Le Procès

Image manquante
Logo_litt.jpg


Série : Littérature
Littérature francophone

Écrivains - Livres

Histoire littéraire

Antiquité - Moyen Âge
XVIe s. - XVIIe s.
XVIIIe s. - XIXe s.
XXe s. - XXIe s.

Formes littéraires

Conte
Nouvelle - Roman
Poésie - Théâtre

Genres littéraires

Biographie - Fantastique
Roman noir - Polar
Science-fiction
BD - Jeunesse
Expérimental - Nouveau roman

Voir aussi

Litt. non francophone
Courants littéraires
Prix littéraires
Écriture

Méta

Le projet littérature
Portail Littérature

Le Procès (en allemand Der Prozeß) est un roman de l'écrivain de langue allemande Franz Kafka. Il relate les mésaventures de Joseph K., qui se réveille un matin et, pour une raison que l'on ne découvre jamais, est arrêté et soumis aux rigueurs de la justice.

Tout comme les autres romans de Kafka, Le Procès n'était pas totalement achevé à sa mort, et n'avait pas vocation à être publié. Le manuscrit fut recueilli par son ami et exécuteur testamentaire, Max Brod, et fut publié pour la première fois en 1925 sous le titre Der Process (sic), aux éditions « Die Scheide », à Berlin. Si la division et les titres des chapitres sont tous de Kafka, la distribution et la répartition sont de Brod, qui en outre a écarté de la trame principale quelques chapitres incomplets.

Sommaire

Un « roman noir » et marqué par l'Absurde

Le Procès est une œuvre au ton sinistre, développant un monde étouffant où toute chose se voit dépourvue de sens. À première vue le sujet est politique, avec en toile de fond la dénonciation des gouvernements affirmant leur autorité par des moyens arbitraires et totalitaires.

Toutefois, le plus grand pouvoir du roman tient à la description des conséquences que ce climat entraîne dans la vie et l'esprit de Joseph K, lequel malgré son innocence, ressent au fil de l'histoire une culpabilité grandissante, semblant liée au seul fait d'être vivant et d'exister.

Joseph K. oppose à sa situation absurde et désespérante un volontarisme qui n'ira qu'en s'amenuisant au fil de ses désillusions, face à l'appareil aveugle et impitoyable d'une justice si parfaitement injuste.

Récit par chapitres

Attention : Ce qui suit dévoile tout ou partie de l'œuvre !

I) Arrestation de Joseph K. ; Conversation avec Mme Grubach puis avec Mlle Bürstner

Au matin de son trentième anniversaire, Joseph K., jeune cadre travaillant dans une banque et vivant dans une pension, est arrêté de façon inattendue par deux mystérieux agents pour un crime non précisé. Les agents refusent de nommer l'autorité qui les envoie. Joseph K. n'est finalement pas emprisonné mais laissé libre chez lui, avec l'obligation d'attendre les instructions de la commission d'enquête. Fortement perturbé, K en oubliera son rendez-vous de la soirée avec Elsa, une prostituée qu'il fréquente.

Mme Grubach, sa logeuse, essaie de consoler Joseph à propos du procès, mais elle va le blesser sans le vouloir en insinuant que cette procédure est peut-être liée à une relation immorale qu'elle le soupçonne de tenir avec Mlle Bürstner, sa voisine de palier. Joseph va ensuite rendre visite à cette demoiselle, par besoin d'exposer ses soucis, mais finit par embrasser l'indifférente jeune fille, ce qui confirme a posteriori les soupçons de Mme Grubach. Il s'agit d'un premier indice laissant supposer que Joseph K. ne maîtrise plus son destin.

II) L'amie de Mlle Bürstner

Quelques jours plus tard, après s'être réconcilié avec sa logeuse, Joseph K. découvre en rentrant de son travail que Mlle Montag, la locataire d'une autre chambre, s'installe chez Mlle Bürstner. S'imaginant que cette manœuvre n'a d'autre but que de l'éloigner de Mlle Bürstner, Joseph K. voit ses soupçons se confirmer lorsque Mlle Montag s'entretient avec lui et lui demande, au nom de son amie, de ne plus les importuner. Humilié, Joseph tente malgré tout de rencontrer Mlle Bürstner en pénétrant à l'improviste dans sa chambre, sans succès.

III) Premier interrogatoire

Joseph K. est bientôt sommé de se rendre au tribunal un certain jour, sans qu'on lui précise l'heure ni le lieu exacts. Cela le conduit à perdre beaucoup de temps à visiter les divers immeubles de cette banlieue pauvre, avant enfin de trouver par hasard la bonne porte.

Image manquante
Le_proces_3.jpg
Le Procès d'Orson Welles (1963) : Joseph K. face au public du tribunal

Une assemblée de vieillards surexcités, présidée par un juge assez peu rassurant, lui reproche sévèrement son retard. Malgré un beau plaidoyer portant sur l'absurdité de ce procès et la vacuité de son accusation, Joseph K. suscite l'hostilité d'une salle semblant tout acquise au juge et a le plus grand mal à s'extirper du lieu d'interrogatoire.

IV) Dans la salle vide ; L'étudiant ; Les greffes

Joseph K. tente d'obtenir une entrevue avec le juge d'instruction en charge du dossier, mais ne peut trouver que l'épouse d'un assistant de justice. Il apprendra que les autorités louent à ce couple une partie du tribunal pour en faire leur foyer, mais les forcent à déménager leurs affaires chaque jour de séance.

