Lac du Bourget
| Image manquante 200501_Aix-les-Bains.JPG Aix-les-Bains |
| Image manquante 200501_Lac_du_Bourget_VII.JPG Falaises |
| Image manquante 200501_Conjux_I.JPG Fond nord et marais de Chautagne |
Plus grand lac naturel de France, situé au nord du département de la Savoie, le lac du Bourget fait partie des lacs post-glaciaires des Alpes. Il a été formé après la dernière Glaciation de Würm, il y a environ 19 000 ans par le retrait des grands glaciers du quaternaire.
D'une grande richesse naturelle, d'un intérêt écologique majeur, il est aussi une destination touristique importante depuis le XIXe siècle.
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Données chiffrées
D’une superficie de 44,5 km² (4 450 hectares), le lac s’étire tout en longueur dans un axe nord-sud sur 18 km, et avec une largeur comprise entre 1,6 et 3,5 km. Sa profondeur moyenne est de 85 m, et sa profondeur maximale de 145 m.
D’une altitude moyenne de 231,5 m, il est bordé :
- à l’ouest par les derniers contreforts du Jura méridional, avec la chaîne de l’Epine et sa Dent du Chat qui culmine à 1.390 m ;
- et à l’est par le Massif des Bauges, dont le Mont Revard (1.538 m), ainsi que les montagnes de Cessens, de la Chambote, de Corsuet et la colline de Tresserve.
Son bassin versant de 560 km² est occupé par la ville thermale d’Aix-les-Bains, qui le borde sur sa rive est, et plus au sud, par la ville Chambéry, capitale historique du royaume de Savoie, aujourd'hui préfecture du département de la Savoie, située à une dizaine de kilomètres. Ces deux villes forment deux agglomérations totalisant 170.000 habitants (en 2004).
Formation
D'après la légende, le lac serait né, comme le lac Léman et le lac d'Annecy, des pleurs d'un ange après que Dieu lui demanda, ainsi qu'à ses deux semblables, de quitter les Alpes du nord.
Les géologues ont une autre hypothèse : il y a 120 à 140 mille ans, un « grand lac » s'est formé après la troisième glaciation du quaternaire, appelée glaciation de Riss. Ce lac recouvrait tout le sillon alpin entre Seyssel au nord et Saint-Marcellin au sud-ouest, ainsi que la combe de Savoie jusqu'à Albertville à l'est, et la vallée du Rhône jusqu'à Yenne, à l'ouest. Il recouvrait une surface de 1.000 km² (contre 44,5 actuellement), avait une longueur de 140 km (18) et une cote de 360 m (261,5).
Il y a 70.000 ans, sa dimension devint proche de la dimension actuelle, mais à une cote de 270 m.
Lors de la glaciation de Würm, les glaciers du Rhône et de l'Isère s'affrontèrent et creusèrent la dépression du Bourget, sur une longueur de 50 km, entre Seyssel, Yenne et Challes-les-Eaux. Cette dépression fût occupée par un nouveau lac suite à la fonte des glaciers, vers -30.000 ans.
Hydrologie
D’un volume de 3,6 milliards de m³ d’eau, soit l’équivalent de l’ensemble de la consommation annuelle domestique de France, le lac servait, jusqu’à la construction d’un barrage en 1982, de déversoir naturel pour les crues du Rhône, qui serpente par delà les marais de Chautagne, situés au nord. Cette régulation, désormais volontaire, existe toujours et le niveau du lac varie (d'un mètre environ) selon la saison.
Le lac est principalement alimenté au sud par les eaux de la Leysse, et, à l'est, par celles du Tillet et du Sierroz. Les eaux de la Leysse mettent de sept à dix ans pour traverser le lac et arriver jusqu’au Rhône.
Les nuisances
170 000 habitants auxquels s'ajoutent des dizaines de milliers de touristes avaient abouti dans les années 1950 à 1970 à un phénomème majeur d'eutrophisation, car le lac à l'époque était le déversoir naturel de toutes les canalisations d'égout, avec en particulier, celles de Chambéry et d'Aix-les-Bains. Les nombreux engins à moteur de l'époque étaient aussi très polluants, crachaient leurs fumées qui se dissolvaient en partie dans les eaux et relâchaient de l'huile qui se retrouvait aussi dans les eaux et sur la surface. Ils faisaient beaucoup de bruit et généraient une nuisance sonore dommageable aux oiseaux et aux petits mammifères.
Une action de dépollution est engagée depuis le milieu des années 1970, afin de réduire l'eutrophisation du lac, l'objectif étant d'arriver aux mêmes résultats que pour le lac d'Annecy.
L'environnement et la nature
La lac du Bourget est d'un intérêt écologique majeur et constitue un élément important du patrimoine naturel français. Entre pré-alpes et haute-montagne, il abrite un grand nombre d'espèces de poissons et d'oiseaux, et pour certains d'entre eux, il est un havre de repos majeur dans leur couloir de migration.
Grâce à sa masse d'eau colossale d'une part, aux falaises et aux dalles calcaires de ses abords immédiats d'autre part, les conditions climatiques sont adoucies. De ce fait, il y a à certains endroits un climat presque provençal, permettant à quelques espèces végétales et animales méditerranéennes de prospérer. On peut ainsi y admirer l'érable de Montpellier, le figuier, le buis, l'érable à feuilles d'obier, le chêne pubescent et les cheveux de Vénus (petites fougères).
