Ligue catholique

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La Ligue catholique ou Sainte Ligue s’est formée, dans le Royaume de France, en réaction à l’Édit de Beaulieu (6 mai 1576) jugé trop favorable aux protestants. Les confréries du Saint- Esprit et autres ligues s’unirent alors « au nom de la Sainte Trinité pour restaurer et défendre la Sainte Eglise catholique, romaine et apostolique ». Dans un premiers temps, les ligueurs se voulurent de bons et loyaux sujets du roi de France Henri III du moment que ce dernier défende avec opiniâtreté l’Église catholique.

Dès novembre, le duc Henri Ier de Guise organise la Ligue à Paris et ne tarde pas à en prendre la tête. Dangereux pour la couronne, le roi veut l’écarter de la capitale mais ce dernier outrepasse les ordres et la ville ne tarde pas à se hérisser de barricades (journée des Barricades du 12 mai 1588). Entre-temps, le roi d’Espagne Philippe II apporta son soutien financier à la Ligue dès 1582, y voyant sans aucun doute le double moyen d’affermir la catholicité et d’affaiblir le roi de France, son rival sur la scène européenne.

Après l’assassinat du duc de Guise à l’occasion des États généraux de Blois (23 décembre 1588) par les séides d’Henri III (celui-ci avait du céder devant les exigences de la Ligue, c’est-à-dire signer l’Édit d'Union contre les hérétiques protestants et livrer la ville de Boulogne aux Ligueurs pour que ces derniers puissent y recevoir les Espagnols); toutes les provinces tenues par la Ligue (essentiellement la Lorraine, fief des Guises; la Champagne,le Sud, la Bourgogne, la Bretagne, la Normandie tenue par Mercœur, un ligueur farouche et la région de Paris) se soulèvent contre le «tyran» Henri III qui assiège Paris mais est assassiné le 2 août 1589 par Jacques Clément, un Ligueur dominicain.

La Ligue opposa une résistance acharnée au huguenot Henri de Navarre, roi légitime, à qui elle préfère un oncle éloigné, le cardinal Charles de Bourbon aussitôt appelé « Charles X » (il meurt en prison en 1590...). Ecrasée à la bataille d’Ivry le 14 mars 1590, éprouvée par deux sièges successifs de la capitale (où la Ligue fit régner la terreur par l’intermédiaire des Seize échevins — qui exécutèrent le président du Parlement de Paris, Brisson — tout en organisant de spectaculaires processions), la Ligue ne désarma pourtant qu’au moment au Henri IV abjura sa foi protestante et retourne au catholicisme. Il est sacré roi à Chartres le 27 février 1594 et sa victoire de Fontaines françaises en Bourgogne le 5 juin 1595 sur les derniers ligueurs (menés par Charles de Guise, duc de Mayenne, frère d’Henri Ier de Guise) épaulés par les espagnols signe la fin définitive de la Ligue, un des plus grands dangers que connut la monarchie française avant l’avènement de l’absolutisme.

See also: Ligue catholique, 12 mai, 14 mars, 1576, 1582, 1588, 1589