Lombric
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| Lumbricus terrestris | |||||
| Classification classique | |||||
| Règne : | Animalia | ||||
| Embranchement : | Annelida | ||||
| Classe : | Clitellata | ||||
| Sous-classe : | Oligochaeta | ||||
| Ordre : | Haplotaxida | ||||
| Famille : | Lumbricidae | ||||
| Genre : | Lumbricus | ||||
| Nom binomial | |||||
| Lumbricus terrestris Linné 1758 | |||||
| Classification phylogénétique | |||||
Position :
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| d'après Classification phylogénétique du vivant (voir arbre phylogénétique) | |||||
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Annélide oligochète terricole, il est familièrement appelé ver ou plus exactement ver de terre.
Le nom vient du latin lumbricus.
- Nom scientifique : Lumbricus terrestris est le plus connu et le plus rencontré en prairies tempérés.
- Famille : Lumbricidae
- Origine
- Description : Son corps est constitué d'anneaux successifs appelés segments. La peau rose est légèrement visqueuse car enduite de mucus. Cette peau doit rester humide pour permettre au lombric de respirer (il ne possède pas de poumons). Chaque segment est garni de quatre paires de courtes soies sur la face ventrale, ce qui lui permet de se déplacer. Les deux premiers segments et le dernier n'ont pas de soies et ont un rôle particulier : pointe pour le premier, bouche pour le deuxième et anus pour le dernier.
- Taille : 20-25 cm (L. terrestris adulte)
- Poids : 4-6 g (L. terrestris adulte)
- Mode de vie : vit dans les sols humides
- Alimentation : il se nourrit généralement en avalant la terre pour en digérer et en absorber les matières organiques contenues et les micro-organismes.
- Reproduction : Le lombric est hermaphrodite à fécondation croisée. L'accouplement se fait tête-bêche. Après l'accouplement, un manchon de mucus est fabriqué par le clitellum (du 32e au 37e segment), partie plus renflée à l'antérieur du corps. Les ovules du lombric et le sperme de son partenaire sont insérés dans ce manchon lorsqu'il glisse vers l'avant et passe sur les glandes génitales. Les extrémités de ce manchon se collent quand il arrive a la tête du lombric pour former un cocon. Chaque cocon produit de 1 à 2 petits lombric. À la naissance, les petits ont la morphologie des adultes mis à part le clitellum qui apparaît à la maturité sexuelle.
- Divers : En se déplaçant pour manger, les vers de terre creusent des galeries et les remplissent de leur déjection à l'aspect de tortillons, ainsi ils aèrent, ameublissent et fertilisent les sols, et sont donc très appréciés par les jardiniers. La densité de lombric est de 1 à 2 millions, voire 4 millions par hectare. Les pêcheurs les apprécient aussi comme appâts pour la pêche. Les principaux prédateurs sont la taupe, le crapaud, la musaraigne et surtout le hérisson ainsi que de nombreux oiseaux.
Rôle des vers de terre dans la structuration des sols
Les vers de terre sont omniprésents dans tous les sols tropicaux ou tempérés et leur diversité taxonomique est très importante (3627 espèces lombriciennes recensées en 1994; estimées à 7000 au total). Il n'est pas rare de trouver 200 à 250 vers de terre par m² dans des prairies tempérés. Des recensements montrent généralement que cette abondance est beaucoup plus réduite au sein des parcelles agricoles labourées et monoculturales.
En 1881, Charles Darwin soulignait déjà dans un essai « Formation de la terre végétale due à l’action des vers de terre » (The Formation of Vegetable Mould Through the Action of Worms With Observations on Their Habits) l'importance globale de l'activité des vers de terre dans la fertilité des sols [la fertilité est un concept à manier avec prudence et nécessiterait sans doute un article à part entière]tout comme le climat, la nature de la roche-mère sur laquelle se développe le sol en question, et le type de litière apporté au sol [voir formation des sols; pédologie). Par leur activité dans le sol, ces animaux réguleraient un certain nombre de processus physiques, chimiques et biologiques du sol. À cause de cela, ces animaux sont généralement appelés des organismes ingénieurs du sol, tout comme les termites, les fourmis, etc. Peut être appelé ingénieur du sol tout organisme qui par son activité modifie son habitat dans un sens qui lui est « favorable » mais également favorable aux autres organismes inféodés à cet habitat (en l'occurrence les bacteries ou les champignons du sol, etc.)
