Luftwaffe
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La Luftwaffe (littéralement, arme de l'air) est le nom donné à l'Armée de l'Air allemande. Plus précisément, c'était le nom officiel de l'armée de l'air allemande pendant l'ère du IIIème Reich entre 1935 et 1945, ainsi que le nom de celle de la République fédérale d'Allemagne (RFA) pendant la période de la soi-disant «Guerre froide» entre 1955 et 1990 et le nom courant pour l'armée de l'air de la RFA réunie depuis 1990. Le nom Luftstreitkräfte (littéralement, pouvoirs de combat aérien) s'apparaît également dans l'histoire des forces aériennes allemandes, puisque c'était le nom officiel en vigueur entre 1910 et 1918 ainsi que celui en vigueur pendant la «Guerre froide» pour l'armée de l'air de la soi-disant République démocratique allemande (RDA) entre 1955 et 1990.
| Sommaire |
La Première Guerre mondiale
Le précurseur de la Luftwaffe, le service aérien de l'armée allemande impériale, est créé en 1910, quatre ans avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale (1914-1918) avec l'apparition de l'aviation militaire, bien que l'on ait l'envie d'utiliser les avions principalement pour la reconnaissance aérienne des lignes ennemies dans la même manière où l'on a utilisé les ballons pendant la Guerre franco-prussienne en 1870-1871 et même pendant les guerres napoléoniennes. Ce n'est pas néanmoins la première armée de l'air du monde, étant donné que l'Aéronautique Militaire de la France est fondée en 1910 aussi. La fondation de celle de la Grande-Bretagne, la Royal Flying Corps, aura lieu deux ans plus tard en 1912.
Durant la guerre, l'armée de l'air allemande utilise une grande variété d'avions, y compris les avions de chasse (fabriqués par des usines telles que celles de l'Albatros-Flugzeugwerke et de Fokker), les avions de reconnaissance (Aviatik et DFW) et les avions de bombardement (Gothaer Waggonfabrik [2], mieux connus sous le nom plus simple de Gotha, et Zeppelin-Staaken). Mais ce sont les chasseurs qui passionnent le plus les enthousiastes d'aviation militaire, étant donné que ce sont eux qui produisent des «as» tels que Manfred von Richthofen, surnommé le «Diable rouge» par les Français et le «Red Baron» par les Anglais. D'autres «as» incluent Ernst Udet, Hermann Göring (le futur commandant en chef de la Luftwaffe), Oswald Boelcke (dit le premier tacticien aérien du soi-disant «dogfighting», Werner Voss et Max Immelmann. Ce dernier est le premier pilote allemand à gagner le Pour le Mérite, à cette époque-là la décoration militaire la plus importante en Allemagne, après avoir abattu huit avions ennemis. C'est pour cette raison que l'on surnomme la médaille le «Max bleu» depuis. Ainsi que la marine allemande, l'armée allemande utilise les Zeppelin (les exemplaires d'un dirigeable) pour entreprendre des missions de bombardement sur ces cibles militaires et civiles qui se trouvent en France, en Belgique et en Grande-Bretagne.
Tous les avions au sein de l'armée allemande jusqu'en 1918 - ainsi que ceux au sein de l'armée d'Autriche-Hongrie - portent l'insigne de la Croix en fer. Mais, dès 1918, les avions commencent à porter la Croix balkanique (Balkankreuz), un insigne que deviendra très familiaire pendant l'ère du IIIème Reich. Après la chute de l'Allemagne en novembre 1918 à la suite de l'Armistice, l'armée de l'air allemande effectue sa dissolution, comme prévu par le traité de Versailles, dont les termes exigent que tous les avions militaires allemands soient détruits complètement.
