L'Argent
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L'Argent est un roman d'Émile Zola publié en 1891, le dix-huitième volume de la série Les Rougon-Macquart. Le thème abordé est celui de la Bourse, de la spéculation financière qui s'y déroule et des scandales qui en découlent.
Histoire
Attention : Ce qui suit dévoile tout ou partie de l'œuvre !
Le héros est Aristide Saccard, frère du ministre Eugène Rougon, qu'on avait déjà vu amasser une fortune colossale dans La Curée. Après une succession de mauvaises affaires, il doit repartir à zéro, mais son ambition est demeurée intacte. Il vend sa luxueuse propriété du parc Monceau afin de régler ses créanciers, puis loue deux étages d'un hôtel où il installe la Banque universelle, destinée à financer les projets de mise en valeur du Moyen-Orient. Tout est fait pour attirer petits et moyens épargnants, auxquels on promet des gains faciles et rapides. Les communiqués et articles de presse, les rumeurs savamment dosées font s'envoler les titres de la société, et Saccard se retrouve à nouveau au sommet de la gloire et de la puissance. Mais cette puissance boursière, construite sur du sable, est fragile, d'autant que Saccard s'est attiré de solides inimitiés. L'un de ses ennemis, le banquier juif Gundermann, a juré sa perte. Un beau jour de 1869, suivi par ses amis, il décide de vendre les actions de la Banque universelle qu'il possède ou ne possède pas (vente à découvert) : le titre s'effondre, malgré les efforts de Saccard pour le redresser par des achats qui achèvent de le ruiner. Il a entraîné dans sa chute tous les épargnants qui lui avaient fait confiance. Dénoncé pour escroquerie, il se retrouve en correctionnelle, où on le condamne à cinq ans de prison. Mais il fait appel, et profite du délai qui lui est laissé pour quitter la France et s'installer aux Pays-Bas.
Critique
Pour écrire son roman, Zola s'est inspiré des scandales financiers qui ne manquaient pas à son époque. Au moment où il écrit L'Argent on est en plein dans le scandale de Panama. Coïncidence, en 1893 Ferdinand de Lesseps est condamné à cinq ans de prison, peine qu'il n'effectuera jamais, la procédure ayant été annulée pour vice de forme. Mais ces événements sont trop récents, certains sont même à venir. En fait, Zola s'est surtout inspiré du krach de l'Union générale (1881-1882), dans lequel le banquier catholique et légitimiste Eugène Bontoux vit sa société ruinée en grande partie par la spéculation des Rothschild. Bontoux a lui aussi été condamné à cinq ans de prison en 1883.