Encore presque à l'état sauvage à certains endroits, le lac du Bourget est un important couloir de migration et un havre pour de nombreux oiseaux. On peut rencontrer sur le lac, outre le canard colvert et la poule d'eau, le cygne tuberculé, le foulque macroule, le fuligule morillon, le bongios nain, l'avocette élégante, le harle bièvre. Mais c'est aussi le territoire de grands rapaces tels le milan noir, le faucon pèlerin et le hibou Grand-duc.
Les roselières du lac du Bourget
Au sud, une vaste roselière appartenant au Conservatoire national du littoral a été réaménagée, la zone située à la pointe sud du lac (domaine de Buttet et marais des Aigrettes) étant ainsi préservée de toute espèce d'agression. La tortue cistude, auparavant endémique mais qui avait disparue des rives du lac, a été réintroduite avec succès en l'an 2000 et y trouve un hébergement salutaire.
Des fascines végétales (fagots de branches compactées servant de barrières anti-houle) ont été implantées afin de casser les vagues et de protéger la végétation. La Frapna y a aussi installé deux observatoires pour scruter le marais. Les ilôts rocheux sont aussi protégés, et offrent une halte pour les oiseaux migrateurs et un lieu de nidification privilégié.
Les roseaux offrent également abris aux oiseaux tels que le Martin-pêcheur d'Europe, le grêbe huppé, le courlis cendré, le canard nette rousse.
Les roselières sont aussi essentielles pour la survie et la reproduction de nombreux poissons, comme ceux de bas-fond tels que le brochet, le gardon, le poisson-chat, la perche, la carpe, la blennie. Dans les grands-fonds vivent l'omble chevalier, le lavaret, la truite de lac et la lote de rivière. Ces poissons peuvent être admirés dans l'aquarium d'Aix-les-Bains.
Les saules blancs qui bordent les roselières font le bonheur des castors. Mais avec les roselières se développent aussi l'herbier de potamot qui prolonge les roselières, et les charas qui sont des algues rêches et archaïques, particulièrement appréciées des brochets et sont le terrain de chasse favori des canards.
Tourisme
Le lac du Bourget est un lieu touristique très prisé l'été, grâce aux plages (certaines sont payantes en juillet-août) et autres activités nautiques (navigation à voile, ski nautique, plongée). La température de l'eau est régulièrement mesurée entre 20 et 25°C l'été. Les principales plages sont à Châtillon, Aix-les-Bains, au Vivier-du-Lac (site des Mottets) et au Bourget-du-Lac.
La rive Ouest, de part la raideur des pentes, est restée sauvage entre l'abbaye royale d'Hautecombe au nord et Bourdeau et le Bourget-du-Lac au sud. Aucune route ne rejoint ces deux lieux autrement que par la crête.
La rive Est est à l'inverse urbanisée (Aix-les-Bains) et elle est aménagée tout au long de la route et de la voie de chemin de fer, De nombreux restaurants et boîtes de nuit y sont implantés. Par contre il y a très peu d'appropriation privée des berges.
L'abbaye royale de Hautecombe, la « Saint-Denis » savoyarde, veille sur les tombeaux des souverains de la Maison de Savoie. Restaurée au XIXe siècle, elle se visite l'été, exceptée la zone hébergeant encore quelques moines. On y trouve notamment plus de 300 statues en marbre de Carrare ou en pierre douce de Seyssel.
Le château de Thomas II, construit au XIIIe siècle mais actuellement en ruine, est situé à l'embouchure de la Leysse. Il eût ses heures de gloire entre le XIIIe et le XVe siècle, lorsque la Maison de Savoie en fît sa résidence principale.
Tout proche, le prieuré du Bourget-du-Lac, son jardin et l'église Saint-Laurent, méritent de s'y arrêter.
Le lac peut aussi s'admirer de haut, soit du belvédère de la montagne de Chambotte, ou des points de vue du Revard et du relai du Mont du Chat (ou mieux, à quelques centaines de mètres à pied, du point de vue à 360° du Mollard noir).
Littérature
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Alphonse de Lamartine, atteint de troubles hépatiques, passe le mois d'octobre 1816 à Aix-les-Bains, où il y rencontre Julie Charles, en convalescence pour tuberculose. Les deux jeunes gens se plaisent à flâner ensemble au bord du lac. L'été suivant, Julie, trop souffrante, ne peut rejoindre le poète, qui, désespéré, écrivit plusieurs poèmes, dont : Le Lac.
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Voir aussi
Liens externes
- Zones protégées par le Conservatoire du littoral
- Le projet Grand Lac
- Aquarium du lac du Bourget
- Lac du Bourget sur Wikitravel
Bibliographie
- Le lac du Bourget, 50 ans de recherches archéologiques, 5 000 ans d'histoire. Edité en 2004 par La Fontaine de Siloé sous la direction de Raymond Castel et avec le concours d'Elisabeth André.
- Le lac du Bourget, plus grand lac naturel de France. Guide conçu en 1990 par l'association la Maison du Lac du Bourget ; le secrétariat régional du patrimoine naturel et patrimoine Rhône-Alpin. ISBN 2-908010-C