L'entre-deux-guerres
Interdite par le Traité de Versailles de maintenir une armée de l'air, l'Allemagne connaît le besoin de faire entraîner ses pilotes pour une future guerre en secret. Au début, l'on utilise les écoles d'aviation civile pour l'entraînement des pilotes pour maintenir la façade qu'ils piloteront des avions civils pour les lignes aériennes civiles telles que la Lufthansa. Mais il n'est possible d'utiliser que les avions légers sur le territoire allemand. Pour que les pilotes puissent gagner l'expérience dans les nouveaux avions de combat, l'Allemagne sollicite l'aide de son futur ennemi, l'URSS. Un aérodrome secret s'établit à Lipetsk en 1924, et il opère pendant neuf ans jusqu'à sa fermeture en 1933. L'école utilise les avions d'entraînement néerlandais et russes ainsi qu'allemands.
Le 26 février 1935, Adolf Hitler ordonne à Hermann Göring de rétablir la Luftwaffe, bien que le traité soit toujours en vigueur. Mais ni la France ni la Grande-Bretagne ni la Société des Nations ne font rien pour empêcher l'Allemagne d'entreprendre cette action ou d'autres violations du traité. Bien que la nouvelle Luftwaffe soit une organisation totalement indépendante de l'armée, elle continue néanmoins avec la tradition de donner les grades d'armée au personnel, une tradition maintenue même aujourd'hui par la Bundesluftwaffe (c'est-à-dire, l'armée de l'air de la RFA) et par beaucoup d'autres armées de l'air autour du monde. Et pourtant, il est à observer que le service aérien paramilitaire en vigueur avant la promulgation de la Luftwaffe portait le nom de la Deutscher Luftverband (DLV), dont le chef était Ernst Udet. Ses membres portaient l'uniforme avec l'insigne qui continue à apparaître sur l'uniforme de la Luftwaffe, bien que les noms des « grades » soient plus « civils » que militaires.
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La Luftwaffe bénéficie de l'occasion de tester l'efficacité de ses tactiques de combat et de ses engins pendant la Guerre civile espagnole de 1936-1939 quand la Légion Condor s'en va en Espagne pour y donner l'appui aérien à la révolte conduite par Francisco Franco contre le gouvernement républicain. Les machines, dont les noms deviendront fameux autour du monde, incluent notamment la Junkers Ju 87 « Stuka », dont la principale évolution est l'emploi du bombardement en piqué, offrant alors une bien plus grande précision que le bombardement en altitude, et le Messerschmitt BF109, l'avion de chasse le plus fameux en Allemagne. Mais en tant qu'armée de l'air attachée aux forces nationalistes de Franco, l'insigne de la Luftwaffe se remplace sur le fuselage des avions pour donner au monde l'apparence fausse que l'Allemagne elle-même ne soutient pas activement la révolte. À sa place, la Croix balkanique sur le fuselage est remplacée par un disque noir et le swastika (c'est-à-dire la croix gammée) sur la dérive est remplacée par une sorte d'«X» en noir sur un fond blanc. Celle-ci apparaît depuis sur les avions militaires espagnols, bien que le disque noir soit remplacé par une rondelle (comme celle de l'Armée de l'Air française) mais en rouge-jaune-rouge. Les avions de la Légion sont affectés aux unités portant le numéro 88 ; par exemple, celles de bombardement sont assignées à la Kampfgruppe (groupe de bombardement) 88 (K/88) alors que celles de chasse sont assignées à la Jagdgruppe (groupe de chasse) 88 (J/88).
Un avant-goût grotesque du bombardement systématique des cités durant la Seconde Guerre mondiale se manifeste le 26 avril 1937 lorsqu'une force de bombardement combinée des avions allemands et italiens détruit le plus gros de la ville basque de Guernica en Espagne nord-est, une cible civile sans intérêt stratégique et dont la destruction frappe les esprits. Le monde entier ou presque condamne ce bombardement brutal, et la mémoire collective de cet évènement se maintient depuis grâce à la peinture nommée comme la ville, exécutée par l'artiste Pablo Picasso, qui se spécialise dans l'art cubiste. À cette époque-ci, l'opinion publique a peur que toutes les futures guerres se conduisent comme ceci, étant donné que le général italien Giulio Douhet [3] (qui est mort en 1930) formule des théories à l'égard du rôle de l'avion militaire en ce qui concerne ce que l'on nommera le « bombardement stratégique ». Voilà l'idée de Douhet : qu'une nation peut détruire une autre en portant un coup pulvérisant les cibles industrielles par les bombardements aériens. L'effet sera si foudroyant que le moral de la population civile se plongera, et le gouvernement n'aura pas d'autre choix que de solliciter la paix. C'est bien un mauvais présage de ce qui se passera - et non pas seulement pendant la guerre qui ne se déclenchera que quelques mois après la fin de la guerre civile en Espagne.
