Ligne Maginot

Cet article fait partie de la série
Histoire militaire
Événements
Guerres
Batailles - Sièges
Unités militaires
Unités militaires
Division militaire
Armées nationales
Armées anciennes
Personnages
Stratèges - Chefs militaires
Armée de Terre - Marine
Armée de l'air
Matériels
Arme - Avions militaires
Places fortes - Château-fort
Ordres et médailles
Médailles
Ordres honorifiques
Ordres militaires
Méta
Le projet Histoire-Militaire
Articles existants

La ligne Maginot est une ligne de fortifications et de défense construite par la France le long de ses frontières avec l'Allemagne et l'Italie, durant l'entre-deux-guerres. (Le terme ligne Maginot désigne parfois le système entier, mais souvent uniquement les défenses contre l'Allemagne. Les défenses contre l'Italie sont également appelées ligne Alpine.)

Sommaire

Origines, projets et construction

Conséquences de la Première Guerre Mondiale

La Première Guerre Mondiale, qui s'achève, pour la France, le 11 novembre 1918, laisse derrière elle un pays détruit, exsangue, essoufflé qui vient de vivre la guerre la plus dévastatrice de son histoire et qui souhaite plus que tout éviter un nouveau conflit. La conception de la Ligne Maginot au cours des années 20, puis sa réalisation au cours des années 30 découlent directement de ce conflit. En effet, la guerre a aggravé la situation démographique de la France, qui se trouve ainsi lourdement défavorisée face à l'Allemagne : en cas de nouvelle guerre, il est nécessaire d'économiser au maximum le précieux "sang français" exalté par les nationalistes dans l'entre-deux-guerres. De plus, la France a subi d'immenses destructions qui ont affecté de grandes villes, des terroirs agricoles fertiles, des axes de cmmunication majeurs et des bassins industriels de première importance; pour éviter cela, il est nécessaire, en cas de guerre, de repousser immédiatement toute incursion ennemie et de garantir l'intégrité du territoire national.

La Première Guerre Mondiale va également entraîner une mdification radicale de la stratégie française : plus question de "l'offensive à outrance" de 1914 et de la guerre de mouvement ; la prochaine guerre sera une guerre de position, selon le Haut-Commandemen français. De plus l'expérience de la guerre a montré qu'un front continu, où chaque pouce de terrain est battu par de l'artillerie et des mitrailleuses est imprenable.

La Première Guerre Mondiale va également remettre totalement en cause le système fortifié français existant, les forts Séré de Rivières, construits dans les années 1880 pour protéger les frontières de l'est sans défense après l'annexion par l'Allemagne de l'Alsace et de la Lorraine. Ces forts, outre leur armement à présent totalement obsloète, sont désormais trop loin de la nouvelle frontière, après le retour des provinces perdues à la France.

Buts de la Ligne Maginot

Les nouvelles fortifications vont ainsi se voir assigner de nombreux buts en cas de guerre :

- Economiser les troupes et compenser les classes creuses causées par la Première Guerre Mondiale

- Empêcher une attaque surprise venant de l'Allemagne et permettre la mobilisation à l'abri de l'armée française

- Protéger les bassins industriels et les mines d'Alsace et de Lorraine

- Servir de base à une éventuelle contre-attaque

- Dissuader une attaque ennemie pour pousser les Allemands à passer par la Belgique ou par la Suisse : en effet, contrairement à une idée trop largement répandue, personne n'a été surpris par le fait que les Allemands cherchent à contourner la Ligne Maginot en passant par la Belgique, car tous les généraux français avaient vécu la Première Guerre Mondiale et savaient que les Allemands étaient déjà passés par la Belgique en 1914 à cause des fortifications françaises

Projets et construction

Les premiers projets de la Ligne Maginot vont voir le jour peu après la fin de la Première Guerre Mondiale, avec la création de la Commission de Défense des Frontières (C.D.F.) en 1922. C'est elle, sous l'égide du maréchal Pétain, qui va établir les premiers plans. Cet organisme est dissous en 1927 pour laisser la place à la Commission d'Organisation des Régions Fortifiées (C.O.R.F.), organisme qui sera le véritable artisan de la Ligne Maginot. Les travaux commencent en 1928, non pas face à l'Allemagne mais face à l'Italie, car le fascisme italien est à l'époque plus menaçant que la république de Weimar allemande. De nombreux chantiers sont ouvets au cours de l'année 1929 dans les Alpes mais aussi dans le Nord-Est. Les crédits alloués à la construction des fortifications sont votés par le Sénat le 14 janvier 1930. A la tribune se tient André Maginot, ministre de la Guerre, ancien combattant grièvement blessé en 1914, l'un des plus fervents défenseurs de la fortification des frontières. C'est ainsi que, dans la mémoire collective, la ligne fortifiée reste associée au nom de cet homme. Les premiers crédits s'élèvent à 2,9 milliards de francs de l'époque (soit 1,7 milliard d'euros). Au total, la Ligne Maginot coûtera plus de 5 milliards de francs, ce qui ne représente pas une dépense particulièrement importante dans un budget de l'Etat, surtout que, du fait de la crise économique et de l'inflation constante, les dépenses seront compressées au maximum, ce qui se ressentira sur la qualité des réalisations. La construction bat son plein jusqu'en 1933, date à laquelle le gros-oeuvre est terminé. En 1934, une nouvelle série de chantiers s'ouvre dans le Nord-Est dans la Sarre et autour de Montmédy face à la Belgique. En 1935, la C.O.R.F. est dissoute et ses compétences sont transmises aux commandants d'armée locaux. En 1936, on peut cnsidérer que la Ligne Maginot est terminée. Dans les années qui suivent, les Services Techniques du Génie (S.T.G.) et la Main d'Œuvre Militaire (M.O.M.) construisent des milliers de blockhaus tout le long de la frontière, au-delà même des "anciens fronts" bâtis par la C.O.R.F., cette campagne de construction se poursuivra jusqu'en 1940 et témoigne d'un changement de doctrine dans l'utilisation de la Ligne Maginot, puisque, conçue à l'origine comme uniquement un moyen d'arrêter une offensive brusque de faible envergure, elle est à présent considérée comme une muraille de béton infranchissable capable de retenir des armées entières, ce qui n'est pas son but originel.

