Linéaire B

Le linéaire B était un syllabaire utilisé pour l'écriture du mycénien, une forme archaïque du grec ancien.

Il se compose de 90 signes. Les nombres sont décimaux, les poids et mesures sont d'inspiration babylonienne.

Sommaire

Corpus

Le linéaire B apparaît en Crète à Cnossos aux environs de -1375. Il y a été découvert, avec le linéaire A, en 1900 par Sir Arthur Evans sur des tablettes d'argile cuites accidentellement par un incendie. Des tablettes ont également été retrouvées à Pylos, Mycènes, Thèbes et Tirynthe. Le linéaire B se trouve également sur des vases , trouvés à Eleusis, Kreusis, Orchomène, Chania et au Menelaion. Les styles d'écriture permettent d'identifier une centaine de scribes différents à Cnossos, et une cinquantaine à Pylos.

Déchiffrement

Cette écriture fut déchiffrée en 1952 par l'architecte anglais Michael Ventris et dérive probablement du linéaire A.

Jusqu'alors, il était communément admis que le linéaire B transcrivait le minoen, dont on ne connaissait rien et non du grec. Ventris remarqua l'existence de variantes pour certains mots. La présence d'un idéogramme indiquant un genre différent lui fit supposer qu'il s'agissait de deux mots indiquant le même objet mais à un genre différent. Les différences étant faibles, il supposa une langue flexionnelle et que ces différences correspondaient à une différence de voyelle. Il construisit un tableau où les signes partageant la même consonne étaient disposés sur les horizontales et ceux ayant une voyelle commune sur les verticales. Les similitudes mises en évidence permettait de retrouver les sons de tout le syllabaire à partir d'un nombre restreint de valeurs.

Les tablettes trouvées à Pylos et celles trouvées en Crète différaient par l'existence, dans ces dernières, de groupes de signes, mis en évidence par Alice Kober. Ventris supposa qu'il s'agissait des noms de toponymes d'origine crêtoise (et non-grecs). Il identifia Cnossos (ko-no-so), son port Amnisos (a-mi-ni-so) et quelques autres. Par déduction, il fut alors possible de lire le linéaire B qui s'avéra transcrire un dialecte cypriote-grec archaïque.

Ainsi, le linéaire B transcrit une forme ancienne du grec. Par la suite, l'helléniste John Chadwick, spécialiste de l'évolution du grec, aida Michael Ventris à continuer le déchiffrement pour aboutir en 1955 à un traité sur le linéaire B.

Caractères du linéaire B

Le Linéaire B comporte près de 200 signes, divisés en signes syllabiques, ayant probablement une valeur phonétique, et en logogrammes ayant eux une valeur sémantique.

Le Linéaire B est représenté par la rangée Unicode 10000-1007F pour les syllabique et 10080-100FF pour les logogrammes.

Ci dessous, une liste des syllabiques les plus courantes avec leur prononciation supposée, reconstituée d'après le mycénien.

-a -e -i -o -u
𐀀 a 𐀁 e 𐀂 i 𐀃 o 𐀄 u
d- 𐀅 da 𐀆 de 𐀇 di 𐀈 do 𐀉 du
j- 𐀊 ja 𐀋 je 𐀍 jo 𐀎 ju
k- 𐀏 ka 𐀐 ke 𐀑 ki 𐀒 ko 𐀓 ku
m- 𐀔 ma 𐀕 me 𐀖 mi 𐀗 mo 𐀘 mu
n- 𐀙 na 𐀚 ne 𐀛 ni 𐀜 no 𐀝 nu
p- 𐀞 pa 𐀟 pe 𐀠 pi 𐀡 po 𐀢 pu
q- 𐀣 qa 𐀤 qe 𐀥 qi 𐀦 qo
r- 𐀨 ra 𐀩 re 𐀪 ri 𐀫 ro 𐀬 ru
s- 𐀭 sa 𐀮 se 𐀯 si 𐀰 so 𐀱 su
t- 𐀲 ta 𐀳 te 𐀴 ti 𐀵 to 𐀶 tu
w- 𐀷 wa 𐀸 we 𐀹 wi 𐀺 wo
z- 𐀼 za 𐀽 ze 𐀿 zo

Divers

See also: Linéaire B, 1900, 1952, Architecture, Argile, Babylone, Cnossos, Consonne, Crète, Eleusis