Mouvements et partis politiques
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2.1 Mouvements et partis politiques de la gauche parlementaire 2.2 Mouvements et partis politiques du centre parlementaire 2.3 Mouvements et partis politiques de la droite parlementaire |
Les grands courants
Les mouvements et partis politiques, dans une société démocratique, ne sont en général reconnus qu'en s’inscrivant au parlement. Il existe cependant des mouvements non-parlementaires.
La distinction gauche/droite fut établie au 19e siècle de façon empirique. On a pris l’habitude de parler de partis de droite et de partis de gauche dans les pays où les assemblées nationales élues siègent en hémicycle, c’est-à-dire dans une salle en demi-cercle analogue à la forme d’un théâtre grec (tels la Pnyx à Athènes ou le théâtre d’Epidaure).
À la gauche du président de l’Assemblée parlementaire, quand il regarde la salle, siègent les partis socialistes, social-réformistes et radicaux, les partis sociaux-démocrates au centre, à sa droite les partis conservateurs et libéraux, et au fond à droite, les partis d’extrême-droite.
Le classement des différents mouvements politiques peut se faire en fonction de deux principaux courants :
Courants politiques parlementaires
Courants politiques de gauche
- Les mouvements d’extrême-gauche, qui sont pour l’application de politiques d’inspiration marxiste.
- Les mouvements et partis dits de gauche ou réformistes, qui aujourd’hui comprennent les socialistes, les verts, certains radicaux (radicaux de gauche en France) et les communistes.
Courants politiques de droite
- Les mouvements et partis centristes avec :
- certains Radicaux
- les mouvements Démocrates chrétiens
- les mouvements Démocrates royalistes
- Les mouvements et partis, dits de droite avec
- Les mouvements conservateurs et/ou libéraux
- les mouvements écologistes de droite'
- les mouvements souverainistes
- Les mouvements et partis d’extrême droite, avec :
- Les mouvements et partis royalistes radicaux
- Les mouvements et partis populistes, nationalistes
- Les mouvements et partis fascistes
- Les mouvements et partis religieux
Courants politiques non parlementaires
Les mouvements libertaires
- Les mouvements anarchistes
- Les mouvements contestataires
- Les mouvements autonomes
Les mouvements autoritaires
- Extrême gauche non parlementaire
- Extrême droite non parlementaire
Courants politiques parlementaires
Les mouvements parlementaires (gauche/droite et extrémes) usent du parlementarisme comme moyen de changement social, soit n’y ont pas encore accès et recherchent à y être.
Mouvements et partis politiques de la gauche parlementaire
L’extrême-gauche
On appelle extrême-gauche les courants révolutionnaires se situant à gauche de la social-démocratie et des partis communistes officiels. Au sein de l’extrême-gauche :
- Les partis trotskistes de la IVe Internationale
- Les organisations maoïstes qui se réclament du marxisme-léninisme.
La Gauche dite réformiste
Le terme de gauche désigne les mouvements qui se qualifient de réformistes, partisans de réformer la société sans aller jusqu’à un processus révolutionnaire d’État.
Ils sont historiquement issus d’anciens mouvements socialistes d’État, et prônent une politique économique à vocation sociale, avec comme point fort la nationalisation des grandes entreprises, une place importante dévolue aux syndicats et au milieu associatif, et l’imposition de mesures sociales, dites « progressistes ». Leur passage au pouvoir et la confrontation entre les idéaux affichés et les réalités politico-économiques engendrent dans ces mouvements conflits et remises en question.
Au sein de la gauche, on peut distinguer :
- Les coordinations et autres mouvements se rassemblant autour d’un problème précis auquel s’agrègent d’autres questions, tels le mouvement altermondialiste, dont fait partie ATTAC, les mouvements de soutien aux sans-papiers, le mouvement « Droit au logement » ... Ces formes nouvelles de contestation politique,assez diverses, sont quelquefois regroupées sous l’expression « mouvement social ».
- Les écologistes de gauche ou Verts :
Un nouveau courant apparaît à la fin des années 1960, autour des mouvements contestant l’implantation de l’énergie nucléaire, celui de l’Écologie puis de l’écologie politique. Ce courant doit être classé dans les partis du mouvement en cela que les réformes qu’ils proposent supposent une profonde remise en cause de la société de consommation. L’émergence de mouvements écologistes puissants et organisés à gauche fut pour certains une surprise. Certains de ces partis ont fait le choix de s’allier de façon durable aux partis sociaux-démocrates (en France et en Allemagne notamment).
- Les Partis Communistes issus de la IIIe Internationale, du stalinisme, et de l’expérience soviétique : Ils se revendiquent à gauche des partis sociaux-démocrates, beaucoup de PC ont dès le début des années 1990 vécu une évolution réformiste jusqu’à changer de nom.
