Les Dionysiaques
Les Dionysiaques (en grec ancien Διονυσιακά / Dionusiaka) de l’Égyptien Nonnos de Panopolis sont un poème en hexamètres dactyliques, composé probablement entre 450 et 470, faisant l'éloge du dieu Dionysos.
Composition
Les Dionysiaques comprennent deux fois 24 chants, allusion évidente à Homère puisque L'Iliade et L'Odyssée comportent 24 chants depuis l’époque hellénistique).
La composition du poème suit les règles édictées par le rhéteur Ménandre de Laodicée (fin du IIIe siècle) pour l’éloge d’un souverain :
- chants I à IV : évocation de la patrie de Dionysos et de ses ancêtres (légende de Cadmos) ;
- chant V : légende de Zagreus, le premier Dionysos mystique, dont Bacchus est la réincarnation (légende égyptienne inspirée par le mythe d’Osiris) ;
- chante VI à VIII : naissance de Dionysos ;
- chants IX à XII : enfance du dieu ;
- chants XIII à XL : guerre des Indes ;
- chants XLI à XLVIII : retour du dieu, union avec Aura d’où nait Iacchos, le troisième Dionysos.
Style
Tout en reprenant l’hexamètre dactylique, vers classique de l’épopée homérique, Nannos obéit aux règles de versification édictées par le poète Callimaque de Cyrène (IIIe siècle av. J.-C.). En outre, il s’appuie sur la prononciation contemporaine du grec : l’accent d’intensité s’est susbstitué à l’accent de hauteur.
Comme Quintus de Smyrne dans sa Suite d'Homère, Nonnos n’hésite pas à introduire des vers, voire des épisodes entiers plusieurs fois dans son œuvre. De même, il se plaît à varier les motifs et les styles, se justifiant par la nature protéiforme du dieu qu’il chante.
Bibliographie
- Pierre Chuvin, « Mythologie et géographie dionysiaque. Recherches sur l’œuvre de Nonnos de Panopolis », Gnomon, 68 (1996), pp. 295-299.
- Suzanne Saïd, Monique Trédé et Alain Le Boulluec, Histoire de la littérature grecque, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », Paris, 1997
