Suaire de Turin
Le suaire de Turin, linceul de Turin ou drap de Lirey, considéré comme étant le Saint-Suaire ayant enveloppé le corps du Christ, est une toile de lin apparue au Moyen Âge en 1357 à Lirey en Champagne.
Il comporte des traces qui présentent l'effigie d'un corps humain, apparaissant sur le négatif d'une photographie. Des datations au carbone 14 auraient montré qu'il s'agirait d'un faux fabriqué au Moyen Âge ; des critiques se sont élevées contre le protocole de datation, mais la plupart des spécialistes de la datation au carbone 14 ne le remettent pas en cause.
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1.1 Apparition en Champagne |
Histoire du suaire
Ce chapitre traite de l'histoire d'un objet, le drap dit de Lirey, actuellement conservé à Turin et considéré par certains comme étant l'authentique Saint-Suaire. Cette histoire ne conserve que les éléments avérés, c'est-à-dire qu'elle exclut les événements intervenus entre sa fabrication et son apparition en 1357 à Lirey, en Champagne.
Apparition en Champagne
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Le linceul apparaît en Champagne en 1357 à Lirey, où il fait l'objet d'ostentations sous l'autorité de sa propriétaire, veuve du chevalier Geoffroy Ier de Charny. Aucune pièce positive ne permet de dater l'acquisition de ce linceul. La possession de cette relique a toutefois marqué la famille de Charny, puisqu'elle ajouta à ses armes un pèlerin et une image du Saint-Suaire. L'hypothèse principalement avancée est celle-ci : Othon de la Roche, croisé de la quatrième croisade, l'aurait volé au duc d'Athènes entre 1204 et 1208, et envoyé à son père en 1208. Son père vivant près de Besançon, cette théorie explique l'origine de deux Saint-Suaires (voir Saint-Suaire de Besançon). L'arrière-petite-fille d'Othon de la Roche, Jeanne de Vergy, épouse Geoffroy de Charny en 1340, et fait ainsi passer le Suaire dans la famille de Charny. Marguerite de Charny, petite-fille de Geoffroy de Charny, affirme en 1443 quant à elle que c'est son grand-père qui l'a conquis à Athènes lors d'un de ses voyages.
Cependant, Geoffroy de Charny a écrit en avril 1349 au pape Clément VI pour l'informer de la construction de l'église Sainte-Marie de Lirey, en remerciement à la Sainte-Trinité à laquelle il attribuait la réussite de son évasion des geôles anglaises. Il ne fait pas mention d'une relique. L'église collégiale est achevée en 1353, et Geoffroy de Charny meurt à la bataille de Poitiers (16 septembre 1356).
Les ostentations de ce linceul advenu à la famille de Charny entre 1349 et 1356 durent jusqu'en 1370. À cette date, l'évêque de Troyes Henri de Poitiers interdit les ostentations, considérant que le Linceul doit être faux, les évangiles n'en faisant pas mention.
Le Suaire en Champagne
Jeanne de Vergy, veuve de Geoffroy de Charny, a épousé en secondes noces Aymon de Genève, oncle du pape Clément VII, qui l'autorise à reprendre les ostentations en 1389. L'évêque de Troyes Pierre d'Arcis ordonne alors l'arrêt de ces ostentations, et écrit alors au pape pour lui faire part des découvertes de son prédécesseur. Celui-ci avait découvert que le linge avait été peint afin d'attirer les foules et d'en tirer bénéfice. Il affirme même avoir retrouvé le peintre.
Le clergé de Lirey refuse d'obéir à son évêque, et en appelle au pape, qui tranche par la bulle du 6 janvier 1390 :
- « Enfin celui qui fera l'ostentation devra avertir le peuple au moment de la plus forte affluence et dire à haute et intelligible voix, toute fraude cessant, que ladite figure ou représentation n'est pas le vrai Linceul de Notre-Seigneur, mais qu'elle n'est qu'une peinture ou un tableau du Linceul »
Moyennant quoi, le culte de la relique peut continuer. Cependant, craignant pour la conservation du linceul (les Grandes compagnies ravagent la France), les chanoines de Lirey, qui ont hérité de la relique, la confient à Marguerite de Charny, petite-fille de Geoffroy de Charny.
