Magnétisme dans la matière
Description macroscopique
Un solénoïde (enroulement cylindrique) parcouru par un courant d'intensité
crée un champ magnétique noté
. Si, à l'intérieur de ce solénoïde on place un matériau, on constate une modification du module du vecteur champ magnétique que l'on notera maintenant
.
Remarque : Dans certains ouvrages anciens ou certains livres techniques
est appelé vecteur induction magnétique
Excitation magnétique
Image manquante
Magnétisme_1.jpg
On pose :
, avec
: perméabilité du vide
okpkp
Perméabilité et susceptibilité magnétiques
La présence du matériau modifie le champ magnétique. On pose :
avec
: perméabilité magnétique du matériau
On définit par
le vecteur aimantation acquise par la matière
avec
: susceptibilité magnétique du matériau
- d'où :
On pose aussi :
avec
: perméabilité relative du matériau.
Classification des effets magnétiques
- Diamagnétisme : matériaux pour lesquels
est négatif mais toujours extrèmement faible : de l'ordre de 10- 5
- Paramagnétisme : matériaux pour lesquels
est positif mais toujours très faible : de l'ordre de 10- 3
- Ferromagnétisme et ferrimagnétisme : matériaux pour lesquels
est positif et très grand : il peut atteindre 10 5 ! En électrotechnique seuls ces matériaux sont importants car ils sont les seuls à produire des augmentations du champ magnétique qui sont significatives (voir ci-dessous).
Origine microscopique du magnétisme
Mouvement des électrons
Le mouvement des électrons dans le nuage électronique est responsable de l'existence d'un magnétisme dit orbital, alors que la rotation sur eux-mêmes est responsable du magnétisme de spin. Il n'est pas possible d'ignorer l'aspect quantique
de ces phénomènes : en 1919, dans sa thèse de Doctorat, J. H. van Leeuwen prouva qu'il était impossible d'expliquer le magnétisme uniquement à l'aide de l'électrodynamique de Maxwell et de la mécanique statistique classique.
Origine du diamagnétisme
L'effet d'un champ magnétique est de donner à l'ensemble du mouvement électronique une vitesse angulaire de rotation autour de la direction du champ magnétique appliqué : phénomène classique d'induction. Ce moment magnétique induit est proportionnel au champ appliqué et s'oppose à ce dernier. C'est l'origine du diamagnétisme qui est donc un phénomène tout à fait général mais qui peut être masqué par les autres phénomènes dont l'effet est plus important.
Remarque : On emploi le terme de diamagnétisme parfait pour désigner le comportement des supraconducteurs qui créent en leur sein des courants induits qui s'opposent à toute variation de champ magnétique. Cette propriété est utilisée pour produire la lévitation magnétique des supraconducteurs.
Origine du paramagnétisme
Lorsque les atomes possèdent leur propre moment magnétique permanent, le diamagnétisme (toujours présent) est masqué par le paramagnétisme.
Sous l'effet d'un champ magnétique exterieur, Ces atomes, petits aimants permanents, s'orientent selon le champ appliqué et l'amplifient. Ce phénomène est limité par l'agitation thermique et dépend fortement de la température : (loi de Curie :
)
Ce phénomène est lié à l'existence du spin de l'électron.
- Pour les atomes : Un atome dont les couches électroniques sont totalement remplies ne possèdent pas de moment magnétique. Lorsque les couches sont incomplètes, il y a toujours un déséquilibre qui produit un moment magnétique de spin.
- Pour les solides cela peut être très différent : les électrons externes participent aux liaisons chimiques. Dans les liaisons covalentes les électrons appariés sont de spin opposé. Les ions des cristaux ioniques ont des couches complètes. On peut donc avoir une disparition du magnétisme propre. L'existence du paramagnétisme subsiste pour les solides composés d'atomes ayant des couches électroniques internes incomplètes : métaux de transitions et Lanthanides (terres rares) par exemple.
Ferromagnétisme
C'est la propriété qu'ont certains corps de s'aimanter très fortement sous l'effet d'un champ magnétique extérieur, et pour certains : les aimants (matériaux magnétiques durs) de garder une aimantation importante même après le disparition du champ extérieur.
Corps ferromagnétiques
Pour l'usage industriel, seul le Fer, le Cobalt et le Nickel sont ferromagnétiques. Certaines terres rares (Lanthanides dans la classifiation périodique) sont également ferromagnétiques à basse température.
En ce qui concerne les alliages, la situation est très complexe : Certains alliages de Fer et de Nickel ne le sont pas alors que l'alliage d'Heussler, constitué uniquement de métaux non ferromagnétiques (61 % Cu, 24 %Mn, 15 % Al), est ferromagnétique.
Enfin, il faut ajouter les ferrites dont la composition est de la forme (MO ; Fe2O3) ou M est un métal divalent et dont le représentant le plus ancien est la magnétite Fe3O4 (FeO ; Fe2O3) du nom de la ville de Magnésie, en Asie Mineure.
