Grotte de Lascaux
Lascaux.jpg
La grotte de Lascaux est une grotte ornée , les peintures de ses parois auraient environ 17 000 ans.
Lascaux est une colline calcaire d’âge Coniacien (Crétacé supérieur), située en Dordogne, dans le Périgord Noir, à Proximité de Montignac. La grotte de Lascaux fait office d’exception au regard de toutes les autres grottes de la région par le fait qu’elle est très profonde et « sèche ». En effet, une couche de marne imperméable l’isole de toute infiltration d’eau, empêchant toute formation de concrétion stalagtitique de calcite.
| Sommaire |
Le site archéologique
Les hommes qui ont orné Lascaux sont des cro-magnon, c’est-à-dire des Homo sapiens. Ils sont sociale. Ils mènent une vie de chasseurs semi-nomades, c’est pourquoi ils connaissent bien les détails de l’anatomie des animaux et leurs comportements.
Les sujets
On suggère qu’elle avait pour objectif d’être un sanctuaire, une sorte de lieu où l’on vénérait les animaux dangereux (aurochs, ours…). Associés à ces peintures, on retrouve dans toute la grotte de nombreux traits complexes et variés. On estime qu’ils n’ont pas de signification directe mais pourraient être les premiers témoins d’une paléo-écriture.
La faune figurée sur les parois n’était pas celle chassée et consommée. Les nombreux troupeaux de rennes présents dans la région assuraient à eux seuls tous les besoins des hommes ; malgré cela on ne retrouve qu’une seule représentation de renne dans la grotte.
À cette époque la région était colonisée par un important couvert forestier (frênes, chênes, tilleuls, charmes, pins…) comme le révèlent les pollens trouvés dans la grotte. Pourtant, il ne figure pas de sol ni de flore, ou de paysage sur les parois de la grotte.
Techniques de peinture
Les peintures ont été exécutées à l’aide de « crayons » d’ocres naturelles (mélange de sable et d’argile) jaunes et brunes, que la cuisson a pour effet de rougir, affleurant aux environs de la grotte. Les hommes préhistoriques utilisaient également des oxydes de manganèse ou de fer, noirs ou jaunes, surtout pour les contours et les petits détails anatomiques. Le charbon de bois végétal ou d’ossements, obtenu par calcination, était aussi largement utilisé, car il offre des teintes allant du vert olive au noir. L’eau de la grotte, chargée en Ca2+ et CO32-, a servi d’unique liant, permettant ainsi l’adhérence entre les différentes particules du colorant et conférant le pouvoir d’adhésion au support. Et ce fut, grâce à l’emprisonnement sur les parois des pigments par les cristaux de calcite, que les motifs purent être longtemps conservés. Les pigments étaient appliqués directement sur la roche au doigt, au pinceau de fibres animales ou végétales, ou à l’aide d’un tampon de fourrure ou de fibres. Les contours, très nets parfois, étaient obtenus grâce à des caches de peau. La figure montre les différentes phases de construction d’une peinture typique de Lascaux.
Les erreurs de tracé sont rares et ils connaissent les techniques de la peinture : aplats plus ou moins colorés, perspective et usage du pochoir. Ils savent cadrer les silhouettes animales et les faire évoluer sur des reliefs rocheux. Les animaux se côtoient ou se confondent en tout ou partie, sans respect des proportions et des espèces.
Les peintres sont des gens de métiers. Ils ont acquis une grande maîtrise du geste, ce qui fait de Lascaux une des plus anciennes cavernes profondes ornées.
Découverte de la grotte
La grotte a été découverte le 12 septembre 1940, par quatre adolescents (Marcel Ravidat, Jacques Marsal, Georges Agnel et Simon Coencas).
Etude scientifique
L’étude des 600 peintures préhistoriques de la grotte de Lascaux fait appel à de nombreux domaines archéologiques mais est quelque peu limitée, à la fois par la position hors stratigraphie de ces témoignages, par la nature des matériaux utilisés, par les méthodes de datation, mais aussi par leur interprétation.
Seules les peintures à base de charbon de bois peuvent être analysées directement par la méthode de datation au carbone 14. On a ainsi pu situer les peintures aux alentours de -17000 ans, soit au Magdalénien inférieur. Certains pigments peuvent être analysés indirectement par des méthodes relatives basées sur l’analyse stylistique de l’œuvre ; ce qui permet de les situer dans un milieu chronologique précis. En effet, lors de la construction des œuvres, des pigments sont tombés au pied des parois et se sont mêlés aux objets contemporains tels que des lamelles de silex, des pointes de sagaie, des os et de nombreuses lampes à suif du modèle de ceux qu’utilisaient les hommes préhistoriques à l’époque magdalénienne.
Exploitation touristique
L'accès à la grotte fut aménagé pour le public après la Seconde Guerre mondiale. En 1963 l'accès fut interdit aux visiteurs car les émanation de dioxyde de carbone endommageaient les peintures. Une réplique d'une partie de la grotte a été ouverte en 1983.
