Mérovingiens

Les Mérovingiens constituèrent la première dynastie qui régna sur la majorité du territoire français, du Ve siècle jusqu'au VIIIe siècle, immédiatement après l'occupation romaine de la Gaule. Ils sont issus des Francs Saliens qui étaient établis au Ve siècle dans les régions de Cambrai (Clodion) et de Tournai, en Belgique (Childéric).

Le nom mérovingien provient du roi Mérovée, ancêtre légendaire de Clovis.

Sommaire

Histoire et personnalités

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Le baptême de Clovis, d'après Saint Gilles

C'est Clovis, premier roi mérovingien, qui par ses campagnes militaires, étendit le royaume des Francs (latin regnum francorum) à l'ensemble de la Gaule, avec l'appui de l'aristocratie gallo-romaine et de l'Église catholique, suite à sa conversion et à son baptême (vers 496).

À la suite de son règne, on fit du nom Mérovingien une ère historique : le peuple sous-jacent à cette appellation était le peuple des Francs, qui a donna le nom « France ».

Ce peuple autrefois qualifié de « barbare » par les Romains était un peuple germanique : aussi, le royaume fut partagé à la mort de Clovis, en 511. Divisé une première fois entre les quatre fils de Clovis – la région de Metz revint à Thierry, Orléans à Clodomir, Paris à Childebert et Soissons à Clotaire – le royaume fut réunifié sous le règne de Clotaire Ier, puis divisé à nouveau entre les fils de ce dernier...

Cette coutume du partage du royaume (voir royauté germanique) constitua une règle de dévolution du pouvoir : celui-ci était partagé à la mort du roi entre les enfants de sexe mâle de ce dernier et le royaume était considéré comme un patrimoine familial. S'en suivirent, bien entendu, une multitude de morcellements, mais également de nombreuses luttes fratricides, menées dans l'espoir de limiter l'éclatement du territoire conquis à l'origine par Clovis.

C'est ainsi que l'on vit, par exemple peu après la mort de Clodomir, l'assassinat des fils de ce dernier par leurs oncles, Childebert et Clotaire. Aussi, la pratique de la vengeance germanique (faide), ensanglanta bientôt la famille royale mérovingienne.

Une querelle familiale opposa pendant près de cinquante ans les deux frères Chilpéric Ier et Sigebert Ier, et leurs femmes respectives, Frédégonde et Brunehaut. Selon les chroniqueurs (favorables à Brunehaut) Frédégonde se montra d'ailleurs particulièrement cruelle, faisant assassiner :

Après ces cinquante années de troubles vint une période de paix (relative) avec Clotaire II, le fils de Chilpéric Ier, qui réussit à réunifier le royaume des Francs, non sans avoir éliminé les gêneurs et les prétendants au trône. Il rassembla ainsi :

Parmi ses deux fils, Charibert et Dagobert, le premier décéda prématurément et le second fit assassiner son neveu pour assurer l'unité du territoire. Le court règne de Dagobert Ier marqua alors une période d'apogée et de relative paix dans le royaume mérovingien.

Conceptions et organisation du pouvoir mérovingien

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Nécropole mérovingienne de Civaux (France)

Les rois francs étaient en principe élus par la noblesse. Aussi, Le roi mérovingien devait être nommé par les aristocrates neustriens et austrasiens. Mais le principe héréditaire prévalut et les « Grands » durent choisir le souverain parmi les descendants mâles de la famille mérovingienne, ainsi érigée en dynastie. Les rois mérovingiens détenaient le mund, puissance charismatique et surnaturelle transmise par le sang et légitimée par les victoires du chef. On pensait alors que l'ascendant magique du roi franc résidait dans sa chevelure. C'est pour cette raison que le dernier des rois mérovingiens, Childéric III, fut tondu avant d'être enfermé par le nouveau roi, comme nombre de ses prédecesseurs qui avaient été écartés du trône.

La fin de son règne – les derniers Mérovingiens, ou « rois fainéants », avaient depuis longtemps perdu tout pouvoir, excepté dans les apparences – marqua l'émergence d'une nouvelle dynastie franque issue de l'aristocratie austrasienne : les Carolingiens, dont le premier roi couronné et sacré fut Pépin le Bref.

Surtout, la puissance de la dynastie mérovingienne s'appuyait sur un réseau de fidélités. Les rois distribuaient terres, revenus et charges « publiques » à partir de leur trésor personnel pour s'assurer le soutien de l'aristocratie. La « cassette du souverain » s'était ainsi substituée aux « biens publics » de l'époque romaine, évolution qui jeta les bases de la vassalité.

L'administration du palais royal était confiée à des officiers domestiques, fidèles et compagnons du roi :

Le pouvoir local était conféré aux comtes et aux évêques, qui furent progressivement nommés par le roi. Le comte (comes ou « compagnon » du roi) dirigeait une circonscription (pays ou pagus) et constituait un véritable relais du pouvoir.

Ses fonctions étaient diverses : il convoquait les hommes libres à l'armée, recevait leur serment de fidélité et levait ainsi les armées (l'ost). La charge de comte était promise à un bel avenir : elle survécut durant tout le Moyen Âge et ses titulaires affirmèrent leur indépendance chaque fois que le pouvoir central défaillait. Ainsi, dès l'époque mérovingienne, certains comtes formèrent de véritables dynasties et devinrent incontrôlables, surtout dans les régions périphériques du royaume. Une partie de l'aristocratie du royaume constitua alors une noblesse héréditaire.

Lent déclin des Mérovingiens

À partir de 639 (à la fin du règne de Dagobert Ier) commença l'époque des rois fainéants : souvent très jeunes – les querelles familiales pour le pouvoir ne leur laissaient qu'une espérance de vie très faible – les souverains mérovingiens devinrent le jouet de l'aristocratie.

D'autre part, dans un contexte général de crise économique en Occident, les richesses acquises par leurs prédécesseurs s'étaient considérablement amenuisées, suite à l'arrêt des campagnes militaires pour étendre le royaume, aux détournements de l'impôt et aux dépenses engagées pour venir à bout des révoltes et pour acheter la fidélité des vassaux.

L'autorité des Mérovingiens s'affaiblit donc pendant cette période de pauvreté et de déclin de la monarchie, tandis que s'imposaient peu à peu les maires du palais.

À l'origine simple intendant, le maire du palais devint avec le temps le réel administrateur du royaume en raison de son rôle central dans les relations avec l'aristocratie franque. Étant issu de celle-ci, en effet, le maire du palais défendait naturellement les intérêts des nobles, ce qui valut aux détenteurs de la charge un prestige croissant.

Progressivement, le maire du palais eut notamment à sa charge de déclencher les guerres, de négocier les accords avec les pays voisins, de nommer les évêques, les ducs et les comtes

Les membres de la famille des Pippinides, maires du palais austrasien de père en fils, profitèrent de cette situation et, pendant plus d'un siècle, ne firent qu'accroître leur influence à la cour, jusqu'à ce que Pépin le Bref évince, en 751, le dernier roi mérovingien, Childéric III, et le fasse tondre, puis enfermer dans un couvent, pour monter sur le trône.

Pépin fut sacré roi en 754, à Saint-Denis, avec la protection du pape Zacharie. Son couronnement marqua, par la suite, l'avènement de la dynastie des Carolingiens.

La dynastie des Mérovingiens

Voir aussi

See also: Mérovingiens, 428, 447, 457, 466, 482, 486