Le Figaro
| ||||
|---|---|---|---|---|
| Pays | Image manquante France_flag_large.png France France | |||
| Langue | Français | |||
| Périodicité | Quotidien | |||
| Genre | Généraliste | |||
| Diffusion | 358 000 exp. 2003 | |||
| Date de fondation | 1825 | |||
| Ville d'édition | Paris | |||
| Rédacteur en chef | ??? | |||
| Site Web | Le Figaro | |||
| ISSN | ||||
Le Figaro est un journal français, le plus ancien quotidien national encore publié.
Il fut fondé en 1825, donc sous Charles X, et nommé d'après le personnage de Beaumarchais, auquel il rend hommage par des clins d'œil (voir en fin d'article). Émile Zola, François Mauriac ou encore André Gide y ont écrit (mais aussi Omar Sharif, Jean d'Ormesson, Paul-Marie de la Gorce, Hélène Carrère d'Encausse, etc.) ; Le Figaro est souvent considéré comme le journal des académiciens.
C'est une filiale de la Socpresse. Son siège est à Paris.
Siege_Figaro.jpg
| Sommaire |
Histoire du titre
- 1826 : création le 15 janvier d'un hebdomadaire satirique à Paris par le chansonnier Maurice Alhoy et le romancier Etienne Arago. Il se présente sous un format de quatre pages, petit-folio et est publié avec de nombreuses interruptions du fait de son caractère satirique.
- Fin 1833: le journal est arrêté jusqu'en 1854 et essuie neuf échecs lors des différentes tentatives de relance.
- Avril 1854 : l'entreprise est reprise par Hippolyte de Villemessant (mort en 1879), qui en fait un quotidien le 16 novembre 1866. Le journal est surtout parisien et littéraire. Hippolyte de Villemessant sait d'emblée s'entourer de rédacteurs talenteux et innove : il crée des rubriques permanentes, dans lesquelles les lecteurs se retrouvent et insère des brèves, une rubrique nécrologique et un courrier des lecteur. Il est aussi l'instigateur de la rubrique « Échos », qui fait le succès du journal, avec force de calembours, anecdotes, indiscrétions et potins, qui donnent aux lecteurs l'impression d'appartenir à un public de privilégiés mis dans la confidence.
- 1856 : le succès du Figaro est tel qu'Hippolyte de Villemessant décide de doubler sa fréquence de parution. Le journal paraît alors le mercredi et le dimanche.
- 1863 : un concurrent quotidien apparaît : le Petit Journal. En réaction, Villemessant crée l'Évènement, quotidien lui aussi, refusant d'engager le Figaro dans la bataille. Le Petit Journal sort vainqueur de cette confrontation et l'Évènement disparaît, peu de temps après, suite à un article sur le droit des pauvres, qui aurait déplu au gouvernement de Napoléon III.
- 1866 : le Figaro devient un quotidien mais évite les sujets qui fâchent et donc la censure. Le tirage atteint alors les 56 000 exemplaires, dont 15 000 abonnés.
- 1867 : parution du Figaro Littéraire et Politique, où Henri Rochefort laisse libre cours à son talent de satiriste. L'appariton d'un tel journal s'explique par la libéralisation de l'Empire. Cependant, Henri Rochefort frise avec la censure. Hippolyte de Villemessant crée alors un journal pour lui : La Lanterne.
- 1871 : lors de la Commune de Paris, le journal prend position contre celle-ci. Il est le premier journal supprimé par la Commune, mais reprend ses publications lorsque celle-ci est finalement vaincue. Le Figaro se crée ainsi un public d'aristocrates et de bourgeois.
- 1875 : Hippolyte de Villemessant se fait vieux et songe à l'avenir du Figaro ; il passe le relais à Francis Magnard, qui devient le directeur du journal.
- 17 avril 1879 : le Figaro paraît encadré de noir : Hippolyte de Villemessant est mort la veille à Monte Carlo. De nombreuses personnes se rendent à ses funérailles. Honoré de Balzac, Alphonse Daudet ou Gustave Flaubert laissent un témoignage de la perte alors ressentie par le monde littéraire et politique.
