Louis Henri de Bourbon, prince de Condé

Louis Henri de Bourbon (Versailles, 18 août 1692Fontainebleau, 27 janvier 1740), duc de Bourbon (« M. le Duc ») puis prince de Condé (« M. le prince »).

Fils de Louis III de Condé, il devint chef de sa maison en 1710. À la mort du duc de Berry en avril 1714, il passa en quatrième rang dans l'ordre de succession, derrière le duc d'Anjou (futur Louis XV), le [[Philippe, duc d'Orléans (1674-1723)|duc d'Orléans]] et son fils le [[Louis d'Orléans (17031752)|duc de Chartres]].

Chef du Conseil de régence

Le testament du roi Louis XIV lui donnait une place au Conseil de régence dès qu'il aurait atteint sa majorité (24 ans). Le 2 septembre 1715, après la mort du roi, se tint une séance solenelle dans la grand chambre du Parlement de Paris, réunissant les cours souveraines, les princes du sang et les ducs et pairs. C'était la coutume pour proclamer la Régence. Il fut donné lecture du testament de Louis XIV et de l'édit d'août 1714 relatif au droit de succession des bâtards. Le duc d'Orléans se fit proclamer régent par les gens du roi. Il réclama l'admission immédiate du duc de Bourbon au Conseil, avec le titre de chef. Le duc de Bourbon, grand maître de France, réclama également que le commandement des troupes, attribué par Louis XIV au duc du Maine, fût confié au régent. Bourbon et Maine s'échauffèrent beaucoup, mais le duc d'Orléans et lui obtinrent gain de cause.

Par la suite, M. le Duc s'employa à diminuer le rang des bâtards. En août 1716, accompagné de son frère le comte de Charolais et de son cousin le prince de Conti, il demanda à Louis XV un lit de justice pour abolir les dispositions de 1714. Le 1er juillet 1717, le Conseil de régence révoqua l'édit de 1714 et la déclaration du 23 mai 1715. Néanmoins, les bâtards conservaient leurs privilèges, notamment la préséance sur les ducs et pairs. Lors du lit de justice du 26 août 1718, les bâtards perdirent leurs honneurs, et le duc de Bourbon s'arrogea la surintendance de l'éducation de Louis XV.

Premier ministre

Le 2 décembre 1723, à la mort du duc d'Orléans, le duc de Bourbon demanda au roi sa succession comme premier ministre. Conseillé par Mgr de Fleury, Louis XV accepta. Il s'engagea néanmoins à ne jamais consulter Bourbon en son absence. Laid, grand et borgne, le duc de Bourbon passait pour « peu esprité », selon l'expression de l'époque. Le cardinal de Bernis écrivit dans ses Mémoires au sujet du premier ministre :

« Si la probité et les bonnes intentions avaient suffi pour remplir ce poste important, M. le Duc aurait pu espérer d'y réussir : mais les grands talents lui manquaient, et souvent les bons conseils. »

Il était de caractère inconstant et emporté. Cela ne l'avait pas empêché de faire fortune (plus de 20 millions de livres) grâce au « système de Law ». Sa maîtresse, la marquise de Prie, avait beaucoup d'influence sur lui. Elle se contentait néanmoins de protéger les arts et les lettres. De fait, Bourbon abadonna une partie des affaires à Fleury, en particulier les affaires religieuses, et donc la querelle de la bulle Unigenitus. M. le Duc s'attira la sympathie de Louis XV en l'invitant souvent à chasser à Chantilly.

Sa première tâche réelle fut de trouver une femme pour le jeune roi, désormais capable de procréer. Or, sa fiancée, l'Infante-Reine, était encore en bas âge. Le nouveau duc d'Orléans était donc le premier dans l'ordre de succession, et le duc de Bourbon ne voulait pas courir le risque de le voir monter sur le trône. À la fin du février 1725, Louis XV dut s'aliter pour avoir trop mangé et chassé. Affolé, le duc de Bourbon résolut de lui trouver une nouvelle fiancée. On l'entendit marmonner : « S'il en réchappe, il faut le marier. » Le 1er mars, l'Infante-Reine fut renvoyée. M. le Duc et Fleury passèrent en revue les candidates et arrêtèrent leur choix sur Marie Leszczyńska. Le mariage fut célébré dans le courant de l'année.

Après deux ans d'excercice, le duc de Bourbon se trouvait détesté de tous. Suite à l'effondrement du système de Law, il fallait assainir les finances, exercice qui rendait peu populaire. M. le Duc finit par prendre ombrage de la présence continuelle de Fleury. À la fin de 1725, il demanda à la reiner de l'aider. Reconnaissante du rôle joué dans son mariage, celle-ci accepta. Elle fit mander Louis XV qui, arrivant dans ses appartement, y trouva le duc de Bourbon. Celui-ci explique ses griefs au jeune roi, qui demeura impassible. Bourbon insista et demanda s'il avait déplut au roi. Louis XV acquiesça, et seul Fleury avait toute sa confiance. Fleury, informé, quitta la Cour en prétendant qu'il voyait bien qu'on n'avait plus besoin de lui. Effondré, Louis XV força le duc de Bourbon à lui demander de revenir. M. le Duc resta nominalement au pouvoir jusqu'au 11 juin 1726, quand le roi l'exila à Chantilly.

Il épousa en 1713, Marie-Anne de Bourbon-Conti (16921720), fille de Louis François de Bourbon, prince de Conti. Il épousa en 1728, en secondes noces, Marie-Caroline de Hesse-Rheinfels-Rotenburg. Il en eut entre autres Louis Joseph, futur prince de Condé.

Prédécesseur :
Louis III de Condé
Maison de Condé Successeur :
Louis Joseph de Condé

See also: Louis Henri de Bourbon, prince de Condé, 11 juin, 1674, 1692, 1703, 1710, 1713