Louis Félix Marie François Franchet d’Esperey

Louis-Félix-Marie-François Franchet d’Esperey

Né à Mostaganem, en Algérie, en 1856, Franchey d’Esperey sort de Saint-Cyr en 1876. Affecté au 1er Régiment de Tirailleurs Algériens, le jeune Lieutenant fait ses premières armes pendant la campagne de Tunisie de 1881.

Après un stage à l’Ecole de Guerre, il part aussitôt se battre au Tonkin contre les Pavillons Noirs. Rentré en France, il commande à Stenay un bataillon de Chasseurs à pied. Il prend part en 1900 à l’expédition de Chine contre Les Boxers, puis commande le 60e Régiment d’Infanterie à Besançon. Il s’est partout fait remarquer par son extraordinaire vigueur, son activité dévorante, son caractère indomptable.

Il est nommé Général de Division en 1912, et le Général Lyautey lui confie le commandement des troupe du Maroc. Pendant la période difficile des débuts du Protectorat, il prend une part importante à la pacification et à l’organisation du pays.

Rappelé en France, Franchey d’Esperey reçoit en novembre 1913 le commandement du 1er Corps d’Armée à Lille. Il se distingue par la vigueur de son action à la bataille des Frontières d’août 1914, puis en rejetant dans l’Oise, à Guise, par une brillante contre-attaque, le corps Allemand de La Garde. Le Généralissime Joffre lui confie, le 3 septembre, le commandement de la Ve Armée, en pleine retraite, menacée d’être encerclée et coupée. Franchey d’Esperey se montre à la hauteur de la situation. Il attaque, entraînant à ses cotés l’Armée Anglaise, se précipite dans la brèche entre les Armées Bülow et Kluck; il joue un rôle capital dans la décision et l’exécution de la grande bataille. « Son rôle, écrit Joffre dans ses mémoires, mérite d’être souligné devant l’Histoire. C’est lui qui a rendu possible la victoire de la Marne ». Franchey d’Esperey commande le groupe d’Armées de l’Est en 1916, puis le groupe d’Armées du Nord en 1917.

Il perd son fils unique, Louis, sous-Lieutenant d’Infanterie, tué à Douaumont, et son frère, Colonel Commandant le 333e R.I. En juin 1918, il est appelé au commandement en chef des Armées Alliées à Salonique. Il va donner toute sa mesure. Par un plan audacieux et de vaste portée, exécuté sous son impulsion avec rapidité et énergie, il obtient, après une foudroyante campagne de quatorze jours, la capitulation de l’Armée germano-bulgare.

L’Armistice du 29 septembre 1918 ouvrait de vastes perspectives. Le Haut Commandement allemand, qui en est conscient, se décide à demander l’Armistice sur tous les fronts. Il n’a pas tenu à Franchey d’Esperey que sa magnifique victoire n’ait pas été exploitée. En Crimée et à Odessa, il redresse, avec rapidité et sa netteté coutumière, la situation critique de nos forces imprudemment engagées.

Cinquante années de grands et glorieux services lui valent, le 19 février 1921, la dignité de Maréchal de France. Il est reçu à l’Académie française le 15 novembre 1934.

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