Léon Dehon
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Léon Dehon (1843-1925), chanoine social et antijudaïque, est le fondateur de la Société des prêtres du Sacré-cœur de Jésus.
Catholique social intransigeant, Dehon voyait dans le libéralisme, principalement économique, «un grand danger pour la société mais aussi pour l'Eglise». A ses yeux, il ne pouvait qu'engendrer la misère, des injustices et des déchéances de toutes sortes dans les classes laborieuses. «Pour Dehon, il ne suffit pas de lutter par la charité contre les effets ravageurs des pratiques économiques du capitalisme; il faut aussi en dénoncer les causes pour changer en profondeur la configuration sociale».Le fondateur des Prêtres du Sacré-Coeur prônait à partir de là de s'en prendre, sans mesure aux «deux agents puissants du malaise social que sont la franc-maçonnerie et le judaïsme».
La problématique de Dehon se veut essentiellement économique et sociale et en rien raciale ou même religieuse.
Mais voilà, l'homme a succombé aux clichés et préjugés portant sur une certaine puissance juive, notamment financière qui était largement surfaite.
Pire, s'il faut se garder de tout anachronisme et ne pas juger un homme du XIXe siècle selon les normes de notre époque, l'antijudaïsme réel de Dehon est ce que l'on pourrait appeler un détour douteux pour instaurer une société juste et démocratique selon les «valeurs évangéliques.
Si l'on s'en tenait à cette analyse, un certain doute subsisterait toujours. Encore que son antijudaïsme anticapitaliste n'était pas l'apanage des seuls «démocrates-chrétiens».
Malgré tout ce que l'on peut reprocher à Léon Dehon, celui-ci n'a jamais franchi les limites de l'antisémitisme.
L'écclésiastique rendit même hommage au peuple juif, «un peuple providentiel à qui Dieu réserve une grande mission dans les derniers temps du monde»... Ensuite, Dehon s'était démarqué de Pie IX en personne en écrivant dans une de ses conférences que «les enfants juifs ne doivent pas être contraints au baptême car ce serait contraire à la loi naturelle». Une allusion claire aux affaires Mortara ou Coen où des enfants juifs furent baptisés contre leur gré.
Léon Dehon fut dans les premiers à condamner sans équivoque les positions de l'Action française.
C'est sur son insistance personnelle que l'organisation sera condamnée par la congrégation romaine de l'Index...
En résumé et pour finir, Dehon professa certes un antijudaïsme mais il était «contrasté et modéré par rapport à son époque».