La Seconde Guerre mondiale
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Pendant l'été 1939, la veille du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la Luftwaffe devient l'armée de l'air la plus puissante du monde. Résultat : elle joue un rôle significatif pendant les premières campagnes de la guerre et contribue beaucoup au succès final des forces armées allemandes pendant la période du 1er septembre 1939 jusqu'à la mi-juin 1940, donc prouvant aux armées opposantes l'efficacité des tactiques sous le concept de Blitzkrieg formulé par la Wehrmacht pendant la période de l'entre-deux-guerres.
Avec d'autres pays, tels que l'Italie, le Japon, la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie, l'Allemagne nazie fait partie de l'Axe. En dix mois, elle devient le conquérant de la Pologne, de la Norvège, du Danemark, du Luxembourg, de la Belgique et de la France grâce surtout à la Luftwaffe. Mais le commandant en chef de la Luftwaffe, le Reichsmarschall Hermann Göring commence à surestimer la capacité de ses escadrilles à apporter une victoire assez vite pour l'Allemagne nazie. Donc, il se vante d'une victoire dans un mois sur les Britanniques avant le déclenchement de l'invasion prévue du Royaume-Uni, de nom de code opération «Seelöwe» («Otarie»). Mais la Manche sépare la France occupée du Royaume-Uni et la Mer du nord sépare la Norvège occupée (où se trouvait la Luftflotte (flotte aérienne) V sous le commandement du Generaloberst (colonel-général) Hugo Sperrle) de ce pays libre aussi. Cela contribue dans une grande mesure au maintien de la liberté du Royaume-Uni ainsi que la résistance féroce inattendue de la part des pilotes de la RAF «Fighter Command», qui se compose non seulement de pilotes britanniques, mais aussi de pilotes de beaucoup d'autres nationalités, y compris les Français.
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Ultérieurement, la faillite complète de la Luftwaffe de gagner la maîtrise du ciel pendant la Bataille d'Angleterre (soi-disant à la suite d'une émission radio faite par le Premier ministre britannique, Winston Churchill, annonçant la fin de la campagne en France) est la suite d'un changement de tactique. Au lieu d'attaquer les aérodromes militaires, la Luftwaffe commence à larguer les bombes sur les cibles industrielles et sur les cités telles que Londres après un « raid » aérien sur Berlin le 25 août 1940 de la part des avions de bombardement au sein de la RAF « Bomber Command ». C'est un point clé à l'égard de la conduite de la guerre. La puissance aérienne allemande commence petit à petit à diminuer à la suite de l'entrée en guerre des États-Unis en décembre 1941. L'Allemagne nazie ressent désormais des grands faiblesses dans l'approvisionnement en matériaux, surtout l'aluminium, sans lequel il devient de plus en plus difficile de faire construire des avions et d'autres armes pour les forces armées allemandes. Pire pour la Luftwaffe, la direction de Göring est vraiment défectueuse, bien que celui-ci réussisse toujours à rejeter la faute pour une suite de défaites sur d'autres comme Udet (qui se suicide en novembre 1941).
