Levantin

Les levantins sont des chrétiens d'Orient.

« Ils étaient connus pour être diplomates, habiles en affaires. Ils avaient le sens de la parole donnée. Ils pouvaient se prêter jusqu'à des millions entre eux sans jamais signer le moindre papier. Tout reposait sur la confiance », affirmera Onnik Jamgocyan, auteur d'une thèse sur les banquiers levantins. Un quotidien turc, moins nuancé affirmera qu'« ils étaient membres d'un microcosme fermé sur lui-même, ne faisant jamais l'effort de s'intégrer à la société où ils vivaient (…). Grâce au passeport de leur patrie où ils ne mettaient jamais les pieds ils se comportaient avec la plus grande arrogance, en maîtres de nos ports ».

Smyrne et la communauté francophile des « levantins »

Édouard Balladur, ancien Premier ministre français est issu de cette communauté smyrniote. Dans son clan, on parle français et on ne se marie qu'entre catholiques (même si le conjoint est étranger). Le vicaire général de l'archevêché de Smyrne fut Dom Emmanuel Balladur, disparu en 1847. Pierre Balladur, père d'Édouard, sera ainsi l'un des directeurs, à Constantinople, de la Banque Ottomane, devenue aujourd'hui un trust international, mais qui gère alors les capitaux des puissances occidentales, et de leurs entrepreneurs en Orient. L'établissement, disparu une première fois, puis remonté sur ses bases a été fondé par quelques familles levantines (dont les Glavany, dont est issu Jean Glavany, ancien ministre).

À Smyrne, du moins de 1900 à 1905, il n'y avait pas que des Levantins de souche. Ainsi, Augustin Gindorff, ingénieur des mines, était Belge et catholique. Il a été durant les années susdites directeur de la Compagnie Ottomane des Eaux à Smyrne.


En 1996, on évalue à environ 200 personnes le nombe de Smyrniotes francophiles, qui le plus souvent bénéficient de la double nationalité. Deux lycées turcs assurent des cours entièrement francophones. À Smyrne, il ne subsiste que quelques rares et vieilles pittoresques demeures levantines, l'église du quartier Arménien, Sainte-Hélène. Il reste aussi quelques mots, pour désigner la corniche qui surplombe la mer, on dit le « cordon », et non un mot turc.

See also: Levantin, 1847, 1996, Constantinople, Jean Glavany, Smyrne, Édouard Balladur, Glavany, Banque Ottomane, Emmanuel Balladur