Loi de Moore
Il existe en fait deux lois de Moore.
- La Loi de Moore a été exprimée en 1965 par Gordon Moore, ingénieur de Fairchild Semiconductor, un des deux fondateurs d'Intel. Elle indiquait que la complexité des semiconducteurs proposés en entrée de gamme doublait tous les ans depuis 1959, date de leur invention. Cette augmentation exponentielle fut rapidement nommée Loi de Moore ou, compte-tenu de l'ajustement ultérieur, Première loi de Moore.
- En 1980, Moore énonça une seconde loi selon laquelle le nombre de transistors des microprocesseurs (et non plus de simples circuits intégrés moins complexes car formés de composants indépendants) sur une puce de silicium double tous les dix-huit mois. Même s'il ne s'agit pas d'une vraie loi physique, cette prédiction s'est révélée incroyablement exacte. Entre 1971 et 2001, la densité des transistors a doublé chaque 1,96 année. En conséquence, les machines électroniques sont devenues de moins en moins coûteuses et de plus en plus puissantes.
Cette deuxième loi est à peu près vérifiée depuis 1973, et pourrait en principe continuer encore jusqu'en 2015 avant qu'on ne bute sur des effets de bruit parasites (effets quantiques, désintégrations alpha). En 2004, ponctuellement, elle souffre un petit ralentissement dû à des difficultés de dissipation thermique, qui empêche une montée en fréquence en dépit de la taille plus faible des composants. On contourne pour le moment cette difficulté de deux façons :
- doublement sur une puce du nombre de processeurs, la fréquence restant pour sa part inchangée (Dual PowerPC en 2002, Dual IA en 2004)
- expérimentation de puces fonctionnant en mode totalement asynchrone. On s'aperçoit en effet que la simple transmission du signal d'horloge à tous les composants consomme la moitié de l'espace et de la puissance des microprocesseurs actuels.
Un autre facteur peut venir la freiner, et qui n'a cette fois-ci plus rien de physique, mais qui est d'ordre financier : il n'y a pas que la puissance des microprocesseurs qui augmente exponentiellement. Il y a aussi le coût de leurs chaînes de production, à un point tel que même des géants concurrents comme IBM et Siemens ont dû grouper leurs investissements pour arriver à suivre le mouvement. La rentabilité des générations futures de machines dépend d'un futur pour le moins incertain (beaucoup d'utilisateurs de PC, par exemple, commencent à prendre comme critère de choix prioritaire non plus la vitesse d'un PC, mais son niveau de silence) et il se pourrait que dans ces conditions ce soit une décision de financiers, et non un palier physique, qui mette fin à cette Loi de Moore.
Puces mémoires : quelques repères
(Indiqués par Gordon Bell dans son exposé « Computing laws »)
Selon la loi Moore
- 1980 : 64 K bits
- 1983 : 256 K bits
- 1985 : 1 mégabit
- 1987 : 4 mégabits
- 1990 : 16 mégabits
- 1993 : 64 mégabits
- 1996 : 256 mégabits
- 1999 : 1 gigabits
Actuellement
- 2005 : 2 gigabits
