Louvain-la-Neuve

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Louvain-la-Neuve, la faculté de théologie. - Photo: Jean-Pol Grandmont.

Origine : la crise linguistique de 1968

La crise linguistique des années 60 et les revendications d'autonomie que celle-ci provoqua dans les deux communautés fut l'occasion d'une remise en cause graduelle des structures dans lesquelles vivait l'Université catholique de Louvain.

Malgré le dédoublement des cours, le bilinguisme administratif et le nombre croissant de professeurs flamands beaucoup de Flamands avaient l'impression que l'Université de Louvain demeurait une « université francophone ».

C'est dans cette atmosphère que le cri de Walen buiten ! (« Les Wallons dehors ! ») se généralisa rapidement. L'impossibilité de dégager un accord sur le problème de l'avenir de la section francophone de l'UCL amena même la chute du gouvernement Vanden Boeynants.

À la suite d'élections provoquées par cette querelle, le pouvoir organisateur approuva le 18 septembre 1968 un nouveau plan d'expansion de la section française. Quelques semaines plus tard, un nouveau règlement organique rendait officielle la scission entre la Katholieke Universiteit Leuven (KUL) et l'Université catholique de Louvain (UCL), cette dernière devant s'établir progressivement dans le Brabant wallon ainsi qu'à Woluwé-Saint-Lambert pour la faculté de médecine.

C'est dans la douleur et l'urgence que Louvain-la-Neuve est née. Placé sous la direction du professeur Raymond Lemaire, de Jean-Pierre Blondel et de Pierre Laconte, ce projet urbanistique a vu les premiers étudiants arriver sur le site en octobre 1972.

Aujourd'hui, cette ville nouvelle compte près de 10 000 habitants et 19 600 étudiants (dont près de la moitié vivent à Louvain-la-Neuve).

Urbanisme

Après plusieurs hésitations, les autorités universitaires s'accordèrent pour construire leur nouvelle ville à Ottignies, dans l'actuelle province du Brabant Wallon. Le site sur lequel va se construire la cité universitaire est un vaste plateau vallonné situé en bordure de la forêt de Lauzelle. Exposé aux vents, il ne compte à l'époque que deux ou trois fermes et quelques habitations rassemblées dans le hameau de la Baraque. L'essentiel du site est couvert de champs de betteraves. L'UCL y achète avec l'aide de l'Etat belge une superficie d'environ 900 hectares pour assurer son installation. Les travaux seront entamés le 20 janvier 1969.

La construction de la ville commence avec le quartier des Sciences (autour du projet monumentale de la Place des Sciences, dû à l'architecte André Jacqmain). Les nouveaux habitants coimmencent à s'installent dès 1972. Le nombre de gens fréquentant alors Louvain-la-Neuve est très réduit. En 1973, seules 676 personnes logeaient sur le site. Rejoints en journée par les quelques étudiants et employés de l'Université, ils formaient une petite communauté de 1500 personnes. Ce caractère restreint s'estompera rapidement. En 1981, ils sont déjà 10 477. L'objectif final est d'atteindre 30 000 résidents permanents sans compter les 10 à 15 000 étudiants qui logent en semaine sur le site.

Louvain-la-Neuve a été créée par l'Université et pour l'Université. Celle-ci est sa seule raison d'être, sa seule justification.

L'Université détermina donc une ensemble de lignes directrices qui allaient guider la construction de Louvain-la-Neuve.

C'est en fonction de ces lignes directrices que Louvain-la-Neuve se construisit. Le centre urbain est construit sur une gigantesque dalle de béton qui supporte bâtiments et rues piétonnes. En dessous de cette dalle se trouvent les parkings et les artères pour automobiles.

Quatre quartiers principaux s'articulent autour du centre urbain : le Biéreau, Lauzelle, l'Hocaille et les Bruyères. En outre, un cinquième quartier, non prévu par les autorités universitaires, s'est développé : le quartier de la Baraque. Ce dernier quartier se caractérise par son habitat alternatif et son refus de la programmation urbaine imposé par l'Université.

Louvain-la-Neuve est aujourd'hui une ville en pleine expansion qui ne cesse de s'étendre d'un projet d'urbanisme à un autre. On peut notamment citer la réalisation de l'Aula Magna, dûe à l'architecte Philippe Samyn. Sa situation centrale, sa proximité des axes routiers principaux, le fait de se trouver dans un nœud ferroviaire et sa proximité par rapport à Bruxelles fait de Louvain-la-Neuve une ville similaire aux villes nouvelles qui entourent Paris en France.

Liens externes

See also: Louvain-la-Neuve, 1968, 1969, 1972, 1973, 1981, André Jacqmain, Années 1960, Belgique, Brabant Wallon