Louis Botha
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Origines
Louis Botha est né le 27 septembre 1862 près de Greytown au Natal, 9e d'une famille de 13 enfants. Descendant d'Allemands de Thuringe venus s'installer à Cape-Town en 1672, son grand-père paternel était un Voortrekker qui avait participé au Grand Trek.
Louis Botha fut élevé dans l'État libre d'Orange à partir de 1869 et scolarisé à la mission locale allemande.
Le Général Boer
Membre du parlement du Transvaal en 1897 pour le district de Vryheid, partisan de l'apaisement avec les Britanniques, il est néanmoins promu général deux ans plus tard au début de la guerre des Boers où il engrange les succès d'armes à Colenso et Spioenkop.
Après la mort de P. J. Joubert, il est fait commandant en chef des boers du Transvaal.
A la chute de Pretoria en 1900, il prend la tête de la guerilla et des commandos boers avec Koos de la Rey et Christiaan de Wet.
En 1902, il mène les négociations avec les Britanniques qui aboutissent à la paix de Vereeniging signée à Pretoria le 31 mai 1902.
L'homme de la réconciliation
Botha se reconvertit dans la politique et avec De la Rey et De Wet entreprend une tournée en Europe pour collecter des fonds afin de reconstruire économiquement le pays. Ils ne récoltent que 125 mille £ et pour convaincre le premier ministre britannique d'augmenter la somme, rédige un article persuasif où il expose tous les avantages qu'aurait l'Empire britannique à aider à la reconstruction des 2 pays vaincus. Peu de temps après, le parlement britannique débloquait la somme de 8 millions de Livres pour aider à la reconstruction. Botha obtint également l'amnistie pour les rebelles boers du Cap et du Natal.
Revenu en Afrique du Sud, Louis Botha entreprit de réconcilier les peuples boers avec les britanniques dans l'intérêt du pays.
En 1903, cependant, ses revendications pour la parité de l'afrikaans et de l'anglais sont ignorées tout comme son opposition et ses avertissements à l'importation de main d'œuvre asiatique.
En mai 1904, avec son ancien camarade de combat,Jan Smuts, et d'autres boers, ils créaint un parti politique afrikaner appelé « Het Volk » (le peuple) suffisamment modéré pour séduire un életorat anglophone appelant à la réconciliation et à l'autonomie de l'Afrique du Sud.
En 1905, le parti a déjà reçu le soutien de plusieurs hommes d'affaires et peut se permettre de critiquer le système colonial imposé aux anciennes républiques boers.
Après la victoire des libéraux en Grande-Bretagne en 1905, Botha envoie Smuts à Londres négocier le principe de l'autonomie.
En décembre 1906, la colonie du Transvaal et en juin 1907, celle de l'Orange recoivent enfin l'autorisation de former leur prore gouvernement.
Le 4 mars 1907, Het Volk, qui rallie dorénavant des anglophones, remporta les élections du Transvaal et Louis Botha en devint le premier ministre.
Lors de la conférence impériale, Botha affirma la loyauté des Afrikaners à l'Empire et présenta le diamant Cullinan au Roi Edouard VII. Allors que Botha commence à être accusé d'être plus anglais que boer, le parlement britannique accorda en remerciement une rallonge budgétaire de 5 millions de Livres qui permirent à Botha de créer notamment une banque agricole d'aide aux fermiers, de développer le chemin de fer et d'introduire une éducation primaire gratuite.
La modération de Botha le conduisit à admettre seulement l'anglais comme langue officielle alors que la question des travailleurs chinois étaient réglés par leur rappatriement en Chine.
Le premier ministre d'Afrique du Sud
En 1910, le but de Botha de fondre les 2 peuples en un seul et à faire admettre le principe d'un dominium sud-africain est atteint quand le parlement britannique vote le South Africa Act le 31 mai 1910 établissant l'Union de l'Afrique du Sud.
C'est Lord Gladstone qui demande à Louis Botha de former le premier gouvernement provisoire de la jeune Union et non l'expérimenté anglophone premier ministre du Cap, John X Merriman. Botha doit cette honneur à son prestige et à sa position parmi les Afrikaners, plus nombreux par ailleurs que les britanniques en Afrique du Sud.
