Luttes du logement
En France, les luttes du logement se sont d'abord développées dans l'après-guerre en raison de la pénurie consécutive aux destructions. Une partie importante de la population est alors contrainte de vivre dans des bidonvilles. En 1954, l'Abbé Pierre lance le mouvement Emmaüs. Cette association caritative s'institutionnalisera par la suite pour devenir un des plus gros gestionnaires du parc immobilier.
Dans les années 1970, les luttes du logement se radicalisent dans la foulée des mouvements révolutionnaires : les squats se multiplient alors dans toute l'Europe de l'Ouest. De nombreux squats ouvertement politiques sont liés aux mouvements libertaires et autonomes et affichent clairement leur volonté de créer des foyers de subversion en rupture avec le capitalisme. À partir de 1987, certains États commencent à expulser de manière systématique tous les squats politiques (directive de Trevi).
En France, plusieurs associations se sont créées pour défendre le droit au logement : la Confédération Nationale du Logement (CNL, proche du PCF), le Comité des Mal-Logés (1984), le DAL (Droit Au Logement, 1990), la Coordination Des Sans-Abris (1994-1995)... Certaines de ces associations (Emmaüs, CNL, DAL) sont hostiles aux squats et préfèrent négocier des relogements avec les autorités. À l'opposé, le Comité des Mal-Logés et la Coordination des Sans-Abris (de tendance anarchiste) se sont distingués en occupant plusieurs immeubles parisiens. En 1994, la Coordination des Sans-Abris occupe ainsi un immeuble de l'avenue de Breteuil, dans le 7e arrondissement de Paris. Expulsés durant l'été, les squatters s'installent alors au 9 rue Saint-Sauveur (2e arrondissement). La Coordination des Sans-Abris disparaîtra au début de l'année 1996. Les habitants de la rue Saint-Sauveur seront expulsés quelques mois plus tard.
