Phalanges libanaises
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Introduction
Les Phalanges libanaises - en arabe Kataëb - ont été fondée en 1936 par Pierre Gemayel, George Naccache (journaliste) et Charles Hélou (George Naccache et Charles Hélou quitteront rapidement la formation). Le mouvement s'oppose alors à la présence de la France au Liban. Il collabore notamment avec le groupe sunnite al-Najjadah en 1943 pour obtenir l'indépendance.
Les Phalanges font prévaloir une idéologie multiconfessionnelle dans un cadre national unitaire se réclamant des anciens Phéniciens, l'un des premiers peuplements du Liban. En pratique, les phalanges sont un mouvement maronite et considéré comme tel par la majorité des musulmans libanais. Son modèle organisationnel arbore de fortes similarités avec le fascisme Italien mais l'idéologie du mouvement en est plutôt distincte. Bien que nationaliste et conservateur, la formation prône un état démocratique avec une forte participation chrétienne. À ce titre les phalanges sont plus proches des Républicains américains que du fascisme Italien.
Les phalanges après l'indépendance
L'afflux de réfugiés palestiniens en 1948 est considéré comme une menace par le mouvement en raison de la modification de la délicate balance communautaire au Liban. La formation tente de s'opposer à l'implantation des réfugiés sur le sol libanais et à la montée en puissance de l'OLP après 1967. Les Phalanges constitueront une des principales milices libanaises à partir des années 70. Alors que son père Pierre Gemayel reste nominalement à la tête des Kataeb, son fils Béchir crée fin 1970 les Forces libanaises qui, peu à peu, absorbent les autres milices chrétiennes.
Les phalanges dans la guerre civile
En 1975, le mouvement revendique 80 000 adhérents. En 1976, les phalanges font appel aux Syriens pour protéger la communauté. En 1982, Israël envahit le Liban. Béchir leader de fait des Phalanges, est élu président avec la bénédiction des Israéliens. Mais il est assassiné le 13 septembre 1982. Son frère Amine Gemayel est élu à sa place. Dans la nuit du 16 au 17 Septembre, une unité de phalangiste dirigé par Elie Hobeika pénètre dans les quartiers de Sabra et Chatila et tue environ 1500 personnes.
Pierre Gemayel meurt en 1984. Elie Karameh lui succède alors (1984-86) suivi de George Saade (1986 - 1998). Le parti prend alors ses distances avec la Syrie, mais se rallie aux accords de Taief de 1989 qui instaurent la IIème République libanaise. Amine Gemayel et quelqu’un de ses amis s'y opposent. Il partira alors en exil.
Les Phalanges après la guerre
Au sein du parti, les divisions s'accentuent à propos de la présence syrienne. Au bureau politique Boutros Khawand qui mène cette opposition. Khawand sera enlevé le 5 septembre 1992. Selon Human Rights Watch , il aurait été incarcéré dans la prison militaire de Mezze à Damas, et par la suite transféré au centre de détention de Tadmur.
Après la mort de Georges Saade, c'est Mounir al-Hajj qui prend la tête du parti en mars 1999, peu après l'élection d'Emile Lahoud à la présidence de la république. Hajj avait essayé de promouvoir un réalignement du parti avec Damas. Mais cette politique était fortement combattue en interne. Son alliance aux législatives de 2000 avec le ministre de l'intérieur pro-syrien Michel Murr devait d'ailleurs causer du tort à sa position politique. Murr devait en effet lui proposer de figurer sur sa liste du Metn sur laquelle se trouvait également des membres du Parti social national syrien, favorable à l'annexion du Liban par la Syrie, et qui avait combattu les Forces libanaises pendant la guerre civile. Cependant Hajj fut battu et ne pu accéder au gouvernement.
A cette occasion, il fut démis de la présidence des Phalanges. Dès lors, deux candidats étaient en lice: Amine Gemayel rentré de son exil en juillet 2000 et Karim Pakradouni. Ce dernier sera élu président du parti le 4 octobre 2001 grâce à de fortes ingérences syriennes dans le processus électoral interne et provoquera une scission de fait entre militants pro-Gemayel et pro-Pakradouni.
