Minitel
Le Minitel est une technologie de communication utilisée en France, essentiellement à la fin du XXe siècle. Le réseau grand public de Minitel pourrait être vu comme un des réseau précurseur - mutatis mutandis - du World Wide Web (les premiers réseaux mondiaux de l'Internet datent de la fin des années soixante, mais ne concernaient pas le grand public). Comme dans le Web, en effet, un serveur Minitel pouvait transférer un appel sur un autre service.
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Contexte historique
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On a quelque temps dit du Minitel la même chose que du Concorde ou d'Ariane, à savoir : « Avant même sa sortie, ce projet sera techniquement dépassé ». Comme dans les deux cas précédents, il n'en fut rien.
Le concurrent outre-Atlantique du Minitel se nommait en effet le système NAPLPS. Conçu comme vecteur de vente à domicile, il mettait l'accent sur un affichage en couleurs de qualité photographique.
Les lignes - surtout outre-Atlantique - étant ce qu'elles étaient à l'époque, la déception fut sévère :
- l'affichage de certaines pages pouvait prendre une durée de six minutes
- le mixage de texte et de graphiques, qui ne posait pas de problème avec les caractères semigraphiques de basse qualité du Minitel, n'était pas possible sans faire monter le coût de réalisation du terminal à des valeurs prohibitives en RAM et en ROM.
Seuls restèrent en lice le Minitel, le Prestel, le Ceefax, le Bildschirmtext - tous en Europe, tous fondés sur la norme Vidéotex. La réalisation du Minitel ayant été confiée à trois industriels différents (Matra, Radiotechnique (Philips) et Alcatel), le prix des séries put être négocié au plus bas en tenant compte d'une courbe d'apprentissage des sous-traitants.
Facturation
La Minitel était sans abonnement, mais facturé au temps de communication. La facture s'en effectuait par comptabilisation sur la facture téléphonique. Le serveur pouvait être branché chez soi (n° d'appel direct) ou bien sur un des kiosques (3613, 3614, 3615, etc.). Dans ce dernier cas, si le service correspondait à un réel besoin, on pouvait espérer rentrer rapidement dans son investissement, et même au-delà. (Principe de fonctionnement de l'économie capitaliste).
En effet, lancé en France en 1982 par les PTT (aujourd'hui La Poste et France Télécom), propriété de l'État, il permet d'accéder à des services en ligne dont les plus populaires sont
- 3611 : anciennement, le 11, l'annuaire téléphonique (gratuit les trois premières minutes),
- la vente par correspondance (de billets de train par exemple)
- et bien sûr les sites de rencontres et messageries roses.
L'État français, propriétaire des PTT a fortement encouragé le développement du Minitel. Les PTT ont ainsi distribué gratuitement les terminaux (des terminaux plus évolués ont ensuite été vendus ou loués). Cette décision était motivée par les économies de fabrication, de distribution et de recyclage de millions d'annuaires papier chaque année (en effet, les foyers équipés de Minitel ne recevaient plus que les pages jaunes, au lieu des pages blanches et des pages jaunes). En 1985 on a dépassé le million de Minitels en service en France, ainsi que le million d'heures de communications de services par mois. En 2000, le Minitel était utilisé par près de 25 millions de personnes (sur 60 millions d'habitants) avec un parc de près de 9 millions de terminaux. Il dépassait le nombre d'utilisateurs du réseau Compuserve, qui offrait outre-Atlantique des services semblables, et plus encore de Prodigy qui lui ressemblait davantage parce qu'utilisant le code Vidéotex.
Le réseau de minitels comportait au départ trois types de facturation :
- 3613 : communication payée par le service
- 3614 : communication payée par l'usager (20Francs français/heure environ) (3 €/heure environ), pas de rémunération du service.
- 3615 : rémunération du service : (60 FF/heure environ) (10 €/heure environ) payés par l'usager, dont 2/3 pour le service et 1/3 pour France Telecom.
Ces numéros courts à 4 chiffres ont remplacé les numéros initiaux, au gré de l'évolution du plan de numérotation de l'opérateur historique :
- 11 jusqu'au 18 octobre 1996 à 23h, puis 3611.
- (16) (3) 613 91 55, puis 36 13 91 55 après le 25 octobre 1985 à 23 h, puis 3613 depuis le 18 octobre 1996 à 23 h(***)
- (16) (3) 614 91 66, puis 36 14 91 66 après le 25 octobre 1985 à 23 h, puis 3614 depuis le 18 octobre 1996 à 23 h(***)
- (16) (3) 615 91 77, puis 36 15 91 77 après le 25 octobre 1985 à 23 h, puis 3615 depuis le 18 octobre 1996 à 23 h(***)
'(***:un doute plane sur cette date, il faudrait retrouver une doc...)'
Le Minitel reste toujours très utilisé (2002), y compris pour les transactions commerciales, à tel point que certains moteurs de recherche comme Yahoo! ou AltaVista ont ouvert un service Minitel. Mais les services à facturation de type 3615 ou supérieur sont vivement concurrencés par le Web.
Le web a les avantages suivants : bien plus ergonomique, plus rapide, et surtout le web est censé être gratuit.
