Marianne

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La Marianne de l'administration française

Marianne est la figure allégorique de la République française.

Sous l'apparence d'une femme coiffée d'un bonnet phrygien, Marianne incarne la République française et représente la permanence des valeurs de la république et des citoyens français : «Liberté, Égalité, Fraternité». Marianne est la représentation symbolique de la mère patrie fougueuse, guerrière, pacifique, nourricière et protectrice.

Sommaire

L'origine du prénom

Marianne semble provenir de la contraction de Marie et Anne, deux prénoms très répandus au XVIIIe siècle parmi la population féminine du royaume français.

Pour les aristocrates contre-révolutionnaires, ce prénom était considéré comme péjoratif, puisqu'il représentait le peuple. Les révolutionnaires l'ont adopté pour symboliser le changement de régime, mais surtout il mettait en avant la symbolique de la « mère patrie », de la mère nourricière qui protège les enfants de la République. Les républicains du Midi contribuèrent aussi à associer ce prénom à leur idéal politique (une chanson en occitan, « La garisou de Marianno » est très populaire à l'automne 1792).

Ce prénom serait donc né d'un consensus entre les partisans et les adversaires de la république, puis rapidement accepté par tout le peuple français.

Son histoire au travers des siècles

L'Antiquité

Symbole de liberté, le bonnet phrygien était porté par les esclaves affranchis de l'empire romain, devenant ainsi citoyens de l'empire. Ce bonnet se retrouve aussi chez les esclaves grecs.

Un bonnet de ce type coiffait aussi les marins et les galériens de la Méditerranée et aurait été repris par les révolutionnaires venus du Midi.

La démocratie était déjà représentée sous des traits féminins, un gouvernail et un sac de blé à moitié renversé à ses pieds. Cela représentait le fait qu'elle soit peu soucieuse de puissance, se préoccupant surtout des aspirations du peuple.

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La Liberté, tableau de Delacroix

La Révolution française

À partir de 1789, des personnages féminins sont représentés par l'intermédiaire de tableaux ou de sculptures, portant les valeurs de la Révolution française au premier rang desquelles est placé la liberté. Ils sont parfois accompagnés de pique ornée du bonnet phrygien. Les femmes de la liberté peuvent être drapées d'une longue robe tunique, elles sont solennelles ou conquérantes.

En 1792, la République choisit de s'incarner par décret sous les traits de Marianne, la mère-patrie : « le sceau de l'état serait changé et porterait pour type la France sous les traits d'une femme vêtue à l'Antique, debout, tenant de la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien, ou bonnet de la liberté, la gauche appuyée sur un faisceau d'armes, à ses pieds un gouvernail ». Elle retrouve des attributs anciens, notamment le lion et le trône, mais elle tient dans ses mains, outre l'épée ou le faisceau d'armes, le drapeau tricolore français. À ses pieds, on trouve la loi et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen présentée au monde.

À la même époque, ses ennemis caricaturent la République en lui donnant le nom populaire de Marie-Anne car si la République veut s'occuper du peuple, disent-ils, elle doit en porter le nom.

L'Empire et la restauration

Après 1799, la fin de la République et l'établissement du Ier Empire affaiblissent la représentation de Marianne, même si le thème de la Liberté reste vivace, et nombre d'artistes la perpétue.

Son nom réapparaît un temps avec la Seconde République mais prend souvent un sens péjoratif. Les partisans de la République sociale reprennent le prénom. Dans le même temps, un concours est organisé en 1848 pour définir la représentation de la nouvelle République où réapparaîtraient les valeurs révolutionnaires.

En proclamant le régime de l'Empire en 1852, Napoléon III fait remplacer sur les pièces de monnaie et sur les timbres-poste la figure de Marianne par sa propre effigie. Parallèlement, des groupes d'opposition républicains se constituent, et prennent Marianne comme figure de ralliement.

La Commune et la Troisième République

Dès le retour de la République, la Commune parisienne développe le culte de la combattante révolutionnaire au buste dénudé qui porte le bonnet phrygien rouge des sans-culotte. Mais à Paris celle-ci n'est jamais appelée Marianne et le nom n'est utilisé que dans les provinces. Dans chaque ville, des statues, des cloches portent ce prénom et rappellent les grandes heures révolutionnaires : 1789, 1830, et 1848.

En 1871, après la Commune, les fondateurs de la Troisième République veulent restaurer la symbolique républicaine sans pour autant encourager des mouvements révolutionnaires. Ils préfèrent donc au bonnet phrygien la couronne d'épis de blés, inspirée de la couronne de soleil qui ornait les pièces de 1848.

Mais le modèle est diversement suivi et dans toute la France s'oppose statue à épis et statue à bonnet phrygien. Quant au nom qu'il faut lui donner, tout dépend de la classe sociale : le républicain du peuple la nomme «Marianne», le républicain bourgeois parle de « la République » et l'anti-républicain, s'il ne l'injurie pas par un «la gueuse», emploie « Marie-Anne » de façon péjorative.

