Le Greco

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Domenikos Theotokopoulos dit le Greco (El Greco en italien, pour « Le Grec ») est un peintre et sculpteur espagnol, d'origine grecque - il est né en Crète, alors protectorat de la république de Venise - du XVIe siècle (1541 - 7 avril 1614).

Déjà peintre célèbre en Crète où il a été entrainé pour les icones, le Greco séjourna à Venise où il étudia sous la direction de Titien mais contrairement à lui il laisse voir ses repentirs (verticaux) et à Rome. Il émigra à Tolède, Espagne où il n'obtint de commande qu'après une année et n'obtint que peu d'achat du Roi. La plupart de ses tableaux se trouvent aujourd'hui au musée du Prado à Madrid.

Après sa mort ses œuvres tombèrent dans un oubli relatif. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que les artistes et les critiques s'intéressèrent à son expression très personnelle. La libération des formes, lumière et couleur du Greco inspirèrent Pablo Picasso et Jackson Pollock dans leurs efforts pour révolutionner la peinture. La première grande étude espagnole consacrée au Greco est celle de Manuel Bartolomé Cossio en 1908 et le premier livre important à son propos en français est le Greco ou le Secret de Tolède de Maurice Barrès en 1910.

Le Greco cherche à communiquer l'essentiel ou la signification essentielle du sujet à travers un processus de redéfinition et réduction. À Tolède il accomplit cela en abandonnant l'emphase de la Renaissance sur l'observation et sélection des phénomènes naturels. Au contraire il correspond au maniérisme du XVIe siècle et byzantin dans lesquels les images sont conçues dans l'esprit. L'espace est perçu dans l'imagination plutôt que mal employé ; la lumière est incandescente, rétive et non réelle; les couleurs sont pures, lumineuses et surnaturelles ; les figures sont alongées, stimulées et dématarialisées. Toutes sont illuminées et accélérées par la grâce divine pour suggérer l'âme.

L’historien allemand Carl Justi qui en 1888 dans Diego Velasquez et son siècle affirme que la peinture du Grec représente « le miroir et le résumé des dégénérescences picturales. Prisonnier de ses rêves fous, son pinceau semble vouloir nous livrer le secret des extravagants incubes qu’engendrait son cerveau surchauffé. De ses doigts fébriles il a modelé des personnages qui semblent en caoutchouc, de douze têtes de haut, et après les avoir badigeonnées n’importe comment, sans modelé ni contours, ni perspectives, il les peignait en d’étranges rangées symétriques ; le bleu et le soufre étaient ses couleurs favorites, la toile ayant été préalablement enduite de blanc et d’un violet noirâtre. Cela s’explique très vraisemblablement par une perturbation de l’organe de la vue ; les causes psychologiques sont le désir de paraître original, la mégalomanie, la bravade, des misères passagères et des offenses inévitables pour un étranger. De telles situations ne sont pas rares dans la vie des artistes, mais elles trouvèrent un terrain favorable dans sa nature névropathe ».

Il fut un plaideur acharné pour obtenir un prix plus élevé de ses toiles et un mauvais débiteur qui pourtant menait une vie frugale.

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