Le Minitel a les avantages suivants : WYSIWYG, pas d'abonnement, pas de matériel à acheter, fiabilité constante, sécurisé.
Minitel est un nom déposé, et donc s'écrit toujours avec une majuscule.
Les serveurs (n° de tél.) auxquels on se connectait avec un Minitel étaient appelé des services Télétel.
Technique
Le Minitel est un terminal passif, c'est-à-dire qu'il s'agit uniquement d'un clavier et d'un écran, sans processeur ni dispositif de stockage. Les services sont accessibles depuis une ligne de téléphone grâce au modem incorporé (1200 bit/s en réception, 75 bit/s en émmission).
L'écran du Minitel est une matrice texte d'une taille de 40 colonnes en mode Videotex (8 nuances de gris) et se base sur un système d'encodage qui lui est propre. Cela lui permet d'afficher des images en mode texte, à la manière de l'Art ASCII.
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Contrairement à IP, le protocole de communication du Minitel (telnet) étant celui du téléphone, il fonctionne donc en mode connecté. Cela signifie qu'une ligne est établie directement entre le client (utilisateur) et le serveur (fournisseur de service). Cela rend l'opération plus coûteuse mais aussi bien plus sécurisée.
Caracteristiques du Minitel 1B
- Modem V.23 (1200 bit/s en réception - 75 bit/s en émission), E71 intégré.
- Affichage Videotex en 40 colonnes et 8 couleurs (alpha-mosaïque) et mode téléinformatique 80 colonnes. Fontes de caractères transférables (DRCS).
- « Hot keys » le transformant à la demande en terminal ASCII 24 lignes de 80 colonnes, type VT100.
- Transmission par voie série entre un micro et le Minitel jusqu'à 2400 bits/s (9600 bit/s sur Minitel 2).
Les Minitels
- Minitel 1 standard : Fonctionne en standard ASCII qui permet le dialogue avec des banques de données internationales. L'affichage est en 8 nuances de gris (noir et blanc y compris).
- Minitel 1 couleur : Les 8 nuances de gris sont converties en couleurs :
Noir, Rouge, Vert, Jaune, Bleu, Magenta, Cyan, Blanc (selon l'ordre des codes employés) Noir, Bleu, Rouge, Magenta, Vert, Cyan, Jaune, Blanc (selon l'intensité de gris)
- Minitel 1 dialogue : Permet au détenteur de ce terminal d'échanger par Minitel des textes en direct avec un correspondant utilisant un minitel de n'importe quel modèle.
- Minitel 1B (B pour bistandard) : Son clavier est équipé de nouvelles touches, dont Fnct et Ctrl. Il permet un affichage en 132 colonnes. Certaines fonctions d'affichage font leur apparition comme « inserer ligne », « supprimer ligne ».
- Minitel 2 : Permet à l'utilisateur de protéger, par un mot de passe, l'accès à son terminal. Le minitel 2 dispose en outre d'une fonction répertoire. (possibilité de pré-enregistrer jusqu'à 10 numéros.) Il permet aussi un affichage graphique plus évolué en permettant de redéfinir les caractères. Cette fonction est peu utilisée car elle est lente et que le parc de minitel-2 n'a jamais été assez étendu.
- Minitel 10 : Cumule les fonctions du Minitel et d'un téléphone sophistiqué. Il existe aussi une version bistandard.
- Minitel 12 : Répondeur télématique capable de prendre une communication, d'afficher une page d'accueil et d'enregistrer le message écrit laissé par le correspondant.
- Minitel 5 : Minitel portatif à cristaux liquides qui a les mêmes fonctions que le minitel 10 bistandard, combiné téléphonique en moins.
i-minitel
Citations autour du Minitel
« On nous dit que le monde entier nous envie le Minitel. Je ne sais pas s'il nous l'envie, messieurs, mais je peux en tout cas vous dire une chose avec certitude, c'est qu'il ne nous l'achète pas » Bruno Lussato, professeur à l'ENSAM (Arts et Métiers), 1988.
Passage à Internet des utilisateurs
Les utilisateurs habitués au Minitel peuvent avoir des difficultés à passer à Internet.
- Avantages d'Internet
- Images
- Système ouvert
- Ergonomique (polices typographiques, personnalisation du navigateur)
- non surfacturé (paiement simple)
- Beaucoup plus d'informations disponibles
- Inconvénients d'Internet
- Plus grand débit d'information, ce qui implique soit ligne à haut débit, soit lenteur
- Facturation non transparente, lorsque facturation il y a
- Pas de structure normalisée, ni d'annuaire officiel (bien qu'avec les pages jaunes ou 411 en ligne et les moteurs de recherche (Google par exemple) on n'en ait guère besoin)
- Nécessite d'attendre que l'ordinateur soit démarré, si on utilise un ordinateur (le problème ne se pose pas sur le Webphones, opérationnels dès que sous tension, exactement comme un Minitel).
- Manque éventuel de sécurité : le Minitel passe par un réseau sécurisé qui est TRANSPAC, alors qu'Internet n'a pas de chemin prédéfini peut passer par certains sites éventuellement malveillants.