Contrairement à « l'U.S. Army Air Force » (USAAF), à cette époque-ci sous la direction du général Henry H. Arnold [4], surnommé «Hap», les Allemands ne développent aucune force de bombardement stratégique. Et pourtant, avant la guerre, la Lufthansa employait des quadrimoteurs à longue portée (les Focke-Wulf Fw 200) pour des vols transatlantiques aux États-Unis. Si les Allemands en avaient construit beaucoup au lieu de se concentrer tant de ressources sur la construction des bimoteurs, il est vraisemblable que de tels quadrimoteurs auraient pu infliger beaucoup plus de dégâts matériels sur les cibles au Royaume-Uni. Heureusement pour les Alliés, ils ne le feront pas, mais la Luftwaffe utilise quand même le Fw 200 pendant les missions sur l'Atlantique du Nord pour y détruire les navires de commerce qui portent les vivres vitaux aux îles britanniques assiégées. En revanche, les avions de bombardement lourds de l'USAF, accompagnés par des avions de chasse comme le P-51 «Mustang» équipés des réservoirs d'essence à larguer une fois que commence le combat aérien avec des chasseurs ennemis, ont une assez longue portée pour pouvoir voler au-delà des frontières du territoire du Reich pendant les opérations conduites en pleine journée, pendant que leurs collègues de la RAF continuent à attaquer des cibles ennemies par nuit.
Néanmoins, la Luftwaffe reste forte et continue à abattre des centaines d'avions de bombardement alliés, y compris, ce qui est étonnant, quatre-vingt-quinze avions britanniques pendant une nuit unique (du 30 au 31 octobre 1944) quand la RAF attaque la ville de Nuremberg, fameuse en tant que lieu des ralliement du parti nazi pendant la période avant guerre (et que scène du procès des criminels de guerre, y compris Göring, après la victoire des Alliés ).
On sent la supériorité aérienne allemande surtout sur le front de l'Est, car la Luftwaffe jouit d'un niveau de technologie supérieur en comparaison de celui des Soviétiques, ainsi que de la présence de beaucoup d'«Experten», c'est-à-dire, des pilotes hautement expérimentés comme Erich Hartmann, qui sortira de la guerre avec un palmarès incroyable - 352 avions ennemis abattus, dont 345 soviétiques, un total qui est tout d'abord l'objet de dispute avant d'être ultérieurement admis. En revanche, le palmarès le plus grand d'un pilote hors de la Luftwaffe ne se compose que de soixante-deux avions ennemis (y compris un exemplaire d'un Messerschmitt Me 262), revendiqué par un pilote soviétique, le colonel Ivan Kozhedub (qui finalement est promu au grade de colonel-général pendant les années 1960). Néanmoins, l'immensité du territoire russe permet aux Soviétiques de construire les usines à grande distance du front pour y faire construire des centaines d'avions et d'autres armes pour que les forces armées soviétiques puissent arrêter et repousser l'armée allemande en lui infligeant deux grandes défaites à Koursk et à Stalingrad (Volgograd), et en empêchant la prise de Léningrad (Saint-Petersbourg).
La Luftwaffe est active sur beaucoup de fronts, y compris en Afrique du Nord en donnant son appui aérien à « l'Afrika-Korps », qui est sous la direction du général Erwin Rommel, et également durant les offensives contre la Yougoslavie et la Grèce avant le déclenchement de l'invasion de l'Union des républiques socialistes soviétiques le 22 juin 1941. Beaucoup d'unités de la Luftwaffe se trouvent en Italie aussi, même après l'armistice italien avec les Alliés en septembre 1943, et elles restent dans le pays jusqu'à la fin de la guerre en Europe en mai 1945. Il existe aussi une présence en Roumanie de quelques escadrilles de chasseurs de la Luftwaffe, étant donné qu'elles ont la responsabilité de protéger les gisements à Ploësti, qui fournissent à la machine de guerre nazie du carburant vital pour pouvoir continuer avec son offensive contre l'URSS.
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Une des particularités uniques de la Luftwaffe (contrairement à d'autres armées de l'air indépendantes), est la présence d'une force organique et d'élite de troupes de parachutistes - les soi-disant Fallschirmjäger. Ces parachutistes sont actifs pendant 1940-1941, surtout pendant les opérations de la prise de la forteresse belge à Eben-Emaël [5] en mai 1940 et de la prise de l'île de Crète en mai 1941. Mais ce qui horrifie Adolf Hitler est la perte de plus de 3 000 parachutistes pendant la dernière opération. Désormais, les Fallschirmjäger ne se participeront jamais plus aux grandes opérations, mais plutôt à de petites opérations spécialisées, telles que le sauvetage réussi du dictateur fasciste italien Benito Mussolini, qui est déjà déchu, en 1943.
