avec de la musique et des danses traditionnelles). Ces festoù-noz deviennent le rendez-vous de toute une génération
- Dans ce contexte favorable : multiplication des partis nationalistes bretons, presque tous situés à gauche voir à l’extrême-gauche, à l’instar du Parti Communiste Breton, d’orientation mao-guévariste. Création de Sav Breizh avec Erwan Vallerie et Yann Choucq. L’UDB reste le plus important parti régionaliste en Bretagne.
Terrorisme breton, Nationalisme clandestin de lutte armée
Dans les annés 70, apparaît un nationalisme clandestin de lutte armée : Front de Libération de la Bretagne – Armée Révolutionnaire Bretonne. Ces groupes pratiquent une violence symbolique, via des actions terroristes, contre les symboles de l’oppression de la Bretagne : contre l’État français, contre le capitalisme. Après une première vague d'attentats à la fin des années 70, une relative accalmie suit l'amnistie accordée en 1981 par François Mitterrand. A compter de la fin des années 90, on assiste à une reprise des attentats revendiqués par une Armée révolutionnaire bretonne dont les liens et la filiation avec le FLB des années 70 n'apparaissent pas clairement. Des liens avec l'organisation basque ETA sont mis à jour lors de l'affaire de Plévin. Le 19 avril 2000, un palier est franchi avec la mort de Laurence Turbec, une employée du Mac Donald de Quévert, tuée par une bombe qui aurait due vraisemblablement exploser plus tôt dans la nuit. Sous réserve des résultats de l'enquête, c'est la première fois qu'un attentat attribué aux activistes bretons tue une personne innocente ( jusqu'à ce jour seuls deux poseurs de bombes avaient été tués par leur engin en 1976 et 1985) : le choc va être immense et la condamnation unanime (ex. La Bretagne,c'est la vie du Conseil Culturel de Bretagne). Les élus vont mettre fin à une « tolérance amusée pour un folklore militant marginal, mais jusqu'alors considéré comme inoffensif, voire sympathique, ils découvrent à cette occasion qu'ils ont parfois laissé prospérer le pire ». Ils faisaient sourire avant Quévert. Ils sont rejetés depuis.
Actualité du mouvement breton et du nationalisme breton
Un mouvement politique divisé et quasi inexistant :
- L’UDB reste le parti régionaliste le plus important, fort de quelques centaines de membres, mais ne regroupe qu’environ 2 à 5 % des suffrages : une trentaine d’élus municipaux sur des listes d’unions de la gauche, dont un maire; et surtout depuis 2004, 3 conseillers régionaux (plus un apparenté) grâce à une alliance avec les Verts. Un autre parti autonomiste est apparu il y a quelques années et regroupe environ 50 personnes sous l'appellation de « Parti Breton ».
- Certains élus et partis français ont des positions régionalistes voire nationalitaires très affirmées : surtout des élus individuels de partis français, à l’instar du leader du Parti Socialiste en Bretagne ou encore de Christian Troadec, maire de Carhaix (ville principale du centre-Bretagne), avec l'appel de Carhaix.
- à l'extrême gauche : Emgann, dont certains des militants sont impliqués dans l'affaire de Pléven.
- à l'extrême droite : l'Adsav (crée en 2000) : parti nationaliste breton de Patrick Montauzier, Bretagne nouvelle de Xavier Guillemot, POBL. Un article du Peuple Breton, organe de l’UDB, rappela en 1997 que l’indifférence n’est plus de mise face aux dérapages de certains : « À l’heure où le Front National totalise 15% des suffrages et où, au sein de celui-ci, certains voudraient faire de la Bretagne leur « terre de mission », le Mouvement breton se devait de regarder en face ses éléments les plus extrémistes. Les militants bretons découvrent ainsi – 10 ans trop tard – l’appartenance d’un tel au FN, d’un autre aux cercles néo-druidiques d’extrême droite. Ils sont pourtant légions prêts à déposséder la Bretagne de son Histoire au profit d’une fantasmagorie celtomaniaque propre à sacraliser leur discours politique. Ils n’ont à la bouche que le mot « Celtie ». Ils ne s’intéressent guère à Nominoë ou à la Duchesse Anne. Pour eux, seul compte le Roi Arthur et la fée Viviane. Parce que plus malléable, le mythe remplace l’Histoire. »
- Pendant les années 90 : émergence du syndicat étudiant nationaliste : Dazont. Milieu de la décennie : premier syndicat étudiant en Bretagne. Mais s’est écroulé à la fin de la décennie. Création d’un syndicat nationaliste breton : Sindikad Labourerien Breizh (SLB) : en développement, mais non reconnu.