Bien qu'il choisisse de former un gouvernement monocolore et non d'union nationale et modéré, Louis Botha décide de se présenter aux élections de septembre 1910 contre Percy Fitzpatrick dans la circonscription de Pretoria-Est. À la surprise générale, Botha est battu. En catastrophe, le député élu à Standerton démissionne pour que Botha puisse se présenter à sa place, être élu et gouverner.
La constitution du dominion n'incluant pas de déclaration des droits, elle permit la mise en place de législation contraignante pour les noirs qui aboutissent à leur exclusion territoriale (Native Land Act) et politique, prémices de l'apartheid mises en place en 1948.
En 1911, avec Jan Smuts, Botha forme le Parti Sud-Africain (South African Party - SAP).
En nommant James Barry Hertzog, un ancien général boer, en tant que ministre de la justice et des affaires indigènes, Botha s'aliène les anglophones modérés consternés par les déclarations nationalistes d'Hertzog et anti-britannique aboutissant à la démission du ministre du commerce, le colonel Leuchars.
L'adoption de lois imposant le bilinguisme dans certains services d'état va provoquer la démission de ministres anglophones modérés et une crise politique qui aboutit à la dissolution du cabinet et l'expulsion d'Hertzog du gouvernement .
Perçu comme trop conciliant par plusieurs de ses anciens camarades de combat, Botha subit une révolte interne de membres de son parti qui claquent la porte et vont créer en 1914 le Parti National pris en main par James Barry Hertzog.
Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Botha engage son gouvernement au côté des alliés britanniques et envoit les troupes envahir le Sud-Ouest Africain allemand provoquant la révolte de plus de treize mille Boers radicaux et la mort accidentelle du général De la Rey tué par la police. La mise au pas de l'insurrection provoqua de profonds ressentiments chez les Afrikaners contre Louis Botha.
En 1915, néanmoins, le SAP remporte les élections avec une majorité relative mais son soutien a considérablement faibli dans la commuautée afrikaner qui se rallie de plus en plus au parti national. Botha reprend le portefeuille de la défense à Smuts qui, après avoir commandé les troupes en Afrique orientale allemande, est envoyé en Europe au cabinet de guerre britannique.
En 1917, pour se concilier les afrikaners du Parti National dont les idées républicaines ont le vent en poupe, Botha tente de faire voter la Native Affairs Administration Bill classifiant et ségrégant les africains noirs entre eux en leur octroyant des terres où ils pourront vivre. Cette loi est repoussée par la conjonction des votes des modérés qui jugent la loi irréaliste et injuste et par les nationalistes qui la jugent trop libérale.
En 1918, Botha fait face au mécontentement des Afrikaners nostalgiques des républiques boers dont ils demandent la restauration, à des éléments unionistes incontrôlé squi tirent sur des afrikaners et aux noirs qui se mettent en grève à Johannesburg.
A la fin de l'année 1918, il se rend à Paris pour procéder personnellement au rapatriement des troupes sud-africaines et se joindre à la conférence de paix à Versailles.
En 1919, bien qu'hostile au traité de Versailles dont il dénonce l'intransigeance, il le signe. Alors qu'il en avait demandé l'annexion, Botha ne reçoit que le mandat de gérer le Sud-Ouest Africain sous le contrôle de la future SDN .
De retour en Afrique du Sud, il contracte une pneumonie. C'est à Pretoria quelques jours plus tard qu'il décède d'une crise cardiaque. Le 30 aout 1919, il est entérré au cimetière de Rebecca Street.
Hommages
Aujourd'hui de nombreux monuments et noms de rue honorent sa mémoire:
- sa statue équestre à Pretoria dans le parc Louis Botha devant les Unions Buildings
- Une autre statue équestre de Botha devant le parlement de Cape-Town
- des dizaines de noms de rues honorent sa mémoire, notamment une place Louis Botha à Paris en France dans le 20ème arrondissement
Jusqu'en 1995, l'aéroport de Durban s'appelait Louis Botha Airport .
| Précédé par Fonction inexistante | Image manquante Safricaarms.png Premier ministre d'Afrique du Sud 1910 à 1919 | Suivi par Jan Smuts |