Quoique les Allemands aient fait des tentatives pour combattre les bombardiers lourds britanniques pendant la Première Guerre mondiale, la force de chasseurs de nuit allemande - la Nachtjagd - doit recommencer dès le début en ce qui concerne la formulation des tactiques à utiliser contre eux quand ils commencent à attaquer en grande puissance les cibles dans le territoire du Reich. Une chaîne de stations radar s'établit sur toute la longueur du territoire, de la Norvège jusqu'à la frontière suisse, connue sous le nom de la « Chaîne de Kammhuber », nommée pour le Generalleutnant (lieutenant-général) Josef Kammhuber. Les ailes avoisinantes de chasseurs de nuit, les Nachtjagdgeschwader (NJG), reçoivent l'alerte pour décoller et intercepter les bombardiers ennemis. Ces ailes sont équipées des avions tels que le Messerschmitt BF 110 et le Junkers Ju 88 [6], qui seront fournis plus tard avec le système de radar, connu sous le nom de Lichtenstein, installé dans le nez.
On considère le Heinkel He 219 [7] « Uhu » (hibou) comme le meilleur des chasseurs de nuit allemands. Heureusement pour les Alliés, les Allemands ne les construisent pas en grand nombre pour empêcher les vagues de bombardiers, qui larguent pendant chaque mission des centaines de bandes d'aluminium, connues sous le nom de «Window» (fenêtre), pour rendre inutile le système de radar défensif et presque aveugles les chasseurs de nuit allemands. Deux noms notables parmi les as des chasseurs de nuit : Helmut Lent, qui réussit à abattre 110 avions ennemis avant de perdre la vie dans un crash à l'atterrissage en octobre 1944, et Wolfgang Schnaufer, qui réussit à en abattre 102 et à survivre à la guerre, mais il perdra la vie à la suite d'un accident de voiture en France en 1950.
Après avoir joué un rôle pionnier dans le développement des avions munis des turboréacteurs («TL Triebwerke») avec des prototypes tels que le Heinkel He 178 [8] et le Heinkel He 280 [9], la Luftwaffe devient la première armée de l'air au monde à mettre en service - mais en hâte - un avion à réaction opérationnel - le Messerschmitt Me 262 dit Schwalbe (hirondelle). L'avion rencontre de nombreux de problèmes de fiabilité avec ses moteurs : malgré le fait que ceux-ci incorporent le dernier dessin d'écoulement axial, il leur manque néanmoins la disponibilité des matériaux stratégiques de haute qualité requis pour la construction. C'est l'effet de l'offensive de bombardement alliée et du renversement des fortunes de guerre pour l'Allemagne. En plus du Me 262, l'industrie aérienne allemande produit d'autres dessins aéronautiques assez avancés tels que l'Arado Ar 234 [10], un avion à réaction (soit bimoteur soit quadrimoteur) dédié au bombardement et à la reconnaissance, le Heinkel He 162 [11] dit «Volksjäger» (chasseur populaire), un chasseur à réaction monomoteur (l'engin est un BMW 003), le Messerschmitt Me 163 dit «Komet» (comète), un chasseur propulsé par une fusée (la Walther 509), ainsi que d'autres. Une variété d'autres types d'avion avancés, tels que l'aile volante, le Horten Ho 229 (à l'origine le Horten Ho IX), que les Allemands produiront par l'usine de la Gothaer Waggonfabrik (Gotha), se trouve soit à l'étape d'essai, soit même sur le point d'entrer dans la chaîne de production à la fin de la guerre européenne. L'industrie d'aviation allemande développe également le premier missile de croisière [12] du monde, le Fieseler Fi 103, baptisé la V-1 [13] (Vergeltung = vengeance) (la «bombe volante»), et le premier missile sol-sol (connu également comme un «missile balistique») baptisé la V-2 [14].