Errances du Suaire au XVe siècle
En 1418, Humbert de Villersexel, comte de la Roche, déplaça le linceul dans son château de Montfort pour le protéger des bandes de pillards, après son mariage avec Marguerite de Charny. Il le déplaça ensuite à Saint-Hippolyte-sur-Doubs, un autre de ses fiefs. À la mort d'Humbert de Villersexel, les chanoines de Lirey se pourvurent en justice pour forcer son épouse à restituer la relique, mais le parlement de Dole et la cour de Besançon donnèrent raison à Marguerite de Charny, qui voyagea dans différents endroits avec le Linceul, notamment à Liège et à Genève.
En 1453, elle vend la relique à Anne de Lusignan, épouse du duc Louis Ier de Savoie, contre le château de Varambon. Le Linceul est dès lors conservé dans une nouvelle église, la Sainte-Chapelle de Chambéry, élevée à la dignité de collégiale par le pape Paul II. En 1464, le duc accepte de verser une rente aux chanoines de Lirey contre l'abandon des poursuites. Après 1471, le Linceul est fréquemment déplacé, à Verceil, Turin, Ivrée, Suse, Chambéry, Avigliano, Rivoli et Pignerol. Une description est donnée par deux sacristains de la Sainte-Chapelle, dans l'inventaire du 6 juin 1483 : enveloppé dans un drap de soie rouge, et conservé dans un coffre de velours cramoisi, orné d'incrustation d'argent, et fermé par une clef d'or.
Du XVIe siècle au XXe siècle
En 1532 le Saint Suaire fut pris dans un incendie, à Chambéry, dans la Sainte Chapelle où il était déposé. On le retira du feu alors que le coffre d'argent danslequel il reposait commençait à fondre. Le linceul était alors plié en 48 épaisseurs, et fut brûlé à certains endroits. Là où le tissu était troué, les Clarisses, en 1534, cousurent des pièces d'aspect plus ou moins triangulaires (en blanc sur les photos positives, en noir sur les négatives).
Depuis 1578, il était à Turin, où les Ducs de Savoie ont transféré leur capitale en 1562. Le dernier roi d'Italie, Humbert en fit don au Pape en 1983.
En 1997, il est sauvé d'un incendie qui ravage la cathédrale de Turin.
il y eu également des études sur le Suaire (voir plus bas) au XXième siècle
Description
Le linceul de Turin est une pièce de lin, tissée en chevrons, de 4,41 m de haut sur 1,13 à 1,125 m de large, après la restauration de 2002. Diverses pièces de raccommodage ont été ajoutées au XVIe siècle, et sont visibles à l'œil nu.
Étude
L'étude scientifique du suaire de Turin remonte au XXe siècle.
Effectivement, au Moyen Âge, il ne serait venu à personne l'idée de prétendre qu'il était authentique. Les « faux suaires » étaient légion, leur ostension étaient une pratique courante et admise.
Au cours du XXe siècle, deux équipes de scientifiques ont pu étudier le suaire. La première a travaillé à la fin des années 1970 (vers 1978) et a pu effectuer des prélèvements directement sur le suaire lors d'une ostension organisée à Turin cette année-là.
Un faux médiéval ?
L'étude de l'empreinte a été confiée au chimiste Walter Mac Crone, l'un des plus célèbres spécialistes du faux en art, celui qui a prouvé que la fameuse « carte du Vinland » était un faux. Arrivé sans préjugé, croyant même plutôt à la nature mystérieuse de l'empreinte, ses travaux ont révélé sans aucune ambiguïté sa vraie nature : un simple dessin, dont il a analysé facilement les composants, ainsi que ceux du prétendu sang dont le suaire aurait été imprégné qui s'avère être du simple vermillon. D'autres l'ont pourtant identifiée comme sang du type AB-', type de groupe sanguin' très rare. La couleur n'existe pas comme on peut le démontrer.
Il n'existe aucune trace du geste du peintre : le pinceau laisse en effet des traces orientées produites par les poils du pinceau. Ceci est explicable par l'aspersion du corps d'un homme au moyen d'un colorant.
