Manufacture des Gobelins
La manufacture des Gobelins est une manufacture de tapis à Paris, située dans le XIIIe arrondissement. Elle fut créée au début du XVIIe siècle sous l'impulsion d'Henri IV.
Son nom officiel est « Manufacture nationale des Gobelins et de la Savonnerie », du fait du rattachement aux Gobelins en 1825 de l'ancienne Manufacture de la Savonnerie, crée par Marie de Médicis.
Gilles Gobelin natif de Reims, était au XIVe siècle, un teinturier de laine réputé pour ses rouges à l'écarlate. Il construisit un moulin sur la Bièvre, dans le faubourg Saint Marcel, que l'on baptisa « Moulin des Gobelins ». En 1655, un hollandais Jean Glucq importa en France un procédé de teinture écarlate appelé « à la hollandaise ». Il s'établit à coté du Moulin des Gobelins, dans un local appartenant à la famille Gobelin.
Colbert qui appréciait la qualité du travail des teinturiers des Gobelins, réussit à convaincre Louis XIV de donner à cette industrie tout le lustre et tout le développement artistique possible. Le Roi acheta l'hôtel des Gobelins et permit l'installation des meilleurs teinturiers, peintres, graveurs, orfèvres, ébénistes, fondeurs...
En 1667 un édit royal proclama la création de la Manufacture royale des meubles de la couronne. Le premier peintre du Roi, Charles Le Brun, fut nommé directeur, et impulsa les premiers travaux de haute lice. Ses différents successeurs dont Pierre Mignard et Robert de Cotte continuèrent et développèrent l'œuvre de Le Brun.
En 1735, Jean Glucq épousa Marie Charlotte Julienne, sœur d'un teinturier réputé, François Julienne, qui possédait un secret pour la teinture à l'écarlate et pour le bleu de roi. Jean Julienne, neveu de Marie Charlotte, créa par permission du Roi les Manufactures royales des draps fins et teintures de toutes couleurs, façon d'Angleterre et de Hollande. Jean Julienne fut annobli par lettre patente de 1736 et devint Chevalier de Saint Michel pour la qualité de son travail et de ses entreprises. Sous sa direction furent réunies la Manufacture royale des draps fins et teintures et la maison royale des Gobelins. Il développa et porta à son paroxysme la tapisserie de haute lice et finit par ne plus se consacrer qu'à l'art de la tapisserie.
Jean Julienne fut nommé conseiller honoraire par l'Académie de peinture et de sculpture en 1740.
Pendant la Révolution et le règne de Napoléon, la Manufacture fut fermée et ne put rouvrir que sous la Restauration. En 1825 la Manufacture de la Savonnerie, dédiée à l'exécution des tapis de pied et des tapisseries de tentures, fut rattachée à la Manufacture des Gobelins.
Rattachée depuis 1937 au Mobilier national, la Manufacture nationale des Gobelins tisse toujours des tapisseries dont les cartons sont l'œuvre d'artistes contemporains : Lurçat, Gremaire et Picasso, parmi les plus connus. En 1940 la Manufacture de Beauvais spécialisée en œuvres de basse lice fut rattachée à la Manufacture nationale des Gobelins.
Voir aussi
Note : les gobelins sont également des créatures fantastiques, voir l'article gobelin.
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