Le Canard enchaîné
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| Pays | Image manquante France_flag_large.png France France | |||
| Langue | Français | |||
| Périodicité | Hebdomadaire | |||
| Genre | Presse satirique | |||
| Diffusion | 400 000 exp. | |||
| Date de fondation | 1915 | |||
| Ville d'édition | Paris | |||
| Rédacteur en chef | ||||
| Site Web | Le Canard enchaîné | |||
| ISSN | ||||
Le Canard enchaîné est un hebdomadaire satirique français, paraissant le mercredi. Fondé le 10 septembre 1915 par Maurice Maréchal, Jeanne Maréchal, et Henri-Paul Deyvaux-Gassier, c'est l'un des plus anciens titres de la presse française actuelle.
- Editorial du numéro du Canard enchaîné le 10 septembre 1915
- Le Canard enchaîné a décidé de rompre délibérément avec toutes les traditions journalistiques établies jusqu'à ce jour. En raison de quoi, ce journal veut bien épargner, tout d'abord à ses lecteurs, le supplice d'une présentation. En second lieu, Le Canard enchaîné prend l'engagement d'honneur de ne céder, en aucun cas, à la déplorable manie du jour. C'est assez dire qu'il s'engage à ne publier, sous aucun prétexte, un article stratégique, diplomatique ou économique, quel qu'il soit. Son petit format lui interdit, d'ailleurs, formellement, ce genre de plaisanterie. Enfin, Le Canard enchaîné prend la grande liberté de n'insérer, après minutieuse vérification, que des nouvelles rigoureusement inexactes. Chacun sait, en effet, que la presse française, sans exception, ne communique à ses lecteurs, depuis le début de la guerre, que des nouvelles implacablement vraies. Eh bien, le public en a assez ! Le public veut des nouvelles fausses... pour changer. Il en aura. Pour obtenir ce joli résultat, la Direction du Canard enchaîné, ne reculant devant aucun sacrifice, n'a pas hésité à passer un contrat d'un an avec la très célèbre Agence Wolff qui lui transmettra chaque semaine, de Berlin, par fil spécial barbelé, toutes les fausses nouvelles du monde entier. Dans ces conditions, nous ne doutons pas un seul instant que le grand public voudra bien nous réserver bon accueil et, dans cet espoir, nous lui présentons par avance et respectueusement, nos plus sincères condoléances.
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Le Canard enchaîné.
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Le Canard enchaîné.
| Sommaire |
Origine
- Son nom est une référence au journal L'Homme libre, édité par Georges Clemenceau, qui critiquait ouvertement le gouvernement de l'époque. Ce journal dut alors subir la censure, et son nom fut changé en L'Homme enchaîné. Par parodie, Maurice et Jeanne Maréchal décidèrent donc d'appeler leur journal Le Canard enchaîné.
- Malgré la nouvelle orthographe, le Canard enchaîné garde son « flexe » sur le i.
Histoire
Ligne éditoriale
Son slogan est « La liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas ». Ceci résume assez bien la ligne éditoriale de cet hebdomadaire : le Canard parle de tous les scandales publics (politiques, économiques, judiciaires, etc.) en France mais aussi dans les autres pays. Sa devise inventé par H.-P. Gassier en 1915 est « Tu auras mes plumes, tu n'auras pas ma peau ».
- De gauche : originellement antimilitariste, il se situe délibérément à gauche, sans renoncer pour autant ni à son indépendance ni à son esprit critique. Il professe un anticléricalisme de bon aloi. « C'est le plus sérieux des hebdomadaires de gauche [...], de très loin celui qui a exercé l'influence la plus durable sur la politique de ce pays, fait ou défait le plus de réputations » affirmera Pierre-Antoine Cousteau dans l'Écho de la presse et de la publicité le 15 mars 1958. Il applaudit quand la gauche arrive au pouvoir (Cartel des Gauches en 1924, Front Populaire en 1936, Pierre Mendès France, François Mitterrand en 1981) mais avec méfiance et circonspection. Les partis de gauche se sont toujours méfiés de lui. Maurice Thorez, dans un comité central du PCF, fustige « l'esprit blagueur du Canard qui conduit à douter de tout » ; Guy Mollet à la SFIO le poursuit lui aussi de sa vindicte.
