Le Pont de la rivière Kwaï (roman)
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Le pont de la rivière Kwai est un roman de Pierre Boulle (prix Sainte-Beuve 1952), dont l'histoire se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale et qui a été porté à l'écran par David Lean en 1957 (produit par Sam Spiegel, avec Alec Guinness).
Il retrace la souffrance des soldats alliés prisonniers, obligés par les Japonais de construire une ligne de chemin de fer de 415 kilomètres de long pour relier la Thaïlande à la Birmanie, alors que les Nippons occupaient cette zone. Cette liaison a été surnommée voie ferrée de la mort car elle a coûté la vie à des dizaines de milliers de travailleurs enrôlés de force, dont 16 000 prisonniers de guerre alliés réduits en esclavage. Près d'un quart des hommes enrôlés dans ces travaux succombèrent d'épuisement et de maladies (choléra, malaria et dysenterie). Le point sensible était la construction d'un pont sur la rivère Kwae Yai, dont la première version en bois a été terminée le 17 octobre 1943 à Kanchanaburi. C'est autour de ce point historique que Pierre Boulle articule son récit.
| Sommaire |
Les faits historiques
Le pont de la rivière Kwaï a réellement existé. Il s'agit du pont construit en Thaïlande sous les ordres de l'armée japonaise, afin d'acheminer des matières premières nécessaires pour l'effort de guerre du Japon. La Thaïlande était alors en principe un pays neutre, mais son souverain n'avait guère le moyen de s'opposer aux pressions japonaises. En revanche, les alliés furent informés du projet et de la situation précise du pont, qui fut plusieurs fois bombardé, plusieurs milliers de prisonniers de guerre alliés (et dizianes de milliers de travailleurs thaïlandais) trouvant d'ailleurs la mort dans ces bombardements en plus des morts que comporte tout chantier de construction de cette ampleur. Le pont a été remis en service à la fin de la guerre et se visite encore aujourd'hui
Le livre
Il a été en partie inspiré par les souvenirs de Pierre Boulle lorsque celui-ci a vécu dans la région, ainsi que de témoignages qu'il a pu recueillir. L'histoire en revanche a été très fortement romancée, et n'a plus grand rapport avec la réalité historique. Elle n'y prétend d'ailleurs pas.
Le film
Concept
David Lean a articulé son film sur la personnalité très britannique du colonel Nicholson et sur une description sans complaisance pour la brutalité des officiers japonais envers les combattants ennemis qui, parce qu'ils se rendent, « perdaient la face » et ainsi tout droit selon eux au moindre respect. Le film commence par une séquence où Nicholson se montre inflexible sur le fait que ses officiers n'ont pas à participer aux activités de chantiers en vertu de la convention de Genève, dont il porte un exemplaire sur lui. Le colonel japonais Saïto, humilié par ce rappel, décide de briser Nicholson.
Il s'avère pourtant rapidement que les travaux du pont n'avancent pas si Nicholson ne prend pas en main le commandement du projet. Au moment du suicide (Seppuku) de l'ingénieur japonais ayant failli à sa mission, Saïto change donc d'approche : arrêtant toute brimade sur Nicholson, il laisse entendre au cours d'une discussion cette fois-ci entre officiers que ce sont les britanniques qui sont incapables de mener à bien un tel projet.
Aussi évident que soit le piège, la fierté de Nicholson est piquée au vif : il va montrer à Saïto que des Britanniques, eux, sont capables de construire le pont dans les délais.
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Répliques célèbres
Saïto
- « Les officiers sont des paresseux. Ils croient que c'est indigne d'eux de partager votre travail. Ce n'est pas juste ».*
- « Vous avez été vaincus mais vous n'avez pas de honte. Vous êtes têtus mais vous n'avez pas de fierté. Vous êtes durs mais vous n'avez pas de courage ».
Nicholson
- « Il n'y a plus d'ordre, ni de discipline. Notre tâche est de reconstituer le bataillon. Ce ne sera pas une chose facile mais heureusement nous avons un moyen d'y arriver. Le pont. »
- « Nous pouvons donner à ces sauvages une leçon sur l'efficacité des méthodes occidentales qui leur fera honte » (Le Japon n'avait pas alors le prestige culturel et technologique qu'il a acquis à partir des années 60)
Clôture
« Madness ! MADNESS !!! » (le héros du film, devant le gâchis représenté par le pont construit après des mois d'effort et presque aussitôt détruit)/
Voir aussi
- La Grande Illusion, film de Jean Renoir traitant également du rapport de pair à pair entre officiers de camps ennemis