Organisation

Organisation générale

Organisation en profondeur

Mais la Ligne Maginot est surtout un dispositif extrêmement complexe qui s'échelonne sur différents niveaux depuis la frontière.

Organisation interne des ouvrages

Situation en 1939

La Ligne Maginot en action

Avant 1940

1940 : l'expérience de la guerre

De 1940 à nos jours

La ligne n'évita pas l'effondrement de la France au debut de la Seconde Guerre mondiale en 1940, dans la mesure où les divisions allemandes la contourneront en attaquant dans la région de Sedan, au-delà de son extrémité ouest. Les armées alliées furent ainsi coupées en deux. Une partie de l'armée française, les troupes anglaises et belges ont été encerclées et repoussées vers les plages de Dunkerque où les Anglais parviendront à envoyer des centaines de bateaux pour réembarquer les soldats pris au piège, dans le cadre de l'Opération Dynamo. Les armées de l'Est, troupes d'intervalles et régiments massés derrière la ligne, ont été prises en tenailles entre la frontière allemande et les divisions mécanisées allemandes qui avaient atteint la frontière suisse.

La Ligne Maginot ne se poursuit pas jusqu'à la mer du Nord, mais s'arrête à Montmédy, face à la frontière belge. En effet, sa construction a eu lieu dans le cadre d'une coopération militaire franco-belge qui assurait la complémentarité des systèmes défensifs des deux pays face à l'Allemagne. Malheureusement, les Belges mirent fin à cette coopération en se déclarant neutres en 1936. Cette rupture contraignit les Français à adopter une stratégie hasradeuse qui consistait à traverser la Belgique dès l'invasion allemande, ce qui se soldera par un cuisant échec en mai 1940.

Aux lendemains de la Grande Guerre, à cause de l'hécatombe des premiers mois de l'offensive allemande en 1914, de la guerre de position dans les tranchées, des destructions infligées aux villes et aux bassins industriels et des sentiments pacifistes dans la population française, l'état-major français décida pour la « prochaine guerre » contre l'Allemagne qu'il fallait passer d'une stratégie offensive à une stratégie défensive. La ligne Maginot s'arrêtait donc à la lisière des Ardennes que certains experts comme le maréchal Pétain, héros de Verdun, jugeait « impénétrables » (1934) aux troupes mécanisées, au même titre que la Meuse et le canal Albert en Belgique. C'est ainsi que se développa un sentiment de sécurité avec la ligne Maginot, pratiquement chaque Français était persuadé d'être à l'abri de toute agression allemande. En réalité, la Ligne Maginot n'avait pas été conçu pour servir de rempart inexpugnable et invincible, mais uniquement pour retenir une offensive allemande brutale le temps de procéder à la mobilisation générale dans de bonnes conditions. Malheureusement, en 1940, le Haut-Commandement l'utilisa en dépit du bon sens, et ceci a sa part de responsabilité dans le désastre de la campagne de France.

Ainsi, rassuré par cet immense dispositif et englué dans une doctrine inadaptée à la guerre moderne déclenchée par Hitler, le Haut-Commandement négligea de constituer une force d'attaque mobile en regroupant les blindés en groupes puissants, à l'instar des Panzerivisionen de la Wehrmacht. Cet état de fait est aggravé par la crise politique que traverse la IIIème République sclérosée, affaiblie et contrainte à l'inaction face aux coups de force hitlériens. Lorsqu'elle est poussée à déclarer la guerre à l'Allemagne, elle continue à se voiler la face et à refuser la réalité, réalité qui se rappellera brusquement à elle le 10 mai 1940, lorsque l'offensive allemande se déclenche. Dans le chaos qui règne ensuite dans l'armée française, la Ligne Maginot occupe une place à part, puisqu'elle résistera, souvent victorieusement, alors que derrière elle, le pays tout entier s'effondre : le 14 juin 1940, jour de la prise de Paris par la Wehrmacht, les défenseurs des fortifications de la Sarre infligent une sévère défaite aux Allemands, malgré des conditions très difficiles. Lors de la signature de l'armistice franco-allemand du 22 juin 1940, la quasi-totalité de la Ligne résiste encore, et ce n'est qu'une semaine plus tard, le 1er juillet, que les équipages de la Ligne, invaincus, doivent partir en captivité en Allemagne.

L'histoire de la Ligne Maginot ne s'arrête pas là, puisque les Allemands se serviront des installations souterraines pour abriter des usines de guerre. Elle permettra également aux Allemands, en 1944-1945, d'infliger plusieurs revers aux Américains en train de libérer la France. Après la guerre, l'armée française réinvestit la Ligne, la restaure et la modernise, dans le cadre de l'OTAN, face à la menace soviétique. Cependant, à partir de 1961, l'armée abandonne peu à peu les ouvrages qui sont généralement vandalisés et pillés. Heureusement, aujourd'hui, plusieurs associations ont pris en charge certains ouvrages, les ont restaurés et ainsi ouvert au public un pan de l'histoire française aujourd'hui encore largement méconnu.

Voir aussi

Liens externes

See also: Ligne Maginot, 1914, 1934, 1940, Allemagne, Alpes, Ardennes, Arme, Armée de Terre