Littérature prolétarienne
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La littérature prolétarienne est, avec la littérature populiste et le réalisme socialiste, l'un des principaux courants littéraires qui, à partir des années 20, entreprit d'envisager la littérature sous l'angle d'une sorte de défense et d'illustration du monde ouvrier.
Ce courant apparaît avec Pierre Hamp qui, en une trentaine de livres, évoque très largement les métiers les plus difficiles. Force est de constater que ses ouvrages relèvent au moins tout autant de l'ethnologie que de la littérature.
À partir de 1913, Marcel Martinet alors directeur littéraire de l'Humanité (il l'est de 1921 à 1934) rejoint les positions de Jean-Richard Bloch à la tête de l'Effort libre. Tous deux se montrent très favorables à la notion d'art prolétarien, le premier expliquant dans un article de l'Humanité (2 octobre 1921) que « l'éducation ne viendra pas au peuple d'ailleurs que du peuple ». Ensemble, ils soutiennent Henry Poulaille alors manœuvre et Tristan Rémy, employé des chemins de fer et comme eux, opposés à une littérature populiste jugée superficielle.
La question est de permettre à l'expression ouvrière d'échapper à la domination des intellectuels et aux ouvriers de se regrouper au sein d'un nouveau groupe. À ce sujet, Tristan Rémy parle en 1932 de « vie du prolétariat racontée par des auteurs qui sortent de ses rangs » ce à quoi Paul Nizan répondra que la littérature « écrite par des prolétaires, sur des prolétaires, et que lisent les prolétaires, n'est pas nécessairement révolutionnaire [...]. Il faut que Poulaille saisisse enfin que l'appartenance au prolétariat n'est pas un titre de noblesse ». Il est vrai que de toute façon ce courant littéraire (assez confidentiel tout de même) fut attaqué par les représentants d'une littérature prolétarienne nettement plus marxiste.
En novembre 1930, la Conférence de Kharkov juge très sévèrement Henry Poulaille en lançant que la France ne possède pas « le moindre embryon de littérature prolétarienne ». Dès lors ce mouvement fut en très nette perte de vitesse : Eugène Dabit, après avoir reçu le prix populiste pour Hôtel du Nord, se démarqua d'eux et Tristan Rémy s'éloigna de Poulaille en 1933 pour se rapprocher du cercle de la revue Commune versant plus volontiers dans le réalisme socialiste.