Ces machines sont modernes, mais elles ne peuvent pas empêcher la défaite aérienne complète ainsi qu'inévitable du IIIème Reich quand même. Il manque à la Luftwaffe suffisamment de carburant, de pilotes entraînés et expérimentés, de l'unité d'organisation et d'aérodrômes sûrs (c'est-à-dire, cachés). L'offensive finale lancée par la Luftwaffe a lieu le 1er janvier 1945 : l'opération Bodenplatte, dont le but est de détruire au sol autant d'avions ennemis que possible. Mais de leur côté, les Allemands perdent plus de 300 machines et sont désormais totalement dans un état défensif pendant que les Alliés occidentaux et les Soviétiques envahissent la patrie du Reich elle-mème et s'approchent de Berlin pour y enfoncer le régime nazi. Les Alliés peuvent bénéficier des efforts de la technologie avancée allemande en raison de la possibilité de saisir beaucoup d'avions abandonnés sur place après être presque ou complètement détruits par l'ennemi pendant leur retraite vers l'intérieur de l'Allemagne. Par exemple, l'opération Paperclip [15] (trombone), en vigueur en 1944-45, a pour but la capture d'informations de n'importe quelle sorte dans le domaine de la nouvelle technologie de guerre allemande ainsi que des spécialistes et des ingénieurs pour les « évacuer » aux États-Unis, au Royaume-Uni, en l'URSS, ou en France.
Pendant que les programmes spatiaux des USA et de l'URSS n'en sont qu'à leurs débuts, on emploie non seulement des machines allemandes mais aussi des spécialistes et ingénieurs allemands, dont le plus fameux est Wernher von Braun, qui deviendra le chef de l'équipe de conception au sein du projet Apollo de la NASA qui enverra des fusées Saturn V vers la Lune. L'Armée rouge capture également beaucoup de spécialistes et ingénieurs aéronautiques allemands. Ceux-ci partent en Russie pour y dessiner et faire construire des avions pour l'armée de l'air et l'aviation de la marine soviétiques.
Parmi ceux qui vont en Russie est le professeur Hans Wocke, le responsable pour le dessin du premier jet de bombardement aux ailes en flèche négative du monde, le Junkers Ju 287 [16], dont le premier prototype, le Ju 287 V1, faisait des vols d'essai pendant la guerre. L'œuvre de dessin du Ju 287 s'incorpore dans le dessin du prototype du Junkers EF (Erprobungsflugzeug = avion d'essai) 140. En tout cas, ni celui-ci ni aucun autre avion dessiné par les Allemands sera accepté au sein des forces armées soviétiques en raison que les Allemands sont encore des prisonniers et les autorités leur privent d'accès aux installations les plus nouvelles nécessaires pour y dessiner et perfectionner les avions militaires modernes. Les Russes permettent à la plupart des dessinateurs captifs de revenir en Allemagne, soit occidentale soit orientale, vers la fin de 1953.
Pendant le cours de l'histoire du IIIème Reich, la Luftwaffe n'a que deux commandants en chef, dont le premier est Göring. Mais Hitler le démissionne à la fin de la guerre après avoir appris que celui-ci tentait de prendre contact sans autorisation avec les Alliés occidentaux dans le but de négocier un cessez-le-feu avant la chute de Berlin aux mains des Soviétiques. Hitler, donc, désigne le Generaloberst (colonel-général) Robert Ritter von Greim [17] comme le second (et dernier) commandant en chef de la Luftwaffe. En même temps, il promeut celui-ci au grade de Generalfeldmarschall (général-maréchal). Ainsi, il devient le dernier officier allemand de la Second Guerre mondiale à recevoir une telle promotion au grade le plus haut.