Domaine de l’éducation
La création et la promotion d'un enseignement en breton ne sont pas à relier de manière globale au mouvement politique nationaliste, bien que celui-ci soit présent de manière discrète dans les structures parentales de gestion.
- 1977 : création de la première école Diwan avec le breton par immersion. Développement du réseau depuis 30 ans. Aujourd’hui : une trentaine d’écoles (dont 4 collèges et un lycée) et près de 3 000 élèves. Mais toujours énormément de problèmes : finances, tracasseries administratives. Non reconnaissance officielle par la République française.
- 1984 : Le gouvernement socialiste crée une filière bilingue dans l'enseignement publique, qui connait un réel succès.
- 1990 : Même chose pour l'enseignement catholique.
- Aujourd’hui, environ 8 000 enfants sont scolarisés en Breton, soit 2% de l’ensemble des enfants Bretons.
Vie publique et mouvement culturel
- Les arts (notamment musique et danse) connaissent un succès croissant depuis 50 ans. Le secteur musical est le plus dynamique avec des centaines de groupes divers, des milliers de joueurs de musique traditionnelle ou d’inspiration bretonne qui demeurent très populaire. Plus d’une centaine de bagadoù partout en Bretagne ont atteint aujourd'hui un très haut niveau et on constate l'organisation de très nombreux groupes de fest-noz très inventifs. La musique bretonne est très créative et ouverte sur le monde ; avec des créations tel que l’Héritage des Celtes de Dan Ar Braz, en tournée mondiale ou encore le succès énorme des festivals de musique celtique, comme celui de Lorient. Les danses bretonnes sont également très populaires : quand un fest-noz est organisé, il regroupe généralement plus de 500 personnes.
- La langue bretonne reste non reconnue dans le cadre de la République française. Jusque dans les années 50 : elle est interdite à l’école, et dévalorisée. On comptait dans les années 50, plus d'un million de bretonnants quotidien. Il n'en reste aujourd’hui que 250 000.
- Domaine de la vie publique : dans les années 80 on assite à un combat pour la signalisation bilingue (Stourm ar Brezhoneg) ("barbouillage de panneaux"), même partiellement en région gallèse (ne parlant pas breton mais le gallo). C'est la seule victoire pour les nationalistes bretons. La république française refuse toute introduction du breton dans la vie publique, et refuse par exemple la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
- Dans les tendances actuelles, on peut évoquer enfin une certaine institutionnalisation du mouvement Breton.
- L'Etat signe une Charte culturelle avec diverses institutions locales en 1977. Un ensemble d’institutions sont créées, dont l’Institut Culturel de Bretagne (dont sortira en 2000, l’Office de la Langue Bretonne, qui est l'organe officiel de normalisation de la langue bretonne). Le Comité consultatif à l'identité bretonne de la mairie de Rennes est crée en 1996. Lancement de la Journée de la langue bretonne en 2004.
Domaine économique
- Regroupement de nombreux patrons au sein de l'institut de Locarn pour défendre les intérêts des petites et moyennes entreprises en Bretagne.
- Ces mêmes dirigeants créent le label « Produits en Bretagne » , créé par Yann Goasdoué, qui se veut un label de qualité pour défendre image de la Bretagne à l’étranger. Il s’appuie notamment sur un patriotisme économique des Bretons et rencontre un certain succès.
- Création en 2004 d'un opérateur régional Breizh Mobile, création du Breizh Cola.