- Indépendance : Sans recette publicitaire, Le Canard ne vit que de ses ventes et affiche pourtant une belle santé financière. Il refuse d'accueillir dans ses pages la moindre publicité, ce qui en fait un cas rare dans la presse papier française professionnelle (PLPL, Charlie Hebdo et Minute et quelques journaux régionaux comme Cuverville, ou Fakir faisant également partie de ces rares cas). Ses statuts (SA Les Editions Marechal) le préservent de toute prise en main extérieure (ceci depuis une tentative de prise en main de journal par le groupe Hachette, en 1953) puisque seuls sont actionnaires ceux qui y travaillent, ainsi que les fondateurs (les 1000 titres du journal sont incessibles et sans valeur). Sa « bonne santé financière » lui a permis de passer à la photocomposition en 1982, et chaque année les bénéfices sont mis « en réserve » pour assurer l'indépendance financière. Ses salariés sont parmi les plus payés de toute la presse francaise. En contrepartie, les rédacteurs ne peuvent ni jouer en Bourse, ni piger ailleurs, ni accepter de cadeau. Les comptes financiers du journal sont publiés discrètement dans un numero d'août. L'hebdomadaire est imprimé le mardi en début d'après-midi. (il "loupa" ainsi les évènements qui se produisirent dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 février 1934 avec les manifestations des ligues d'extrême-droite, place de la Concorde)
- Bon enfant : Il est souvent sévère, parfois cruel, y compris avec ses amis, il n'est cependant pas vindicatif. Ainsi, le colonel Nusillard, chef de la censure de 1916 à 1918, est devenu par la suite un des plus fidèles abonnés du journal, jusqu'à sa mort en 1955. Vincent Nouzille, dans un article du Nouvel économiste en 1993, distinguera « deux clans de journalistes historiquement opposés, les Dionysiaques ou buveurs de vin (tradition du juliénas), rois de la satire, et les Apolliniens ou les buveurs d'eau, preux chevaliers de l'information ».
- Les rubriques : Noix d'honneur (la première datant de 1921), la Mare aux canards (apparue en 1916, puis régulièrement à partir de 1918), les Pans sur le bec, le Mur du çon, A travers la presse déchaînée, Album de la Comtesse, etc. La stabilité du cadre rédactionnel du journal est l'une de ses marques de fabrique.
- tentatives de diversification : elles ont été rares et ont toujours concerné l'édition de presse : Almanach du Canard enchaîné, Dico Canard ou Dictionnaire Canard, Les Dossiers du Canard enchaîné.
Voir aussi
Articles connexes
- Éthique et morale du Canard enchaîné
- Le langage du Canard enchaîné
- Quelques affaires célèbres révélées par le Canard enchaîné
- Liste des illustrateurs du Canard enchaîné
- Liste des journalistes du Canard enchaîné
- Album de la Comtesse
Quelques célèbres manchettes du journal
- 10 janvier 1934 : "Stavisky se suicide d'un coup de révolver qui lui a été tiré à bout portant". Affaire Stavisky.
Citations
- « Je ne lis que le Canard enchaîné ». Anatole France.
- « Que dit le volatile? ». Charles DeGaulle.
- « Ce que ce Canard est lu ! Même à l'Académie on m'a dit : 'Vous avez lu dans le Canard enchaîné ?' ». François Mauriac.
- « L'homme complet a en lui, et il fait alterner, le Comte Albert de Mun et le Canard enchaîné ». Henry de Montherlant.
- « ...Notre seul journal sérieux : Le Canard enchaîné ». Jean Guéhenno.
- « Je ne lis pas ce journal ». Georges Marchais. Réponse du Canard : « Si c'est vrai, M.Marchais a tort. D'abord il serait mieux informé. Et puis ça le rendrait plus aimable ».
Bibliographie
- L'idéologie du "Canard enchaîné" par Alain Schifrès, in Analyses de presse, Presses universitaires de France, 1963
- Messieurs du Canard. Stock, Jean Egen 1973
- Le Canard enchaîné. Seghers, Jean Egen 1978
- Une enquête de police sur le Canard Enchaîné. Editions Jean Picollec, 1980; De Christian Plume, Xavier Pasquini
- La mare au Canard. Alain Dhénault. reportage de 89 minutes, 1998.
- Le Canard enchaîné ou les fortunes de la vertu, histoire d'un journal satirique 1915-2000. Laurent Martin, Flammarion, 2001.
Liens externes
