Morphine

La morphine est l'opiacé étalon, la référence à laquelle sont encore aujourd'hui comparés tout les autres opiacés en terme d'efficacité. C'est le principal alcaloïde issu du pavot, comme une autre molécule très ressemblante, la codéïne qui ne diffère de la morphine que par un groupement méthyle supplémentaire.

Sa formule chimique est:

C17H19O3N
Sommaire

Histoire

L'isolement de la morphine date seulement du début du XIXe siècle. La morphine a été découverte simultanément en 1804 par Séguin et Courtois, ainsi que par Derosne, et c’est à F. W. Sertürner, pharmacien de Hanovre, que revient le mérite (dans ses travaux publiés en 1805-1806 et 1817) d’avoir vu que la substance cristallisée isolée était un « alcali végétal » (alcaloïde). C'est le premier alcaloïde connu. Sertürner le nomme aussitôt morphium car ses effets rappellent le dieu des songes de la Grèce antique, Morphée.

Il faudra cependant attendre 1925 pour que sa structure moléculaire complexe soit établie par le chimiste britannique R. Robinson (1886-1975).

La morphine (Codex 1818) et ses sels (Codex 1866) est le sédatif par excellence des syndromes douloureux, aigus ou chronique. Elle va rencontrer l’invention de la seringue hypodermique à aiguille creuse mise au point en 1850 par le médecin lyonnais Charles Pravaz. L’injection intraveineuse d’un principe actif d’une plante est réalisée pour la première fois dans l’histoire des sciences. La morphine fut ainsi réellement le premier médicament puissant qui inaugura l’ère moderne de la pharmacologie et de la médecine. À partir de cette date, une utilisation massive de la morphine contre la douleur est rendue possible tant en champ hospitalier que sur les champs de bataille.

Outre son usage comme antidouleur, elle était utilisée aux États-Unis d'Amérique pour soigner toute une gamme d'affections mentales (alcoolisme, dépression, psychose maniaco-dépressive, hystérie, etc.) avant les mesures prises par l'Opium Act en 1906 et sur lequel se sont moulées toutes les lois anti-drogues américaines jusqu'à nos jours. Comme tout opiacé, la morphine provoque une dépendance physique intense. Les personnes dépendentes peuvent être traitées avec des substituts.

Cette molécule possède sans doute encore un grand potentiel thérapeutique, débordant de ses usages classiques, qui reste à découvrir.

Législation

Belgique

La morphine et ses sels sont des stupéfiants.

France

La détention et l'usage de morphine sont réglementés en France.


Analgésiques edit

{Paracétamol} {tétrahydrocannabinol} {cannabinoïdes} {kétamine}

AINS edit

Salicylés : {Aspirine} - {Salicylate de méthyle} - {Diflunisal} ; Acides arylalkanoïques : {Indométacine} - {Sulindac} - {Diclofénac} ; Acides 2-arylpropioniques (profènes) : {Ibuprofène} - {Kétoprofène} - {Naproxène} - {Kétorolac} ; Acides N-arylanthraniliques (acides phénamiques) : {Acide méfénamique} ; Oxicams : {Piroxicam} - {Méloxicam} ; Coxibs : {Célécoxib} - {Rofécoxib} (retiré du marché) - {Valdécoxib} - {Parécoxib} - {Étoricoxib} ; Sulfonanilides : {Nimésulide}

Opiacés edit

{Alfentanil} {Buprénorphine} {Carfentanil} {Codéine} {Codéinone} {Dextropropoxyphène} {Dihydrocodéine} {Endorphine} {Fentanyl} {Héroine} {Hydrocodone} {Hydromorphone} {Méthadone} {Morphine} {Morphinone} {Oxycodone} {Oxymorphone} {Péthidine} {Rémifentanil} {Sufentanil} {Tramadol}


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See also: Morphine, 1804, 1805