Courbe de première aimantation
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1ere_aimantation.jpg
Cycles d'hystéresis
Lorsque l'on a magnétisé un échantillon de matériau jusqu'à la saturation et que l'on fait décroître l'excitation H, on constate que B décroît également mais en suivant une courbe différente qui se situe au dessus de la courbe de première aimantation. Ceci est le fait d'un retard à la désaimantation. On dit qu'il y a hystéresis
- Lorsque H est ramené à 0, il subsiste un champ magnétique Br appelé champ rémanent (du latin remanere, rester).
Pour annuler ce champ rémanent, il est nécessaire d'inverser le courant dans solénoïde, c’est-à-dire d'imposer à H une valeur négative. Le champ magnétique s'annule alors pour une valeur de l'excitation Hc appelée excitation coercitive.
Matériaux magnétiques doux
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Cycle_matériaux_doux.jpg
Légende
Ce sont en général des matériaux doux mécaniquement.
Ces matériaux ont des cycles très étroits : l'excitation coercitive ne dépassse pas 100 A.m- 1. Ils possèdent une grande perméabilité
Quelques exemples :
- SuperMalloy (Fer, Nickel, Molybdène, ...) : Hc = 0,16 A.m- 1 ; Br = 1,2 T (l'un des plus doux).
- Fer + 3 % de Silicium, grains orientés : Hc = 8 A.m- 1 ; Br = 1,0 T
Les matériaux magnétiques doux sont utilisés pour réalisés des électroaimants (leur aimantation doit pouvoir facilement être annulée) ou des circuits magnétiques fonctionant en régime alternatif (machines électriques, transformateurs), car ce phénomène d'hystérésis est responsable de pertes d'énergie.
Matériaux magnétiques durs
Contrairement aux précédents, les cycles sont extrêmement larges : plusieurs centaines de kA.m- 1. Il est impossible de les dessiner dans un même repère que les précédents.
Image manquante
Cycle_matériaux_durs.jpg
Certains de ces matériaux à base de terres rares (alliages samarium-Cobalt ou Néodyme-Fer-Bore), ne se désaimantent pas, même lorsqu'on annule le champ magnétique interne (l'excitation vaut alors HcB). Pour annuler (en fait inverser) l'aimantation, il est nécessaire de fournir une excitation magnétique que l'on appelle HcM : excitation de désaimantation irréversible.
L'application de ces matériaux est la réalisation d'aimants permanents de très forte puisssance.
Origine microscopique du ferromagnétisme
La théorie des intégrales (ou interactions) d'échange proposée par Heisenberg en 1928 constitue le fondement théorique des explications de ce phénomène.
Lorsqu'un solide est constitué d'atomes paramagnétiques (chaque atome peut être assimilé à un petit aimant), il se produit un couplage entre ces derniers.
Ferromagnétisme
Lorsque les atomes sont éloignés les uns des autres dans la structure cristalline, le couplage favorise un alignement de ces aimants élémentaires. C'est le cas du Fer α (structure cubique centrée), du nickel, du cobalt et, plus faiblement, de certains métaux de la famille des terres rares comme le Gadolinium. Quelques alliages dont les mailles sont grandes peuvent avoir cette propriété.
Antiferromagnétisme
Lorsque les atomes sont plus proches les uns des autres, comme c'est le cas pour le Chrome ou le manganèse, la configuration la plus stable correspond à des aimants en antiparallèle. Il n'y a alors plus d'aimantation apparente à grande distance car chaque aimant élémentaire est compensé par son voisin.
Ferrimagnétisme
Il s'observe dans des matériaux comportant deux types d'atomes différents, produisant chacun des aimants élémentaires de force différente et orientés en tête-bêche.
Domaines de Weiss
Lorsqu'un matériau est ferro ou ferrimagnétique, il est divisé en domaines, appelés domaines de Weiss, à l'intérieur duquel l'orientation magnétique est identique. Ce domaine se comporte alors comme un aimant. Ces domaines sont séparés par des parois dites parois de Bloch.
- Ces domaines n'existent pas lorsque les dimensions du matériau sont très faibles (quelques nm). Ces matériaux sont dits nanocristallins.
- Le déplacement de ces parois est responsable des phénomènes d'hystérésis.
Autres usages
Informatique
Dans le domaine des interfaces graphiques, le magnétisme est la faculté d'un élément graphique à se « coller » à un autre lorsque la distance les séparant (généralement calculée en pixels) est suffisamment réduite. Ceci aide à harmoniser l'apparence, par exemple en permettant beaucoup plus facilement des alignements d'objets.
Pair-à-pair
(À faire, à partir de trafficmagnet)
Voir aussi
See also: Magnétisme, Aimant, Ampère, Champ magnétique, Champ électrique, Champ électromagnétique, Charge électrique, Circuit électrique, Condensateur