Profitant de son passage pour jeter un œil à des livres appartenant au magistrat, il réalise que ces derniers ne contiennent que des illustrations pornographiques. La femme tente grossièrement de le séduire, et alors que Joseph se résout à succomber à ses avances pour défier l'appareil judiciaire, un étudiant en droit fait irruption sur la scène, se dispute avec Joseph et emporte dans ses bras celle qu'il dit être sa maîtresse . Cette dernière, bien qu'elle traite l'étudiant de petite saleté, se laisse faire volontiers avec un fatalisme hypocrite, arguant que cet étudiant est promis à un brillant avenir et qu'elle doit le satisfaire pour assurer la carrière de son mari.

Errant dans les bureaux du tribunal, Joseph rencontre le mari en question, qui ne se plaint que très faiblement de l'attitude de sa femme, semblant l'accepter comme réalité irréductible, mais qui place pourtant en K. l'espoir d'un possible changement. Bien d'autres accusés sont là à attendre désespérément des nouvelles de leurs affaires. C'est alors que Joseph réalise qu'il s'est perdu, peut-être aussi bien intellectuellement que géographiquement. La lourdeur de l'atmosphère des bureaux le porte au bord de l'évanouissement, et à sa grande honte, deux fonctionnaires doivent le transporter jusqu'à l'air frais du dehors.

V) Le fouetteur

Plus tard, alors qu'il est au travail, il découvre dans un débarras de sa propre banque les deux agents qui l'avaient arrêté, battus par un supérieur. Il imagine sur le moment que cette scène absurde et fantasmatique a été conçue dans le seul but de l'effrayer. Mais le jour suivant, il retourne au débarras et le même tableau délirant s'offre exactement à lui.

VI) L'oncle ; Léni

Joseph K. reçoit la visite de son oncle, un campagnard allant en ville de temps en temps. Inquiet des bruits qui courent sur son neveu, il se fait raconter en détail le peu que Joseph sait lui-même à propos du procès. Il lui présente Me Huld, un avocat de ses amis, malade et affaibli, et à la réputation assez peu rassurante d'« avocat des pauvres ».

Image manquante
Le_proces_1.jpg
Le Procès d'Orson Welles (1963)

Constamment alité, le juriste est aidé au quotidien par Leni, une jeune femme manifestant une attirance immédiate et pathologique pour Joseph. Au beau milieu de l'entretien de ce dernier avec l'oncle et l'avocat, Leni s'arrange afin de l'éloigner un instant et l'entraîne plus loin dans l'appartement pour quelques réjouissances.

C'est au bas de l'immeuble que Joseph retrouve ensuite son oncle, lequel laisse éclater sa colère et la honte qu'il a ressentie après le départ de son neveu, l'avocat et lui ayant parfaitement su à quoi s'en tenir.

VII) L'avocat, l'industriel et le peintre

Lors des visites ultérieures qu'il rend à son avocat, Joseph se rend compte à quel point Me Huld est un personnage capricieux ne pouvant lui être d'une très grande aide. À la banque, c'est son rival le directeur-adjoint qui se plaît à miner son autorité.

Un des clients de la banque lui recommande d'aller rechercher les conseils de Titorelli, peintre officiel du tribunal. Ce dernier n'a pas de réelle influence mais sa grande expérience de la justice éclaire douloureusement K, auquel il ne laisse entrevoir que des hypothèses complexes et désagréables puisqu'aucun acquittement définitif, dit-il, n'est jamais possible.

VIII) M. Block le négociant ; K se défait de son avocat

Joseph K., décidé à se prendre en main, va voir son avocat avec l'intention de le décharger de l'affaire. Il y rencontre un personnage pitoyable et servile, Block, ancien négociant en grains qui a tout vendu et tout abandonné pour mieux s'occuper de son procès, lequel dure depuis plus de cinq ans. Tyrannisé par l'avocat, une scène dégradante le présente comme un esclave pendu aux nouvelles données parcimonieusement par Me Huld. Cette expérience ne fait que renforcer le dégoût de Joseph K., bien qu'il sache que cet avocat est son seul espoir.

IX) A la cathédrale

Image manquante
Le_proces_2.jpg
Le Procès d'Orson Welles (1963) : Joseph K. et le commissaire voyant arriver Melle Burstner

K est chargé d'accompagner un important client italien jusqu'à la cathédrale de la ville. Tandis qu'il attend l'arrivée de ce dernier à l'intérieur, un prêtre l'interpelle par son nom, bien que K ne se soit jamais rendu là auparavant. L'ecclésiastique lui conte une fable censée lui expliquer sa situation, mais la signification incertaine du récit et la complexité des commentaires du prêtre laissent plutôt l'impression que le cas de Joseph est désespéré.

X) La fin

Le dernier jour de sa trentième année, deux hommes arrivent pour exécuter Joseph. Ils le conduisent dans une petite carrière hors de la ville, et l'assassinent sans autre espèce de formalité, à l'aide d'un couteau de boucher. Les derniers mots de K résument les conditions de sa propre mort : « Comme un chien dit-il comme si la honte devait lui survivre ».

Filmographie

See also: Le Procès, 1925, 1963, Bande dessinée, Berlin