Charles Marie René Leconte de Lisle
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Charles Marie René Leconte de Lisle (22 octobre 1818 à Saint-Paul (Réunion) - 17 juillet 1894, Voisins-le-Bretonneux (et non Louveciennes)) fut un poète parnassien.
Sa vie
Son père, chirurgien militaire, le fait voyager avec lui dans ses tournées dans l'océan Indien (il est influencé par l'Inde ancienne) pour le préparer à une carrière commerciale. Il étudie les langues notamment le grec, l'italien, l'histoire et le droit à Rennes en 1837, mais abandonne très vite tout celà au bout de quatre pour se consacrer à sa passion, la poésie ; dès lors, sa famille lui coupe les vivres. Il dénonce l'esclavage bien que ce soit une importante source de revenu pour les siens. En 1846 il s'installe à Paris où il fréquente les phalanstériens.
Partisan du mouvement révolutionnaire de 1848, il milite pour les idées socialistes et contre l'esclavage. Mais vite déçu par le gouvernement provisoire, il collabore épisodiquement en 1849 à la Réforme de Lamennais.
Battu aux élections de 1848, il vécut longtemps de leçons particulières, de travaux non signés, de traductions, d'emprunts, de quelques prix et subsides avant de recevoir une pension sous l'Empire lui permettant de subvenir aux besoins de sa mère et de ses sœurs qui se sont installées dans son appartement, puis d'être nommé bibliothécaire adjoint au Sénat sous la IIIe République. En 1887, il succède à l'Académie française au fauteuil de Victor Hugo, dont il avait été jadis l'un des protégés.
Trois recueils parnassiens au pessimisme latent et au style classique dominent : les « Poèmes antiques » (1852), les « Poèmes barbares » (1862) et les « Poèmes tragiques » (1884). L’énergie passionnelle, l’interprétation symbolique de la nature, le goût de la couleur et de l’exotisme, la liberté dans la fantaisie le relie au romantisme.
Considéré comme l'un des poètes français les plus importants du XIXe siècle, ses Poèmes antiques (1852) et leur préface (également admirée de Victor Hugo) ouvrèrent une influence qui durera plus de trente ans, mouvement littéraire nommé le Parnasse où « l'Art pour l'Art » s'y affirme, non contre tout le romantisme mais contre le romantisme fantaisiste et stérile des Jeunes-France. Il fut d'ailleurs surnommé comme le « Maître du Parnasse »
Il fit également publier de 1861 à 1885 de nombreuses traductions des auteurs grecs antiques.
En 1886, Leconte de Lisle succède à l'Académie française au fauteuil de Victor Hugo dont il avait été l'un des disciples.
Ses œuvres :
- Poèmes antiques (précédés d'une Préface), 1852.
- Poèmes et Poésies, 1855.
- Le Chemin de la Croix, 1856.
- Poésies complètes, 1858.
- Idylles et Odes anacréontiques (traduction de Théocrite), 1861.
- Poésies barbares, 1862.
- Le Parnasse contemporain (ouvrage collectif, recueil de vers nouveaux, 1er volume), 1866.
- L'Illiade (traduction d'Homère), 1866.
- L'Odysée (traduction d'Homère), 1867.
- Hymnes homériques (traduction), 1868.
- Hymnes orphiques (traduction d'Hésiode), 1869.
- Catéchisme populaire républicain, 1870.
- Le Parnasse contemporain (2ème volume), 1871.
- Histoire populaire de la Révolution française, 1871.
- Le Sacre de Paris, 1871.
- Le Soir d'une bataille, 1871.
- Histoire populaire du christianisme, 1871.
- Poèmes barbares (nouvelle édition augmentée des Poésies barbares), 1872.
- Traduction des Œuvres complètes d'Eschyle, 1872.
- Traduction des Œuvres d'Horace, 1873.
- Les Erynnies (drame, d'après Eschyle), 1873.
- Histoire du Moyen Âge, 1876.
- Le Parnasse contemporain (3ème volume), 1876.
- Poèmes tragiques, 1876.
- Les Éolides (poème sympohnique de César Franck, d'après Leconte de Lisle), 1876.
- Traduction des Œuvres complètes de Sophocle, 1877.
- Traduction des Œuvres complètes d'Euripide, 1885.
- L'Apollonide (drame, d'après Euripide), 1888.
- Derniers Poèmes, posthume, 1895.
- Poètes contemporains (études sur Béranger, Lamartine, Hugo, Vigny, Barbier), posthume, 1895.
- Contes en prose, posthume, 1910.