Les unités opérationnelles et d'entraînement de la Luftwaffe s'organisent approximativement de la même manière que l'«U.S. Army Air Corps» (qui devient les «U.S. Army Air Forces» plus tard). Les ailes de chasseurs, les Jagdgeschwader (JG), se composent à tour de rôle de groupes (Gruppen), qui se composent des escadrilles (Jagdstaffel). Donc l'aile de chasseurs No.1 est la JG 1, le premier groupe de cette aile est le I/JG 1 et la première escadrille est la 1./JG 1. (Il est intéressant de savoir que la JG 1 utilisait les Heinkel He 162 mentionnés ci-dessus vers la fin de la guerre européenne. Pendant les derniers deux mois de la guerre, elle en perdit 22, dont la plupart à cause des crashs, à la suite desquels dix pilotes trouvèrent la mort et six autres se blessèrent sérieusement.)
Pareillement, la Luftwaffe appelle les ailes de bombardiers les Kampfgeschwader (KG), celles de chasseurs de nuit les Nachtjagdgeschwader (NJG), celles de bombardiers en piqué les Stukageschwader (StG) et celles avec la responsabilité pour des patrouilles des côtes ainsi que le sauvetage des équipages abattus dans la mer les Küstenfliegergruppen (Kü.Fl.Gr.). On appelle les groupes de bombardiers spécialistes les Kampfgruppen (KGr). À la tête d'une Geschwader est un Kommodore, d'un Gruppe un Kommandeur et d'une Staffel un Staffelkapitãn. Mais ces noms sont plûtot ceux des positions que ceux des grades d'officier dans la Luftwaffe. Généralement, c'est un Oberstleutnant (lieutenant-colonel) - ou, ce qui est exceptionnel, un Oberst (colonel) - qui est à la tête d'une Geschwader. Même un Leutnant (sous-lieutenant) peut se trouver à la tête d'une Staffel.
Peu avant le déclenchement de la guerre, le Ministre de propagande nazi produit un magazine qui se spécialise dans les activités de la Luftwaffe. Il s'appelle «Der Adler» («L'Aigle») et se publie non seulement en allemand mais aussi dans d'autres langues, y compris ultérieurement celles des pays qui seront incorporés dans le territoire du Reich pendant la guerre elle-même, le français inclus. Pendant que les États-Unis restent neutres (entre septembre 1939 et décembre 1941), le magazine se publie également en anglais. Beaucoup d'images en couleurs prises à cette époque-ci viennent de cette publication originellement.
L'après-guerre
Après la fin de la guerre, l'aviation allemande en général se restreint sévèrement. Quant à l'aviation militaire, les Alliés en interdisent totalement aux Allemands jusqu'à ce qu'ils permettent à la nouvelle République fédérale de rejoindre l'OTAN en 1955, lorsqu'ils se rendent compte du fait qu'ils ont désormais besoin de celle-ci à cause du menace augmentant militairement de la part de l'Union Soviétique et des autres pays du Pacte de Varsovie. Pendant le cours des décennies à venir, la Luftwaffe de la RFA bénéficie surtout des machines d'origine américaine, qui se construisent localement sous licence. Tous les avions militaires allemands portent maintenant la Croix de fer sur le fuselage, comme pendant la Grande Guerre, et le drapeau national de la RFA se voit sur la dérive des avions.
Beaucoup d'anciens pilotes de chasse, qui luttaient contre les Alliés pendant la guerre, rejoignent la nouvelle armée de l'air d'après-guerre et vont aux États-Unis pour y bénéficier d'un stage de recyclage avant de revenir en Allemagne pour se familiariser avec les nouvelles machines fournies par les américains. Les personnalités comprennent Erich Hartmann (352 avions ennemis abattus), Gerhard Barkhorn (en 301), Günther Rall (en 275) et Johannes Steinhoff (en 176). Steinhoff, dont le visage et des portions du corps portent de graves brûlures après un crash au décollage aux commandes d'un Messerschmitt Me 262 vers la fin de la guerre européenne, sera le commandant en chef de la Luftwaffe et Rall sera son successeur immédiat. Hartmann prendra sa retraite en 1970 - à l'âge de 48 ans ! Josef Kammhuber, mentionné ci-dessus, rejoint la Luftwaffe d'après-guerre aussi et prendra sa retraite en tant qu'Inspekteur der Bundesluftwaffe en 1962.