- Création de TV Breizh en 2001 : 1e télévision totalement bretonne, mais où la langue bretonne reste très minoritaire (à peine plus d’heures que sur la télévision publique France 3 Ouest)
Révisionnisme breton
Cette partie est l'objet de nombreuses polémiques en Bretagne. À partir de 2000, et suite à l'attentat de Quévert et à la question de la ratification de la charte européenne relative aux langues régionales, de nombreuses dérives identitaires et d'ambiguïtés du nationalisme breton sont énoncées (création du collectif Gardons les yeux ouverts) et objet de nombreuses controverses (certains militants bretons parleront d'un maccarthysme anti-breton):
- « Invention » d'une langue unifiée, par les nationalistes au XIXe siècle. Françoise Morvan prend comme introduction dans son ouvrage : Le Monde comme si l'obligation de « traduire » dans une orthographe unifiée du breton, les textes (étudiés lors de sa thèse) en dialectes bretons originaux provenant d'une institution culturelle bretonne (Institut culturel de Bretagne). Cette orthographe, aujourd'hui majoritaire, est utilisée tant par l’Office de la langue bretonne que par les écoles Diwan, les classes bilingues publiques, les universités, certaines publications.
- Réhabilitation, en breton, des héros de la « nation bretonne » de 1940 à 1945 dans des revues et publications subventionnées (ex. : affaire du dictionnaire breton revélée par le Canard enchaîné). Le nom de Roparz Hemon est donné au collège Diwan du Relecq-Kerhuon ou au centre culturel breton de Guingamp, ou encore celui de Loeiz Herrieu à l’école Diwan de Lorient.
Conclusion
Depuis 100 ans, le mouvement breton a connu un réel développement, et l'intégration progressive dans la société bretonne. Il se décline sur l'ensemble du spectre politique, tant à droite qu'à gauche.
Il n'a connu que peu de succès électoraux malgré une culture bretonne très dynamique et une identité de plus en plus revendiquée.
Mais aujourd’hui le mouvement breton semble dans l’impasse, ne s’étant pas beaucoup investi dans le domaine politique (comparé à des mouvements similaires dans d'autres nations sans États, comme l'Écosse, la Catalogne, la Galice ou la Flandres), ni dans le domaine économique (si l'on excepte l'époque du CELIB).
La plupart des problèmes soulevés par le mouvement nationaliste breton sont politiques pour la tendance droitière du mouvement:
- souveraineté rendu par la reconnaissance de la caducité du traité franco-breton de 1532 La revendication du strict respect du traité de 1532 liant la Bretagne à la France, « Lequel traité est bafoué depuis la révolution de 1789 » et la fameuse nuit au cours de laquelle fut votée par les députés du tiers état l’abolition de tous les privilèges.
- « colonisation forcée » de la Bretagne par la France (« ruine de l’économie bretonne » à compter du XVIIIe siècle)
- reconnaissance du peuple breton
- reconnaissance de l’intégrité du territoire national
- problème de la Loire-Atlantique (détachée administrativement de la Bretagne depuis 1941), etc.
Liens avec d'autres mouvements nationalistes ou autonomistes
- Mouvement celtique :
- Autres mouvements :
- Mouvement normand (avec Didier Patte), nationalisme corse (avec Christian Guyonvarc'h)
- La "Padanie" (Italie) (avec Thierry Jigourel), le mouvement Padanien.
- Pays Basque : Voir article connexe : Liens entre nationalistes basques et bretons, Emgann
- La Flandre avec le Vlams Belang (ex Vlams Block).
Lieux et personnages symboles de l'histoire bretonne
- Anne de Bretagne, la duchesse Anne
- Bécassine (bande dessinée), personnage de bande dessinée (Voir : Article sur Bécassine et la Bretagne)
- Cadoudal
- Nominoë, a qui les nationalistes bretons lui ont accordé le qualificatif de Tad ar Vro, c'est-à-dire « père de la patrie ».
- Marquis de Pontcallec, conspirateur décapité en 1720.
- Armand Tuffin, marquis de La Rouërie, héros de la guerre d’indépendance américaine et organisateur de la Conjuration Bretonne
- Fête nationale le 29 septembre, jour anniversaire du couronnement de Nominoë et de la victoire remportée en 1364 (bataille d'Auray) à Auray par Jean de Montfort sur l'armée française de Charles de Blois.