- 1897 : l'Affaire Dreyfus porte dans les colonnes du Figaro les premières réactions d'Emile Zola, qui y écrit trois articles avant la parution du célèbre « J'accuse » dans les colonnes de L'Aurore.
- 16 mars 1914 : Gaston Calmette, directeur du journal, est assassiné par Henriette Caillaux, femme du ministre des Finances, que le journal avait mis en cause dans une campagne de presse.
- 1922 : le journal est racheté par le parfumeur François Coty, qui le renomme Figaro et le délaisse en 1928 pour L'Ami du peuple. François Coty est lié avec l'extrême droite, notamment la milice fasciste Solidarité française. Pendant l'entre-deux-guerres, le journal conserve un esprit mondain, surtout dans ses chroniques ; seul en a subsisté de nos jours le Carnet Mondain.
- 1929 : Figaro redevient Le Figaro. Les premiers mots croisés apparaissent.
- 1934 : Lucien Romier devient le directeur du journal et Pierre Brisson son directeur littéraire. Il constitue une brillante équipe de rédacteurs dont François Mauriac, Georges Duhamel, Jean Giraudoux, Tristan Bernard et André Maurois. Les premières photographies font leur apparition dans les journaux, qui les utilisent alors abondament.
- 1939 : de grands reportages sont couverts par le quotidien comme la Guerre d'Ethiopie, la guerre sino-japonaise ou la Guerre d'Espagne. Le journal subit la censure mais continue de paraître à Tours.
- 1940 : Le Figaro s'installe à Bordeaux, Clermont-Ferrand puis Lyon avant de subir les effets de la censure du fait d'un éditorial de Pierre Brisson.
- Pendant la Seconde Guerre mondiale, Le Figaro est publié à Lyon en zone libre jusqu'à l'occupation allemande de 1942.
- 11 novembre 1942 : Pierre Brisson décide de saborder le journal et publie un éditorial dont la parution est empêchée sauf pour les abonnés : « Les consignes impératives qui viennent de nous parvenir ne nous permettent plus de poursuivre notre tâche sans offenser nos sentiments les plus intimes et sans trahir la confiance du public. Il s'agit de mentir ou de se démettre. Notre choix est fait. Je remercie les lecteurs de leur attachement, de leur compréhension, de l'estime qu'ils marquent à ce journal fait par des hommes de cœur dans des situations difficiles. Je leur donne l'assurance qu'ils retrouveront au premier jour le Figaro, fidèle à ses dévoirs et conforme à ses vœux. »
- 25 août 1944: Le Figaro réapparaît à Paris avec un éditorial de François Mauriac sur Charles de Gaulle il devient le journal du MRP face aux communistes et aux socialistes.
- 1945 : le tirage atteint 213 000 exemplaires, mais le public exige beaucoup plus.
- 1946 : parution du Littéraire, hebdomadaire gratuit et publié en dehors du quotidien. Il réunit Pierre Brisson, Paul Claudel, Léon-Paul Fargue, Colette, Julien Green, etc.
- 1947 : le Littéraire devient le Figaro Littéraire.
- 1950 : la femme de François Coty cède la moitié de ses actions dans le quotidien à un groupe formé par Jean Prouvost, qui décide qu'il n'y aura désormais plus d'actionnaire majoritaire.
- 1964 : à la mort de Pierre Brisson, la femme de Fraçois Coty vend toutes ses actions.
- 1970 : Jean Prouvost récupère le reste des actions Coty et devient ainsi l'actionnaire majoritaire du journal.
- En 1975, le journal est racheté par Robert Hersant, directeur d'un groupe de publications périodiques qui avait commencé son ascension dix ans plus tôt en fusionnant deux journaux régionaux de Brive-la-Gaillarde, et avait dès ce moment été remarqué par le magazine Presse-Actualité comme un éventuel « nouvel Axel Springer ».
- Le supplément du dimanche Le Figaro Magazine lancé trois ans plus tard est perçu à l'époque comme très politique par le journal Le Canard enchaîné qui en fera une anagramme cruelle : Le gai FroMage nazi.