Datation au carbone 14
Mais cela n'interdisait pas au suaire d'être celui du Christ, malgré les évidences historiques. C'est pourquoi, quelques années plus tard, l'évêque de Turin, Mgr Balestrero demande que la datation au carbone 14 du tissu lui-même soit effectuée. Cette datation (1280-1380), réalisée en double aveugle par différents laboratoires, a indiqué un âge du tissu correspondant parfaitement à l'époque à laquelle ce suaire fait son apparition dans l'histoire à Lirey, entre 1280 et 1380.
Le résultat de l'étude est annoncé par Mgr Balestrero lui-même lors d'une conférence de presse à Turin, dans laquelle il reconnaissait officiellement en 1988 que le linge conservé à Turin n'est qu'une merveilleuse icône. Ces résultats sont publiés dans la revue Nature. Aucun professionnel du carbone 14 ne les a remis en cause.
Tout les témoins présents (ecclésiastiques, scientifiques extérieurs aux équipes de datation) confirment que les échantillons ont été pris sur le bas du suaire, en-dehors des zones ravaudées au XVIe siècles visibles à l'œil nu.
Autres études scientifiques
Diverses études de palynologie (Walter Mac Crone, Avinoam Danin de l'université de Jérusalem en 1989) confirment la présence de 58 espèces de pollen sur le linceul, parmi lesquelles 28 fleurissent au printemps entre Jérusalem et Jéricho. Les autres pollens proviennent de Champagne, de Belgique, d'Italie, du Bosphore, d'Anatolie (Turquie) et de Grèce.
Le modèle et la taille de tissage du linceul sont conformes à la façon syrienne de tisser du Ier siècle.
Certains affirement également que le fait que le Suaire fut pris dans un incendie en 1532 a trop exposé le suaire aux fumées présentes et a donc changé la proportion de carbone, donc de carbone 14. D'autres font remarquer que les extrémités d'un tissu sont les parties les plus manipulées, parfois légèrement rapiécées et, en tous cas, les plus exposées au monde, ce qui change leur composition.
Des considérations comme celles-ci font que beaucoup doutent de la fiabilité du test au carbone 14 dans ce cas.
Autres considérations techniques
L'image formée sur le linceul est celle d'un homme athlétique mesurant 178 à 180 cm de haut, barbu et aux cheveux nattés. Outre l'hypothèse de l'aspersion au moyen d'un colorant (ocre ou vermillon), elle a pu être formée par une suée constituée de sang, ce qui arrive quand un homme est soumis à un stress violent et important, tel que celui provoqué par la torture. Le corps porte la trace de flagellations et d'un coup porté par une arme blanche entre la cinquième et la sixième côte. Cette trace ne permet pas de savoir comment ni avec quelle arme ce coup a été porté.
Les yeux sont en forme de disque, et ont pu être recouverts de pièces portant une inscription grecque, avec une faute d'orthographe (un faux numismate) et représentant une chouette (comme les monnaies d'Athènes).
Voir aussi
Bibliographie
- La datation au carbone 14 est publiée dans Nature, volume 337, du 16 février 1989, p. 611-615. L'article publie les résultats des trois laboratoires (Tucson, Zurich, Oxford), effectués sous le contrôle du British Museum, qui a par ailleurs réalisé les calculs statistiques.
Liens externes
- La sindonologie, domaine de la science confessionnelle dont les recherches visent à démontrer l'authenticité du linceul
- Cercle zététique
- Site de la Vie protestante
- L'Université de Nice donne son avis
- Le drap de Lirey sur le site de l'église réformée de Mulhouse
- Sciences actualités (revue de la Cité des sciences)
- Information signifiant (en anglais)
- Étude de Jean-Michel Maldamé o.p. (publiée par des Dominicains de la province de France)
- Site défendant l'authenticité
- Site expliquant l'authenticité du Saint Suaire - études de fr Bruno Bonet-Aymar - Contre Réforme catholique - www.crc-resurrection.org divers études sous différents angles - histoire (avant Lirey) - sciences - carbone 14 - exégèse - mystique
- la copie du linceul par la NASA [1]
