Kwashiorkor
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Le kwashiorkor est un syndrome de malnutrition protéino-calorique de la première enfance. Le terme dérive de kwashi (« enfant ») et orkor (« rouge ») — allusion aux modifications cutanées — et signifie « maladie du jeune enfant que sa mère éloigne lors d’une nouvelle grossesse » dans le langage des Ashantis, peuple de l’est du Ghana.
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Origine
Le kwashiorkor, maladie décrite en 1933, fait partie des malnutritions protéino-caloriques (MPC) et touche annuellement des millions d'enfants, essentiellement africains. Cette pathologie résulte d'une alimentation hypoprotéique — n'apportant pas les quelque 50 grammes par jour recommandés —, alors même que l'apport calorique global peut être suffisant (le régime alimentaire équilibré doit comporter, en joules, environ 65 % de glucides, 20 % de lipides et 15 % de protéines).
Le kwashiorkor touche les enfants de deux ou trois ans, lors du sevrage. Contrairement à l’allaitement maternel, le régime adulte ne couvre plus ses besoins alimentaires, car l'enfant a besoin de protéines pour son développement. Ainsi, l'alimentation des Africains, essentiellement constituée de céréales — notamment, le manioc —, est carencée en certains acides aminés essentiels, tels la méthionine.
Répartition
La maladie sévit généralement dans les pays pauvres, notamment en Afrique centrale, Amérique latine et Inde, pays où le niveau d'éducation est bas, où les sécheresses et la sous-alimentation sont fréquentes.
Facteurs de risque
La prévalence de la maladie dépend de plusieurs facteurs :
- L'accès à l'eau potable : l’eau polluée véhicule des bactéries (salmonelles, Vibrio...), des parasites (Entamoeba, Fasciola, Giardia...) et des virus (hépatite), susceptibles de s’attaquer aux enfants affaiblis ;
- L'efficacité de l'agriculture : qualité des sols, importance des précipitations ;
- La fréquence des catastrophes naturelles : inondations, sécheresses, invasions de locustes...
- Le poids des coutumes : les femmes enceintes de certaines ethnies doivent arrêter d’allaiter leur enfant. Un sevrage précoce peut entraîner un kwashiorkor. Parfois, afin que les enfants n'y prennent goût, on leur interdit de manger des œufs ou de la viande. Après le sevrage, alors qu'ils ont besoin de protéines animales, leur alimentation devient alors essentiellement végétale ;
- Les conflits ethniques ou religieux et les guerres : rationnement alimentaire, raréfaction des denrées, mort des parents ;
- Le niveau de vie : la pauvreté et le prix élevé des protéines animales entraînent de mauvaises pratiques alimentaires ;
- L’économie de la nation : l'instabilité politique nuit au développement du pays.
Symptômes
Les symptômes précoces sont très généraux : anémie, apathie, fatigue, irritabilité, léthargie.
Si la carence perdure, on constate une hypoprotéinémie et de nombreux troubles surviennent :
- croissance retardée ou arrêtée ;
- diminution de la masse musculaire, amaigrissement ;
- œdème de l’abdomen (grand ventre protubérant) et des extrémités ;
- atteinte des cheveux et de la peau (éclaircissement ou rubéfaction, fragilisation, desquamation, dermatite, vitiligo, lésions) ;
- troubles digestifs (diarrhée, gastro-entérites) ;
- atteinte du foie (hépatomégalie) ;
- atteinte de la fonction rénale ;
- immunodéficience ;
- troubles mentaux.
À un état avancé, les fonctions vitales sont atteintes, ce qui entraîne un état de choc, le coma puis la mort.
Traitement
Afin d'éviter des problèmes, l’organisme doit être réadapté avec de rations petites mais fréquentes, données toutes les deux à quatre heures. Durant une semaine, l'alimentation, hyperglucidique, est progressivement enrichie en protéines ainsi qu'en éléments essentiels : lait sucré avec sels minéraux et vitamines. Le régime peut comporter des lactases — pour que les enfants ayant développé une intolérance au lactose puissent ingérer des produits laitiers — et des antibiotiques — pour compenser l'immunodéficience. Après deux à trois semaines, le lait est remplacé par des bouillies de céréales enrichies en minéraux et vitamines, jusqu'à ce que sa masse atteigne au moins 80 % de la masse normale. La nourriture traditionnelle peut alors être réintroduite. L’enfant est considéré guéri lorsque sa masse atteint 85 % de la normale.
Pronostic
Habituellement, les troubles disparaissent après un traitement précoce. Si le traitement est tardif, la santé générale de l'enfant est améliorée mais des séquelles physiques (taille réduite) et intellectuelles (incapacités mentales) sont à craindre. Sans traitement ou si le traitement survient trop tard, la mort est inévitable.
Prévention
L’éducation et l’alphabétisation peuvent éviter le kwashiorkor.
- alphabétisation des filles : diffusion d'informations sur les moyens de lutte (dépliants, affiches...) ;
- éducation des mères : connaissance des besoins alimentaires des enfants en fonction de l'âge ; contrôle des naissances afin de différer les maternités et, ainsi, d'éviter un sevrage trop rapide.
- surveillance : la pesée régulière de l’enfant permet de juger de la normalité de sa masse et de sa croissance. Un périmètre brachial (circonférence du bras mesurée sous l’épaule) nettement inférieur à 13 cm, signe la maladie.
