Michel Rocard
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Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie, est un homme politique français. Depuis 1994, il est député au Parlement européen, membre du groupe parlementaire du Parti socialiste européen.
Michel Rocard est le fils d'Yves Rocard, professeur et chercheur. Il est licencié ès lettres, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'École nationale d'administration. (Promotion 18 juin)
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Entrée au PSU
Michel Rocard est, entre 1953 et 1955, responsable des étudiants socialistes. Alors que se déclare la Guerre d'Algérie, il rejoint les communistes opposés à Staline et les socialistes en rupture avec Guy Mollet pour former un courant chrétien de gauche. Le Parti socialiste unifié est créé en 1960 (Pierre Mendès-France y adhère en 1961), et le syndicat Confédération française démocratique du travail est fondé en 1964.
Premières responsabilités
Michel Rocard est nommé Inspecteur des Finances en 1958 puis secrétaire général de la Commission des comptes et des budgets économiques de la nation en 1965. Remarqué lors du congrès de Grenoble en 1966, il devient secrétaire général du PSU en 1967. Partageant les positions du centre-gauche, Michel Rocard se fait connaître par ses écrits sous le pseudonyme de Georges Servet, et tente de trouver une solution politique à Mai 68 : il obtient les faveurs de l'UNEF, le principal syndicat étudiant de l'époque.
Il essuie alors son premier revers lors de l'élection présidentielle de 1969, où il recueille 3,61 % des suffrages exprimés. Il se présente aux législatives dans les Yvelines en 1969. Il siège à l'assemblée sans discontinuer jusqu'en à 1988. Il soutient la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1974, ce qui lui vaut d'être exclu du PSU, et d'être admis en décembre 1974 au Parti socialiste. Il devient membre du bureau exécutif en février 1975.
Le rocardisme
La fin des années 1970 marque l'avènement du rocardisme, un courant populaire au sein du Parti socialiste en dépit du parcours sans erreurs de son rival François Mitterrand. Michel Rocard devient ainsi une figure incontournable du paysage intellectuel français. Le rocardisme, viscéralement anti-communiste, est l'effort d'une génération de socialistes envisageant l'après-Mitterrand, et revendiquant l'héritage de Pierre Mendès France.
Entrée au gouvernement
Maire de Conflans-Sainte-Honorine de 1977 à 1993, il devient ministre d'État, chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire, dans le gouvernement Mauroy du 25 mai 1981, puis ministre de l'Agriculture le 22 mars 1983. Il conserve cette fonction dans le gouvernement de Laurent Fabius. Opposé à l'instauration du mode de scrutin proportionnel pour les élections législatives, il démissionne de son poste le 4 avril 1985.
Il est nommé Premier ministre, le 12 mai 1988, au début du second septennat de François Mitterrand. Les résultats des élections législatives entraînent la formation d'un second gouvernement Rocard le 26 juin 1988. Ce même jour, Michel Rocard fait signer les Accords de Matignon entérinant les droits de la Nouvelle-Calédonie à l'autodétermination et mettant fin aux violences sur l'île. Il instaure également le Revenu minimum d'insertion le 12 octobre 1988, qui constitue l'un des rares projets de loi votés à la Chambre sans une seule voix d'opposition. Michel Rocard mettra également fin à la guerre scolaire.
Anecdote : dernièrement, à un journaliste de I>Télé qui lui demandait « regrettez vous de n'avoir jamais été président de la République », Michel Rocard répondit « Je pense avoir été un premier ministre acceptable, je ne sais pas si j'aurais fait un bon président ». On reconnaît bien là la modestie, en partie due à l'éducation protestante, de Michel Rocard.
Son implication dans l'Europe
La mauvaise conjoncture économique de l'époque, et surtout sa mésentente avec François Mitterrand (on a même parlé d'une cohabitation) le contraignent à démissionner de sa fonction de Premier ministre en 1991. En fait, il semblerait que François Mitterrand ait nommé Michel Rocard premier ministre pour éprouver sa popularité. Malheureusement, Michel Rocard réussit à conserver sa cote de popularité presque intacte alors que le président de la République voyait la sienne chuter. Ceci entraîna son éviction mais le remède devient pire que le mal : de nombreux sympathisants de Michel Rocard ne pardonnèrent jamais cette perfidie à François Mitterrand... et le lui firent payer très cher en votant blanc ou en s'abstenant lors de législatives de 1993.
Il devient Premier secrétaire du Parti socialiste en 1993, dont il remanie profondément les institutions dirigeantes, puis est élu député européen en 1994, avant de démissionner de ces deux postes pour devenir sénateur en 1995.
Il démissionne de ce mandat en 1997, dans la perspective d'un éventuel retour au Parlement européen, où il siège depuis 1999, et où il s'illustre par l'intérêt qu'il porte aux pays en voie de développement et, plus récemment, par son opposition aux brevets logiciels dans l'Union européenne de 2003 à 2005 (discours).
En 2005, il conduit la délégation d'observateurs européens pour assurer le bon déroulement de l'élection présidentielle en Palestine.
Bibliographie
- Parler vrai, textes politiques (1966-1979)
- Un pays comme le nôtre, textes politiques (1986-1989)
- Le cœur à l'ouvrage (1990)
- La Nation, l'Europe, le monde (avec Aline Archimbaud et Félix Damiette) (1995)
- Éthique et démocratie (1996)
- L'art de la paix/l'Édit de Nantes (avec Janine Garrison) (1997)
- Les moyens d'en sortir (1998)
- Mutualité et droit communautaire (1999)
- Pour une autre Afrique (2001)
Distinctions honorifiques
- Grand-croix de l'ordre national du Mérite.
- Commandeur du Mérite agricole.
- Commandeur de l'ordre de l'Honneur de Grèce.
Citation
- En 2004, à un journaliste qui lui demandait « Regrettez- vous de n'avoir jamais été président de la république ? », Michel Rocard répondit : « Je pense avoir été un premier ministre acceptable, je ne sais pas si j'aurais fait un bon président. »
Liens externes
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