- Traité franco-breton de 1532
- Révolte des "Bonnets rouges" en 1675
- Détachement administratif de la Loire-Atlantique du reste de la Bretagne, par le maréchal Pétain en 1941
- Bain sur Oust, bataille de Ballon, victoire bretonne contre les français
- Conlie, Camp de Conlie en 1870
- Place du Bouffay à Nantes, devant la plaque commémorative de l'exécution du Marquis de Pontcallec
- Monument de la Fédération bretonne-angevine à Pontivy
- Place de la mairie à Rennes, monument symbolisant l’union de la Bretagne à la France, du sculpteur Jean Boucher détruit en 1932 par l'organisation terroriste Gwenn ha Du (terrorisme)
- Saint-Aubin du Cormier, lieu de la Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier
- Chapelle de Coat-Quéau, en Scrignac où repose l'abbé Perrot.
Bibliographie
- Histoire de Bretagne -. 1947-1966. Chanoine Henri Poisson.
- La Bretagne écartelée. Essai pour servir à l'histoire de dix ans. 1938-1948 -. Nouvelles éditions latines. 1962. de Yann Fouéré.
- Histoire de Bretagne -. Nouvelles Editions Latines. 1966. de Joseph Chardronnet.
- Complots pour une République bretonne -. La Table Ronde. 1967. de Ronan Caerleon
- La révolution bretonne permanente -. La Table Ronde. 1969. de Ronan Caerleon
- La Bretagne contre Paris -. La Table Ronde. 1969 de Jean Bothorel
- Comment peut-on être breton ? -. Seuil. 1970. de Morvan Lebesque.
- Défense de cracher par terre et de parler breton. Anthologie de la poésie bretonne de combat. P.J. Oswald. 1971. de Yann-Ber Piriou.
- Breiz Atao -. Alain Moreau. 1973. Olier Mordrel.
- Le rêve fou des soldats de Breiz Atao. Nature et Bretagne. 1975. de Ronan Caerleon
- Une Bretagne libre est-elle viable ? -. Nature et Bretagne. 1975. de Léopold Kohr.
- Le breton, langue celtique -. Nature et Bretagne. 1976 de Yann Brekilien
- Breizh hiziv -. Anthologie de la chanson en Bretagne. P.J Oswald. 1976 de Philippe Durand.
- Aux origines du nationalisme breton -. Union Générale d'Editions. 1977. Bernard Tanguy.
- Histoire résumée du mouvement breton-. Nature et Bretagne. 1977. de Yann Fouéré.
- Nous ne savions que le breton et il fallait parler français -. Mémoire d'un paysan du Léon. Breizh hor bro. 1978. de Fanch Elegoët.
- La Bretagne, Problèmes du régionalisme en France, Cornelsen-Velhagen & Klasing , Berlin 1979.
- Le breton, la jeunesse d'une vieille langue -. Presses Populaires de Bretagne. 1980. Fanch Morvannou.
- Chantres de toutes les Bretagnes. 20 ans de la chanson bretonne -. Edition Jean Picollec. 1981
- La Bretagne sous le gouvernement de Vichy -. Edition France-Empire. 1982. de Hervé Le Boterf.
- Histoire du mouvement breton, Syros, 1982. de Michel Nicolas.
- Archives secrètes de Bretagne, 1940-1944, Rennes, Ouest-France, 1985. d'Henri Fréville
- 1532-1790. Les dessous de l'union de la Bretagne à la France. Edition France-Empire. 1986. De Michel de Mauny.
- La Ligue Fédéraliste de Bretagne - Breiz Kevredel (1931-1935) : aux origines du bretonnisme de gauche, maîtrise d'histoire, Christian Guyonvarc'h. Université de Brest, 1989, 179 p.
- Le mythe national. L'Histoire de France en question -. Les Editions Ouvrières. 1989 de Suzanne Citron.
- La Bretagne face à l'Europe et à l'Ile de France -. Editions Skol Vreizh. 1991. Pierre-Yves Le Rhun.
- Dictionnaire de Bretagne -Editions Ouest-France. 1992. de Michel Renouard, Joëlle Méar, Nathalie Merrien
- Histoire de la Bretagne -. Edition France-Empire. 1993 de Yann Brekilien
- La légende de la Mort-. Edition Coop Breizh. 1994. Anatole Le Bras.