- Le courant Social-Démocrate, représenté en Europe par :
- Le parti socialiste en France
- Le SPD en Allemagne
- Le New Labour en Grande Bretagne
- Le Parti Social-Démocrate en Italie, issu de l’ancien Parti Communiste Italien
- Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE)
- Les Partis Socialistes belges : le PS (francophone) et le SPa (néerlandophone)
Ces sept partis sont membres de L’Internationale Ouvrière (IIe Internationale), mouvement socialiste dont s’est détaché en 1918 l’ Internationale communiste de Lénine. La IIe Internationale et les partis sociaux-démocrates se sont longtemps réclamé de l’héritage de Karl Marx et Friedrich Engels, et sont donc issus de la même histoire que les PC ou que l’extrême-gauche. Voir aussi : Mouvement ouvrier.
Le radicalisme, qui était un parti à l’extrême-gauche lors de sa fondation au XIXe siècle, surtout connu pour sa défense intransigeante de la laïcité et son anticléricalisme, est devenu un parti de centre gauche en France mais demeure un parti fort remuant en Italie, partito radicale, qui s’est fait connaître par des actions de désobéissance civile.
Mouvements et partis politiques du centre parlementaire
Le centre
Le centre désigne les mouvements se situant à mi-chemin entre la gauche et la droite. À la base, leur idée est qu'il est envisageable de soutenir tantôt la gauche tantôt la droite, pour la mise en œuvre de politiques réformistes. En France, on parle généralement de « centre droit », dans la mesure où il participe uniquement à des politiques d'alliance avec la droite.
Souvent les mouvements et partis centristes sont historiquement issus de l’aile droite des anciens et puissants partis radicaux. Électoralement ils sont plutôt soutenus par les professions libérales.
Parmi eux on peut classer certains radicaux (le parti radical-valoisien en France), les démocrates-sociaux et les démocrates chrétiens. Un nouveau mouvement, à l'état groupusculaire, est récemment apparu en France : les démocrates royalistes (Rassemblement Démocrate).
Les Fédéralistes
Ils sont à la fois pour une plus grande autonomie régionale en France, qu'ils considèrent comme excessivement centralisée, et aussi pour une Europe fonctionnant sur un mode fédéral. Le programme fédéraliste étant proche de la réalité courante de divers autres pays. A citer en particulier le Parti fédéraliste
Mouvements et partis politiques de la droite parlementaire
La droite
Les mouvements et partis de droite, ont leur action basée, sur une optique économique libérale (2), sur la défense et le respect des valeurs traditionnelles des peuples et sur le respect et la conservation, dans la mesure du possible, de l'existant, ce qui n'empêche pas la mise en œuvre d'évolutions et de modernisations importantes.
Le courant conservateur est marqué par une plus forte volonté de respecter et de conserver les valeurs traditionnelles des peuples, alors que les libéraux, ont plutôt une forte vision économique et prônent la protection des intérêts privés et la plus grande liberté à donner aux entrepreneurs. Conservateurs ou libéraux, ils sont depuis toujours soutenus électoralement par la bourgeoisie industrielle et commerciale, et par le petit peuple des artisans et paysans.
Les partis conservateurs ou libéraux, siègent traditionnellement à droite du président dans les assemblées nationales. Parmi eux, on trouve : conservateurs en Grande Bretagne, Parti Républicain aux États-Unis et les partis démocrates-chrétiens.
L’extrême-droite
Le terme d’extrême-droite peut désigner usuellement des mouvements qualifiés, au sens communiste de « réactionnaires (1)» c’est-à-dire, présumés partisans d’un retour à un présupposé « ordre ancien ». D’autres, définissent, plus simplement, l’extrême-droite comme l’ensemble des mouvements et des partis siégant à l’extrême-droite de l’hémicycle (à droite et en haut des gradins).
Ainsi, sous le qualificatif courants d’extrême-droite est usuellement rangé un grand nombre de mouvements, de courants et de partis qui ont relativement peu de choses en commun, et qui sont souvent, d’ailleurs, antinomiques, adversaires, voire ennemis.
Ainsi, les différents courants de philosophie politique qui ont été définis comme inhérents à ces mouvements et ces partis, et classés arbitrairement à l’extrême-droite, renvoient soit au nationalisme, au populisme, au royalisme (dans sa majorité), au fascisme, ou même aux religions.
Remarque : il est très curieux, par exemple, de voir ranger les royalistes dans l’extrême-droite et donc partisans de « politiques réactionnaires (1) » et d’un supposé « ordre ancien », alors qu’aujourd’hui en Europe occidentale, plus de la moitié des pays ont choisi la royauté comme régime politique, que cela n’a pas empêché leurs peuples d’appeler librement au pouvoir tous les partis et mouvements qu’ils désiraient, et ceci de façon entièrement démocratique.
