Khâgne
En argot scolaire, la khâgne est le nom donné en France à la classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE), voie littéraire.
Le terme khâgne désigne plus précisément la deuxième année, appelée officiellement première supérieure, la première année étant appelée hypokhâgne, ou, officiellement lettres supérieures.
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Typologie
Il existe plusieurs types de khâgnes :
- khâgne classique, préparant au concours A/L de l'ENS Ulm (une langue ancienne obligatoire, pas de programme)
- khâgne moderne, aussi appelée « Cloud », préparant à l'ENS LSH (langue ancienne facultative, sur programme)
- khâgne scientifique (sciences sociales), préparant au concours B/L de l'ENS Ulm, Lyon ou Cachan
- khâgne chartiste, préparant à l'École des Chartes, voie B (deux langues, histoire moderne et contemporaine)
Enseignements
Tous les élèves suivent un enseignement en français, philosophie, histoire-géographie et langue vivante.
Il doivent en outre prendre une ou plusieurs options, selon les CPGE, notamment :
- enseignement de spécialité dans l'une des quatre matières obligatoires
- langue ancienne (latin et/ou grec ancien)
- deuxième langue vivante
- sciences économiques et sociales
- mathématiques
- enseignement artistique (théâtre, cinéma, musique, arts plastiques)
- préparation spécifique aux Instituts d'études politiques (en général en hypokhâgne)
Débouchés
- Grandes écoles
- ENS Lettres et Sciences Humaines à Lyon (ex-Fontenay-St-Cloud), École normale supérieure de la rue d'Ulm, ENS Cachan : histoire, géographie, philosophie, lettres classiques ou modernes, langues et musique, sciences humaines et sociales.
- École nationale de la statistique et de l'administration économique, concours économie.
- Saint-Cyr, concours lettres. On le prépare souvent dans des classes spéciales, les corniches, dans des lycées militaires (comme celui d'Aix-en-Provence ou le Prytanée de La Flèche)
- École des Chartes, pour devenir archiviste-paléographe.
- Écoles de commerce (ESCP-EAP, ESSEC, HEC, etc.) qui ouvrent leurs concours aux khâgneux.
- écoles de journalisme (IFJ, etc.) ou de communication (CELSA, etc.)
- Instituts d'études politiques (Sciences-Po). Beaucoup d'établissements proposent une option pour préparer à ces concours, et on peut y être admis à la fin de l'hypokhâgne.
- Université : les élèves des classes préparatoires littéraires sont inscrits en parallèle à l'université, afin de bénéficier d'une « sortie de secours » en cas d'abandon en cours de route (mais certains écoles, comme l'ENS, ont de toute façon lieu parallèlement à un cursus universitaire classique).
En général, il est possible d'obtenir une équivalence au bout de la première année puis une équivalence de DEUG, qui permet ensuite de rejoindre une licence à l'université. Tout dépend des accords passés entre l'établissement de la CPGE et l'université. De même, le choix de la discipline en université se fait par rapport à la spécialité choisie en khâgne (histoire-géographie, lettres, langues, philosophie, ...). La majorité des khâgneux rejoint l'université après la prépa.
Origine du nom
L'origine du nom est mal connue. « Khâgneux » serait une orthographe pseudo-grecque de « cagneux », qui désigne des membres mal formés ou osseux. Napoléon Ier, inspectant une classe préparatoire littéraire, se serait exclamé « Qu'est-ce que c'est que ces cagneux ! » devant la constitution chétive des élèves — leurs homologues scientifiques étaient plus athlétiques, puisqu'ils se préparaient à des écoles militaires.
Plus prosaïquement, le surnom a probablement été donné par les élèves de classes préparatoires scientifiques, surnommées quant à elles « taupes » et « hypotaupes ».
Khâgneux célèbres
Dans le désordre : Georges Pompidou, Jean-Paul Sartre, Raymond Aron, Alain Juppé, Laurent Fabius, Jean Jaurès, Maurice Merleau-Ponty,etc. Il est éminemment difficile d'en dresser une liste représentative, dans la mesure où une très grande quantité de philosophes, écrivains, hommes politiques, etc. célèbres du XXè siècle sont passés par les classes préparatoires (avec des exceptions notables comme Gilles Deleuze ou Roland Barthes).
