Montage
Le montage est, en audiovisuel, l'action de coller bout à bout plusieurs plans pour former des séquences qui formeront à leur tour un film.
Dans le cinéma argentique (tourné avec des bandes photos) on découpe la bande et on colle physiquement les différents plans grâce à une colleuse afin de former un « master », résultat final du film.
Dans le cinéma numérique (tourné en mini-DV ou bien Betacam) on utilise des logiciels de montage numérique (les plus utilisés sont « Première » de Adobe (c), « Studio » de Pinnacle (c) et « Final Cut Pro » de Apple(c)) afin de « coller » virtuellement les plans entre eux et de l'exporter à nouveau sur une bande magnétique, pour créer un « master » (version finale d'un projet). Le montage numérique se fait en 2 parties : l'acquisition puis le montage à proprement parler.
Le montage est la troisième écriture d'un film (la première écriture en est le scénario, la seconde le tournage).
« Le montage est l'art d'exprimer ou de signifier par le rapport de deux plans juxtaposés de telle sorte que cette juxtaposition fasse naître l'idée ou exprimer quelque chose qui n'est contenu dans aucun des deux plans pris séparément. L'ensemble est supérieur à la somme des parties. » Serguei Mikhaïlovitch Eisenstein
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Historique
Les premiers films font très peu, voire pas du tout, appel au montage. En effet, la plupart des œuvres des frères Lumière ou de Georges Méliès sont des plans-séquence. Les éventuels raccords sont rares et souvent maladroits. Il s'agit souvent juste d'une concaténation de tableaux. Afin de ne pas perdre le spectateur, les plans successifs se chevauchent sur le plan temporel. Les premiers signes de montage sont des raccords dans le mouvement (afin de suivre un objet qui sort du cadre) puis apparaissent les raccords linéaires de direction et le montage alterné qui atteint sa maturité avec D. W. Griffith dans Birth of a Nation (Naissance d'une nation, 1916). Le champ-contrechamp fait également son apparition, bien qu'il ne soit pas encore tout à fait maitrisé (la règle du raccord des yeux ne viendra que plus tard).
Ce sont les cinéastes russes qui apportent la plus grande contribution à la théorie du montage, notamment à travers Lev Koulechov. Dès 1920, celui-ci démontre la puissance évocatrice du montage à travers une expérience célèbre au cours de laquelle il utilise un vieil extrait de film mettant en scène l'acteur Ivan Mousjoukine (très populaire et au jeu considéré comme très expressif). Il fait alterner un gros plan sur le visage de celui-ci avec l'image d'un banquet, celle du cadavre d'une femme dans un cerceuil et celle d'un enfant. Le public auquel sont projetées ces images interprète à chaque fois l'expression de l'acteur différemment et y voit respectivement la faim, la peur ou la tendresse bien que le visage de Mosjoukine soit impassible. Cette expérience a un retentissement très important et aboutit à une nouvelle approche du cinéma où le rôle de l'acteur est démystifié au profit du montage.
Sergei Eisenstein met en œuvre cette théorie et fait dépasser au cinéma le cadre du théâtre filmé.
L'arrivée du cinéma parlant modifie la donne car elle supprime les intertitres. Si ceux-ci brisaient souvent la continuité du discours cinématographique, ils avaient parfois un rôle ponctuatif. C'est probablement pour se substituer à ce rôle qu'apparaissent des gros plan intermédiaire sur des objets qui sont autant d'incicateurs (temporels, ex : horloge ; ou spaciaux, ex : enseigne). Le son permet en outre de nouvelles transitions visuelles, les images étant liées par des bruitages ou des dialogues qui se font écho et établissent une continuité. Les effets (fondu, volet), qui avaient fait leur apparition dès le début du siècle, sont fréquemment utilisés pour fluidifier ces transitions.
La maitrise progressive du langage cinématographique permet aux réalisateurs des années 1950 d'accélérer le rythme des films. Ils éliminent les temps morts et parviennent à emporter l'adhésion du spectateur au récit malgré d'importantes entorses à la vraissemblance. Le montage permet de briser la continuité temporelle pour mettre en évidence le signifié : rapport de cause à conséquence, hasard tragique, etc. Progressivement, le hors-champ gagne en importance et l'ellipse devient une figure de style courante.
Préparation
Lors du tournage, les plans sont tournés dans le désordre, en fontion de la disponibilité des acteurs, des lieux de tournage, etc.. Chaque plan est en général tourné en plusieurs prises (des versions différentes du même plan).
La première étape du montage consiste à dérusher, c'est-à-dire à sélectionner dans le matériel tourné (les rushes), ce qu'on va garder pour le montage. En pratique, le dérushage consiste à regarder tout ce qui a été tourné et à sélectionner une (ou deux) des meilleures prises de chaque plan.
Les rushes sont ensuite dédoublés, c'est-à-dire qu'on extrait les prises sélectionnées lors du dérushage pour faire un premier bout-à-bout. Comme son nom l'indique, le bout-à-bout est la succession des plans tournés, collés (physiquement ou virtuellement) dans l'ordre du scénario.
À partir du bout-à-bout, le travail de montage proprement dit commence..
Montage image
Tout d'abord, il s'agit de construire le film. Cette étape est particulièrement évidente en documentaire, puisqu'il n'y a généralement pas de scénario préétabli, mais c'est également vrai en fiction. C'est l'étape la plus longue du montage qui aboutit à ce qu'on appelle le premier montage.
Le premier montage est la première version du film que le monteur et le réalisateur considèrent comme aboutie. À ce stade, ils organisent généralement une projection de travail pour en tester la compéhension auprès d'un public restreint.
Ils retravaillent ensuite la structure, puis les raccords, jusqu'à ce que l'équipe technique, le producteur et éventuellement le distributeur s'accordent à dire que le film est là. Pendant cette étape, relativement courte, il peut y avoir un certain nombre de projections de travail.
Montage son
Une fois le montage image terminé, le montage son commence. Le montage son est une étape totalement distincte du montage image, qui est souvent fait par une équipe différente.
Il s'agit de mettre les directs(le son enregistré par le perchman pendant le tournage) sur plusieurs bandes pour pouvoir les mixer, et d'enrichir le climat affectif du film en rajoutant sur un certain nombre de pistes, des ambiances, des sons seuls ou des musiques.
À la fin du montage son, le montage proprement dit est terminé. Selon les moyens de la production, les monteurs participent ou non au mixage. Selon le type de support(argentique, virtuel)ils supervisent ensuite la conformation du négatif par le laboratoire.
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