Il est maintenant bien établi que les vers de terre influencent la structure et la fertilité du sol à travers leurs activités d’excavation, d’excrétion de macro-agrégats, d’ingestion de matière organique, etc. Ainsi, ces animaux agissent directement sur la structuration des sols en créant des galeries. Ces galeries sont des chemins préférentiels par lesquels l’infiltration et la circulation de l’eau, des solutés et des gaz se trouvent facilités. Du mucus, de l’urine et des fécès sont déposés sur les parois des galeries et leur confèrent des propriétés bio-géochimiques particulières (enrichissement en sucres, etc.). Les vers de terre produisent également des déjections ("turricules") qui constituent des macro-agrégats de sol de propriétés organo-minérales modifiées par rapport au sol environnant (pH neutralisé, plus grande stabilité des agrégats, etc.). En agissant sur leur habitat, ces animaux réguleraient indirectement l’activité, la diversité et la distribution spatiale des communautés de microorganismes du sol. Cette influence est capitale puisque les micro-organismes du sol sont responsables, en dernier ressort, (i)de la minéralisation de la matière organique en nutriments remis à la disposition des racines des plantes bouclant le cycle de la vie (voir cycles biogéochimiques) et (ii) de la formation de l'humus (forme de séquestration du carbone dans les sols).
Les vers de terre n'influenceraient cependant pas tous de la même manière les propriétés du sol et les processus qui en découlent. En effet, certains se nourriraient exclusivement de la litière à la surface du sol et y vivent en permanence (les épigés, du grec epi sur et gé terre), d'autres se nourriraient de la litère de surface qu'ils enfouissent dans des galeries généralement verticales (les anéciques, du grec anesis élasticité), d'autres enfin se nourriraient exclusivement de l'humus du sol qu'ils ingèrent sur leur passage, créant de vaste réseaux de galeries sans jamais remonter à la surface du sol (les endogés, du grec endo à l'interieur). Ces trois types écologiques constituraient autant de stratégies d'exploitation des ressources sélectionnées durant l'évolution des vers de terre. Les limites entre ces types ne semblent cependant pas très franches et il reste à expliquer leurs déterminismes. Dans tous les cas, cette hétérogéneité de comportement induit sans doute des influences distinctes dans leur contribution à la fertilité du sol. Dans l'ideal, les épigés, les endogés et les anéciques agiraient de concert dans la formation et le maintien de la fertilité des sols.
La prise de conscience récente de l’impact croissant des activités humaines sur les systèmes écologiques est à l’origine de nombreux travaux étudiant la relation entre la diversité du vivant et le fonctionnement global de ces systèmes (voir Ecologie). Pour les sols agricoles, certaines pratiques culturales comme le labour, l’utilisation de produits phytosanitaires (voir engrais), etc. ont pour conséquence une diminution de la diversité des vers de terre et pourraient induire une altération du fonctionnement des sols des agro-écosystèmes. Dans la perspective de la conservation et de la réhabilitation des sols, l’identification d’espèces jouant un rôle majeur (« espèces clés ») dans le sol apparaît comme un thème de recherche incontournable en écologie du sol.
Malgré une très grande quantité de recherche sur des aspects variés de l’écologie des vers de terre et de leurs comportements, des informations quantitatives sur des aspects clés telle que la formation des galeries et les activités associés manquent encore. Il est généralement assumé que le rôle fonctionnel des différentes espèces lombriciennes peut être induit à partir des caractéristiques des types écologiques auxquelles elles sont rattachées (anécique, epigée, endogée). Cependant, cette hypothèse n’a que très peu été testée expérimentalement. Les recherches sur les activités des vers de terre sont difficiles à mener du fait de la nature opaque du sol où ils vivent. Cependant, des avancés méthodologiques récentes utilisant des techniques telles que la tomographie aux rayons X (voir scanner), le radio-marquage des individus et la modélisation des activités constituent de nouvelles techniques puissantes pour appréhender les vers de terre et les réseaux de galeries qu'ils creusent sous la surface du sol.
Voir aussi
- Biodégradation
- Reproduction dans le règne animal
- pedologie
- ecologie du sol
- compost
- galeries animales
Lien externe
- http://res2.agr.ca/london/faq/tomlin02_f.htm
- http://ecobio.univ-rennes1.fr/Fiches%20perso/FBastardie/FBastardie.htm