- Le 10 mai 1981, Le Figaro devient pour la première fois depuis des années un organe d'opposition, alors que Jean d'Ormesson en est le directeur. Louis Pauwels a publié un recueil de ses articles de l'époque sous le titre La liberté guide mes pas. Robert Hersant rachète ensuite à ce qui restait du groupe Boussac, le quotidien L'Aurore. Ce titre, issu de la Résistance, avait été créé par Robert Lazurick, en mémoire du fameux journal de Georges Clemenceau qui publia, le 13 janvier 1898, le « J'accuse » d'Emile Zola. Le nom de ce journal, puissant dans les années 1950-1970, figure toujours associé à celui du Figaro.
- Juin 2004 : le groupe Dassault (GIMD) est autorisé à prendre le contrôle de la Socpresse, maison mère du Figaro.
Ligne éditoriale
De nos jours, le Figaro est un journal de droite et centre-droit.
Serge Dassault, sénateur UMP, président de la société du Figaro SA, a expliqué sur France Inter le vendredi 10 décembre 2004, et le Monde daté du 13 décembre, que les journaux doivent diffuser des « idées saines », car « nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ». Selon lui, la presse doit modérer les propos de gauche.
Liste des directeurs
- De 1879 à 1914 :
- Francis Magnard
- Fernand de Rodays
- Cornély
- Gaston Calmette, assassiné par Mme Caillaux en 1914
- Liste des directeurs des années 1930 à 1964 :
- Alfred Capus
- Robert de Flers
- André Chaumeix
- Lucien Romier
- Pierre Brisson (de 1934 à 1964)
Dessinateurs
- Jean Sennep dans les années 1950 et au début des années 1960
- Puis le jeune dessinateur Jacques Faizant qu'on avait jusque là surtout connu pour ses dessins de vieilles dames et de marins. Il se révèle (avec son équipe, car il s'agit d'un travail à plusieurs personnes) bien adapté à ce nouveau style puisqu'aujourd'hui son nom est davantage associé dans le grand public à ses dessins politiques qu'à ses anciens recueils.
Particularités
Tous les jours, le quotidien est accompagné d'un supplément imprimé sur papier saumon, le Figaro Économie.
En outre,
- L'édition du lundi est accompagnée d'un supplément au format tabloïd, le Figaro Entreprises ;
- L'édition du mardi propose une encyclopédie en kiosque ;
- L'édition du mercredi est accompagnée en région parisienne d'un supplément spectacles et loisirs, le Figaroscope ;
- L'édition du jeudi est accompagnée d'un supplément de 8 pages, le Figaro littéraire ;
- L'édition du samedi est accompagnée de suppléments plus volumineux de type magazine : Le Figaro Magazine, Madame Figaro et un magazine de télévision : TV Magazine. Une édition sans suppléments est publiée sous le titre Le Figaro - L'Aurore (ce dernier fut un titre racheté et disparu assez vite comme quotidien ; pendant quelque temps avant de disparaître, il ne se différenciait du Figaro que par la une).
- En 2005, chaque semaine, un tome des « essentiels » de l'Encyclopædia Universalis est vendu en supplément, le premier tome étant gratuit. Cette encyclopédie contient 6000 articles, 17 000 notices et 200 000 liens.
Diffusion
La diffusion payée en France du Figaro. Sources : OJD, 2004.
| Titre | 1999 | 2000 | 2001 | 2002 | 2003 |
|---|---|---|---|---|---|
| Le Figaro | 366 690 | 360 909 | 366 529 | 359 108 | 352 706 |
La diffusion gratuite (cabinets médicaux, compagnies aériennes, entreprises, etc.) dépasse 70 000 exemplaires, soit plus que la diffusion payante de l'Humanité, par exemple. Pour comparer avec la diffusion des autres quotidiens nationaux français : Presse en France.
Devise figurant à la une
« Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur », Beaumarchais, Le mariage de Figaro.
Figaro est un personnage de Beaumarchais, héros du Barbier de Séville, du Mariage de Figaro et de la Mère coupable. Un figaro est un barbier.
Le Figaro comporte d'autres références au personnage dont il tire son nom, comme « Figaro-ci, Figaro-là », Le barbier de Séville.
À une époque, cette devise fut remplacée par une autre citation de Beaumarchais où il était question de P’tit quinquin, puis la devise initiale fut restaurée, un temps discrètement, puis de nouveau en première page.
