Kriegspiel
A l'origine, le « Kriegspiel » est une affaire très sérieuse. Depuis, il s'est démocratisé dans des variantes plus ludiques qui sont devenues les wargames.
En Europe, à partir du XVIIIe siècle, la pratique militaire évolue très vite.
Une innovation importante est la simulation réglée du comportement des troupes, à l'échelle d'une bataille ou d'une campagne, rendue possible par une standardisation des unités (encore très relative, à l'époque).
Du simple compte rendu de situation sur une carte de la position des troupes amies et ennemies, on passe à un exercice prospective, en attribuant à chaque unité un comportement réaliste, défini par la « règle ».
L'armée prussienne généralise le « Kriegspiel » pour la formation des officiers d'état major peu après la fin de la période napoléonienne, et elle est imitée par toutes les armées européennes dans les années 1870, après la démonstration de l'efficacité du commandement prussien.
En 1939, l'armée française expérimente cruellement les défauts d'une règle inadaptée à la réalité et d'une interprétation trop rigide : de l'expérience de la « grande guerre », elle a conçu des règles et des « barêmes », indiquant par exemple le tonnage et la durée minimale d'un bombardement efficace. Elle a formé ses officiers dans cet esprit, ce qui fut un des facteurs de décisions erronées (ne pas attaquer en 1939, parce que l'armée française croyait impossible, compte tenu des « règles », qu'une armée de l'époque en brise une autre).
Les « kriegspiels » restent utilisés, mais les débats sur les « règles » sont beaucoup ouverts et la simulation informatique est devenue prépondérante. Reste que l'apprentissage se fait sur le modèle intégré dans le jeu, qui peut ne pas correspondre à la réalité du terrain.