L’extrême-droite est composée de courants très divers :
- Les partis populistes, nationalistes: Front National, Mouvement National Républicain, UDC Suisse, FD danois etc.
- Les royalistes :
Le royalisme n’est pas systématiquement de droite dans les monarchies européennes. En France, les monarchistes sont divisés entre orléanistes et légitimistes :- Les orléanistes
- Le légitimistes:
Les légitimistes défendent les droits de l’aîné de la famille de Bourbon (neveu du roi Juan Carlos). Les légitimistes comme Thierry Ardisson et le mouvement centriste Rassemblement Démocrate (RD)défendent une conception libérale à l’image des monarchies parlementaires.
- Le Nationaux-socialistes ou nazis : groupes néo-nazis se réclamant du Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands de Adolf Hitler et prônant la suprématie de la « race aryenne ».
- les Racistes : le Ku Klux Klan prône lui aussi la suprématie de la « race aryenne ». D’autres partis prônent la suprématie de la race noire aux États-Unis ou au Zimbabwe.
Depuis peu, y sont aussi rajoutés :
- Les partis religieux comme les extrémistes chrétiens, les partis religieux sionistes en Israël (Shaas, Kipot srugot, A’Hihud Ha’Leumi), ou les partis islamistes.
- Les nationaux-bolchévistes formés d’anciens pontes des nomenklatura soviéto-socialistes et qui font une reconversion politique dans le nationalisme, tel le Parti Communautaire National-européen (PCN), ou le parti de Slobodan Milošević, etc.
Courants politiques non parlementaires
À la différence des mouvements conservateurs, libéraux ou socialistes, qu’ils soient de droite, de gauche, ou même extrêmistes, ces mouvements n’usent pas du parlementarisme comme moyen de changement social, soit ils ignorent le parlement, soit n’y ont pas encore accès, soit le combattent pour instaurer une organisation sociale et politique autre, libertaire ou autoritaire, selon les mouvements en question.
Les mouvements libertaires
Projet politique d’émancipation de l’individu et d’émancipation sociale par des moyens politiques libertaires, tels le mandatement impératif, l’autonomie des groupes (l’autonomie ouvrière...), le fédéralisme, etc. Ils usent de différents moyens d’autonomisation, dont le projet de rupture révolutionnaire (ou non) avec le systéme capitaliste ou étatique qui déposséde l’individu de sa liberté politique.
Les Anarchistes
- L’Anarchisme, qui se divise en plusieurs tendances dont :
- l’anarchisme individualiste ;
- le communisme libertaire, qui rejette le capitalisme et projette une économie communiste, ainsi que la liberté politique ;
- l’anarcho-syndicalisme, encore fort vivant en Espagne dans la CNT et la FAI, dont le but est l’instauration du communisme libertaire, par l’utilisation du syndicalisme.
Note : les partisans de la démocratie directe peuvent être affiliés aux mouvements anarchistes
Les mouvements contestataires
- le pacifisme
- l’antispécisme
- l’antitechnologisme
- le primitivisme
- le communautarisme
- le communalisme
- l’écologisme
- le mouvement de libération gaie
Les mouvements autonomes
- Les groupes autonomes
- L’ ultra-gauche : communistes de conseil ( situationnistes notamment).
Les mouvements autoritaires
Extrême gauche non parlementaire
Partis ou organisations ne désirant pas participer au parlementarisme, mais désirant l’instauration de la dictature du prolétariat.
- Les partis bordiguistes (se réclamant d’Amadeo Bordiga).
- Les organisations maoïstes spontanéistes qui se réclament du marxisme-léninisme.
Extrême droite non parlementaire
Partis ou organisations ne désirant pas participer au parlementarisme, mais désirant l’instauration d’une dictature monarchique.
- Les orléanistes (France) :
A un courant apparenté à l’extrême-droite, le maurassisme de l’Action Française, et défendant l’idée d’une monarchie absolue.
Voir aussi
- politique, droite et gauche, Environnement, Histoire, Parti politique, Idées politiques, lutte armée, Globalisme
Livres
- Bruno Latour L’écologie politique sans la nature? Chimères, 2000, n° 41 pp.147-161 - (transcription d’une conférence à la Villette, dans le cadre du Jardin planétaire).
Notes
- (1) réactionnaire comme progressiste sont des termes spécifiques du discours communiste et socialiste.
- (2) le terme libéral est utilisé au sens européen et moderne, c’est-à-dire partisan de l'"économie de marché", de la plus grande liberté laissée aux entrepreneurs, et de moins d’interventionisme de la part des États.