La crise du Starfighter survient pendant les années 1960 à cause de nombreux crashs tuant quelques pilotes des avions du type Lockheed F-104 [18]. Le grand public donc surnomme le jet d'une manière effrayante : le «Witwenmacher» (L'avion « Qui Crée les Veuves »). (Il est à noter que le F-104 ne fait son service au sein de l'USAF que quelques années.)
On a appris par la suite que nombre de ces crashes étaient dus à une trop grande charge alaire (les autres armées de l'air du monde n'ont pas eu ce problème), car un des membres de l'état major était un espion à la solde des soviétiques.
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La République démocratique allemande (RDA) communiste décide d'utiliser le même nom - la Luftstreitkräfte - pour son armée de l'air que pendant la Grande Guerre. Au sein de cette force aérienne volent les avions construits par l'URSS tels que le Sukhoi Su-7 (codé «Fitter» par l'OTAN) ainsi que ceux appartenant au constructeur russe fameux Mikoyan-Gurevich, y compris les chasseurs MiG-21 [19], MiG-23 [20] et MiG-29. En opposition avec les avions de la Luftwaffe de la RFA, les avions de la RDA portent l'insigne du drapeau national et non pas la Croix en fer. En ce cas, les trois rayures vues sur le tricolore de la RDA (qui est en vigueur entre 1959 et 1990) s'orientent verticalement au lieu d'horizontalement et l'insigne même prend la forme d'un diamant. On voit aussi sur l'insigne le symbole du communisme de la RFA : le marteau, la boussole et les épis de grain qui prennent la forme d'une guirlande.
Après la réunification de la RFA et de la RDA en octobre 1990, les avions de l'ancienne Luftstreitkräfte volent au sein de la Luftwaffe. Voici une situation bizarre où les avions construits par l'ex-Union Soviétique font leur service avec une armée de l'air qui fait partie de l'OTAN. Mais ça ne durera pas longtemps, car le gouvernement de l'Allemagne réunie a l'envie de les retirer de l'inventaire avant d'en vendre beaucoup à d'autres pays, les nouveaux membres de l'OTAN en Europe occidentale inclus.
Voir aussi
Liens externes et bibliographie d'œuvres selectionnés
Cet article est une traduction fidèle de l'article Wikipédia sur la Luftwaffe en langue anglaise qui est à voir en cliquant ici [21]. Vous y trouverez les liens sous la section entitulée «External links» ainsi que la bibliographie sous la section entitulée «Select bibliography».
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Articles connexes
- (de) Pour une liste d'unités opérationnelles de la Luftwaffe d'aujourd'hui, veuillez cliquer ici [23] pour arriver à l'article Deutsche Luftwaffe en allemand. Vous y trouverez la section entitulée Verbände & Dienststellen.
- (de) Geschichte der deutschen Luftwaffe 1910-1939 [24] sur le Wikipédia allemand
- (de) Geschichte der deutschen Luftwaffe 1939-1945 [25] sur le Wikipédia allemand
- (fr) Heinkel (article sur l'entreprise de fabrication d'avions allemande)
- (en) Ernst Heinkel [26] (article sur le fondateur du constructeur aéronautique) (en anglais)
- (fr) Junkers (article sur l'entreprise de fabrication d'avions allemande)
- (en) Hugo Junkers [27] (article sur le fondateur du constructeur aéronautique) (en anglais)
- (en) Messerschmitt [28] (article sur le constructeur aéronautique) (en anglais)
- (en) Willy Messerschmitt [29] (article sur le fondateur du constructeur aéronautique) (en anglais)
- (fr) Wehrmacht (article sur les forces armées allemandes pendant l'ère du IIIème Reich)
- (fr) Liste des avions militaires (Seconde Guerre mondiale)
- (fr) Liste des constructeurs aéronautiques