- Breizh/Europa. Histoire d'une aspiration -. Edition Ijin. 1994. Annaig Le Gars.
- BZH, des Bretons, des Bretagnes, documentaire retraçant l’histoire du Mouvement breton, d’hier à aujourd’hui, de Olivier Bourbeillon, Marie Hélia et Roger Faligot. 1997.
- Qui a tué Yann-Vari Perrot ? - Edition Coop Breizh. 1997. de Thierry Guidet.
- Les nationalistes bretons sous l'Occupation, Le Relecq-Kerhuon, An Here, 2001. de Christian Hamon.
- L'hermine et la croix gammée. Le mouvement breton et la collaboration, Ed. Mango, 2001. de Georges Cadiou.
- Projet de loi portant statut d'autonomie pour la Bretagne par Yann Fouéré, Thierry Jigourel, Jean Cevaër... [et al.] ; [publ. par le ]. - Saint-Brieuc (21 Pl. Du Guesclin ) : les Cahiers de l'avenir, 2001.
- Actes du Colloque de l'université de Brest (2001) : " Bretagne et identités régionales pendant la Seconde Guerre mondiale ". Christian Bougeard
- Les usages politiques de la seconde guerre mondiale en Bretagne : histoire, mémoire et identité régionale. Marc Bergère.
- Le Monde comme si. Nationalisme et dérive identitaire en Bretagne. Actes Sud. 2003. Françoise Morvan.
- Edité à compte d'auteur : Vers la renaissance de l'Etat Breton. de Hervé Le Bévillon. 2003.
- Archives secrètes de Bretagne 1940-1944 par Henri Fréville, éditions Ouest France, 2004
sur le F.L.B. - A.R.B. :
- Les bretons le dos au mur: le F.L.B. devant la Cour de sûreté de l'État. La Table Ronde, 1973. Brittia, 2000. de Ronan Caerléon. ISBN 2845600062.
- FLB 72 - Procès de la Bretagne. Kelenn, (Kelenn Politique), 1973. compte-rendu du procès devant la CSE de 1972.
- Bretagne, renaissance d'un peuple, de Jean Pierre Le Dantec (éd. Gallimard, 1974)
- La question bretonne de Renaud Dulong, Ed FNSP 1975
- En prison pour la libération de la Bretagne. En prison pour le F.L.B. Nouvelles Editions Latines, (Les Cahiers de l'Avenir de la Bretagne; 3), 1977. de Yann Fouéré.
- Histoire résumée du mouvement breton, du XIXe siècle à nos jours (1800-1976). Quimper: Editions Nature et Bretagne, (Les Cahiers de l'Avenir de la Bretagne; 4), 1977. Yann Fouéré. ISBN 2852570270.
- Réquisitoire contre le F.L.B.: attentat de Versailles, Cour de sûreté de l'Etat, audience du 30 novembre 1978. Texte du réquisitoire prononcé contre Lionel Chenevière et Patrick Montauzier. Cour de Sûreté de l'Etat, Imprimerie Administrative, 1979. de Raoul Béteille.
- La révolte des régions d'Europe Occidentale de 1916 à nos jours, de Christian Gras, ed. PUF 1982
- Analyse des idéologies : le Front de Libération de la Bretagne, Mémoire de maîtrise, 1984, Université Paris X-Nanterre. de Ronan Le Coadic.
- Le séparatisme en Bretagne de Michel Nicolas. Beltan. 1986.
- Bretagne 79: des années de poudre. Ed. Egina, Carhaix, 1989. 143 ouvrage collectif édité écrit sous le pseudo de Marie-Pierre Bonnet.
- Les Fronts de Libération de la Bretagne, 1997, Paris II-Assas. Mémoire de DEA de science politique. Erwan Le Quilliec. [1]
- Breizh Dieub!: une histoire de l'action clandestine en Bretagne, 1966-1985: FLB-ARB. [Caudan, France]: Kazetenn Emgann, Combat Breton, 1998. de Erwan Glanndour. ISBN 295125430X.
Voir aussi
- les articles : breton, controverses sur l'état de la langue bretonne
- Agence Bretagne Presse : [2]
