Madame d'Épinay
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Louise-Florence-Pétronille Tardieu d'Esclavelles, marquise de la Live d'Épinay, dite Madame d'Épinay, née à Valenciennes le 11 mars 1726 et décédée à Paris le 17 avril 1783 fut une femme de lettres française.
| Sommaire |
Les premières années
Ses parents sont Louis Gabriel Tardieu, marquis d'Esclavelles et Florence-Angélique Prouveur.
Elle a neuf ans lorsque son père meurt. Son éducation sera alors lamentablement négligée par sa mère, laquelle se montrera par ailleurs bien peu aimante.
L’œuvre de Louise vient toute entière des regrets et des frustrations suscités par cette éducation.
Entre le 15 juin 1737 et le 15 juillet 1738, elle est envoyée au couvent dans l'attente du mariage, comme cela se faisait fréquemment à l'époque.
À l'âge de dix-neuf ans, elle est mariée à son cousin germain Denis-Joseph Lalive d’Épinay (1724-1782), fermier-général du roi (destitué de ce poste en 1762).
Elle aura de lui deux enfants dont une fille morte en bas-âge mais souffrira vite du libertinage de son époux et, surtout, du fait qu'il ait été un homme terriblement dépensier. Une séparation de biens sera prononcée entre Denis d'Épinay et Louise en 1748, assurant à cette dernière une position financière moins inconfortable.
Rousseau
Vers 1747, son amant Louis Dupin de Francueil, le grand-père de George Sand, lui présente Jean-Jacques Rousseau.
Elle donnera refuge à Rousseau à l'Ermitage, petite maison située sur son domaine de La Chevrette, près de Montmorency, d'avril 1756 à l'été de l'année suivante, avant qu'ils ne se brouillent, notamment à cause de la violente passion (non-réciproque) qu'éprouve alors Rousseau envers Madame d'Houdetot, la belle-sœur de Louise d'Épinay.
Malgré cette brouille définitive, Rousseau et Louise d'Épinay auront eu une influence très importante l'un sur l'autre, notamment sur les sujets de l'éducation des enfants, du lien parent-enfant et de l'allaitement maternel.
Le salon de Mme d'Épinay
Louise accueillait régulièrement à Montmorency puis, à partir de 1770, à Paris, les beaux-esprits du siècle, au premier rang desquels le baron Grimm, son mentor et son conseiller moral - son amant aussi -, Denis Diderot, d'Alembert, Marivaux, Charles Pinot Duclos, Marmontel, Montesquieu, Jean-Nicolas Dufort de Cheverny, Michel-Jean Sedaine, le marquis Jean-François de Saint-Lambert, Jean-Baptiste-Antoine Suard, Damilaville, Dupin de Francueil, Aimable le Roy, Raynal, d'Holbach, l'abbé Ferdinand Galiani, Claude-Henri de Fusée de Voisenon et Bernard-Joseph Saurin, le baron de Greutz, le marquis de Mora, le comte de Fuentès, le baron danois Gleichen et Stormont.
Les contre-confessions
Lorsque l'on apprit que Jean-Jacques Rousseau rédigeait ses Confessions, on pensa, à tort, que l'écrivain règlerait ses comptes avec le tout-Paris en livrant au public des ragots divers. Madame d'Épinay, afin de parer à des attaques sur sa vie privée de la part de son ancien ami rédigea ses « Contre-confessions » (Histoire de madame de Montbrillant), ouvrage copieux dans lequel elle détaille et justifie, entre autres, pourquoi elle est un jour venue à tromper son époux. Il s'agit de pseudo-mémoires puisque les noms sont modifiés. Grimm et Diderot aideront Louise d'Épinay à rédiger son livre, notamment en faisant un portrait noir du personnage de René - en fait Jean-Jacques Rousseau.
Cet ouvrage, paru de manière posthume en 1818, est désormais connu comme un des chefs d'œuvre de la littérature féminine du XVIIIe siècle.
Autres œuvres
Anonymement, elle participera à la Correspondance littéraire dirigée par Grimm.
En 1773, elle publie « Les Conversations d'Émilie », un dialogue mère-fille (inspiré par ses rapports avec sa petite fille, Émilie de Belsunce, qu'elle a élevé comme sa propre fille) dont la seconde édition recevra le prix d'utilité de l'Académie française en 1783, peu de temps avant la mort de l'auteur.
Madame d'Épinay laissera par ailleurs une abondante correspondance, notamment avec son ami Voltaire.
Descendance
Elle a eu quatre enfants :
- Louis-Joseph Lalive d’Épinay (25 septembre 1746 - 10 avril 1813), qui sera millitaire, éditeur et musicien.
- Françoise-Suzanne-Thérèse de Lalive (24 août 1747 - 3 juin 1748)
- Angélique-Louise-Charlotte (1 août 1749 - 1er juin 1824), reconnue par Denis d’Épinay bien que son véritable père soit vraissemblablement Dupin de Francueil.
- M. Le Blanc de Beaulieu, fils lui aussi de Dupin de Francueil, né le 29 mai 1753, mort en 1825, placé dans une ferme puis dans les ordres et qui sera évêque de Soissons de 1802 à 1820.