Peu à peu les bustes se multiplient dans les mairies, les écoles. La mairie de Paris commande un modèle portant le bonnet phrygien en 1880. Le modèle se fige : un buste de femme au visage calme et jeune portant parfois la couronne d'épis, plus souvent le bonnet phrygien.

La Cinquième République

Bien que la Constitution de 1958 ait privilégié le drapeau tricolore comme emblème national, Marianne continue à incarner la République française.

L'assimilation de la République française à « La Marianne » est maintenant acquise. Marianne a survécu aux cinq républiques et aux bouleversements de l'histoire en renforçant son pouvoir symbolique à mesure que s'affirmait l'idée de la nation française.

Les symboles de Marianne

Les symboles de Marianne sont souvent empruntés à l'Antiquité gréco-romaine ou à la Franc-Maçonnerie :

Les symboles de Marianne
ReprésentationSymbole
Le bonnet phrygien La liberté
La couronne Le pouvoir
Le sein nu La nourrice et l'émancipation
La cuirasse L'invincibilité
Le lion Le courage et la force du peuple
L'étoile La lumière
Le triangle L'égalité
Les chaînes brisées La liberté
Les mains croisées La fraternité
Les faisceaux L'autorité de l'Etat
La balance La justice
La ruche Le travail
Les tables de la loi La loi

Les représentations de Marianne

Les premières représentations d'une femme à bonnet phrygien, allégorie de la Liberté et de la République, apparaissent sous la Révolution française. Elles diffèrent selon les époques et les préoccupations du peuple français, et ne portent pas systématiquement la totalité des symboles.

Aujourd'hui, elle figure également sur des objets de très large diffusion comme les pièces de monnaie ou les timbres-poste.

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Des bustes de Marianne

Les bustes de la République

La Marianne peut être sculptée en pied ou en buste. Elle commence à apparaître dans les mairies après 1877, en remplaçant les bustes de Napoléon III.

Sous la Troisième République, les statues et surtout les bustes de Marianne se multiplient, en particulier dans les mairies. Plusieurs types de représentation se développent, selon que l'on privilégie le caractère révolutionnaire ou le caractère « sage » de la Marianne : le bonnet phrygien est parfois jugé trop séditieux et remplacé par un diadème ou une couronne (statue à épis). Cette dernière représente une République modérée, la première une République révolutionnaire, le républicain du peuple la nomme Marianne.

Au vingtième siècle, toutes les mairies se dotent progressivement d'un buste de Marianne qui porte désormais systématiquement le bonnet phrygien et apparaît débarrassée de ses autres attributs (faisceau d'armes, niveau ou balance). Marianne est représentée de manière très épurée. Les dernières représentations, les plus en vogue dans les mairies aujourd'hui, sont celles reprenant les traits de femmes célèbres (voir le paragraphe suivant sur les modèles de Marianne).

Les représentations de très large diffusion

Depuis la libération de la France occupée en 1944, il y a eu le plus souvent une série de valeurs « Marianne » ou d'allégories féminines rappelant Marianne sur les timbres d'usage courant. Pour plus de détails, lire l'article Marianne (timbre-poste).

Marianne est représentée sur différentes pièces de monnaie : les centimes de franc (pièces jaunes), puis les centimes d'euros, ainsi que les pièces en franc pacifique.

Dans le courant des années 1990, le gouvernement français adopta un logo pour la République. Il représente le profil d'une Marianne dessinée sur un fond bleu et rouge rappelant le drapeau de la France (voir l'image ci-dessus : La Marianne de l'administration française).

Les représentations non officielles

En marge des représentations officielles, des représentations libres se multiplient ; les caricaturistes s'emparent de Marianne comme image symbolisant la nation.

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Des Mariannes à l'Assemblée Nationale

Les modèles de Marianne

Les modèles ayant servi aux représentations de Marianne sont nombreux et variés.

Les artistes ayant réalisé les bustes des Marianne ont utilisé pour modèle :

Des femmes célèbres ont prêté leurs traits à Marianne pour sculpter les bustes de la République :

Depuis la libération de la France en 1944, ces femmes étaient uniquement des actrices célèbres, mais en 2000, le choix médiatisé de la nouvelle Marianne par l'«Association des maires de France» (AMF) s'est posé sur Laetitia Casta, une mannequin particulièrement appréciée des français, et en 2003, ce fut le tour d'Evelyne Thomas, une animatrice de télévision animant une émission populaire à forte audience. Ces choix sont d'ailleurs sujets à controverses, d'autant plus qu'ils proviendraient en réalité d'une entité privée n'ayant pas de rapport avec l'AMF, nommée «Comité de la Marianne d’or» (voir le lien externe sur la Lettre d'un Maire, ci-dessous).

Annexes

Lien connexe

Liens externes

See also: Marianne, 1789, 1792, 1799, 1830, 1848, 1852, 1871