Kan ha diskan


Le kan ha diskan, que l'on peut traduire par « chant et contre-chant », « chant et re-chant », ou « chant à réponse », est une technique de chant traditionnel breton pratiquée à deux ou plus. Le meneur («kaner») ou la meneuse («kanerez») chante le couplet qui est repris ensuite par le ou les autres chanteurs («diskaner(-ien)»). C'est un chant a capella et rythmé, très utilisé dans les festoù-noz pour faire danser les personnes présentes.

Dans certains morceaux (comme les accompagnements de gavottes), une fois que les chanteurs se sont accordés, le premier couplet est chanté lentement, pour donner le temps à l'assistance de rejoindre l'aire à danser (c'est l'appel). Puis le chant prend soudainement son rythme de croisière. Parfois, les chanteurs se contentent de faire durer leur accordement (généralement sur des lalalelo) afin de laisser le temps aux danseurs de se mettre en place. De même, le chant ne s'arrête pas brutalement à la fin, les chanteurs répétant une mélodie de type lalala en descendant progressivement.

Les chanteurs utilisent la technique du « tuilage » : les dernières paroles d'un couplet sont systématiquement chantées par tous les chanteurs, comme une sorte de « témoin » qu'ils se passent d'un couplet à l'autre, ce qui permet de ne jamais avoir de pause durant toute la durée du chant. Pour assurer la tenue du rythme, les chanteurs se tiennent parfois par la taille ou par l'épaule ; il est fréquent qu'ils scandent le rythme avec les pieds.

Dans les danses en suite, comme les gavottes ou la dañs Fisel, composées d'un ton simpl et d'un ton doubl séparé par un bal (tamm diskuizh ou tamm kreizh), la phrase musicale est souvent redoublée dans le ton doubl. Généralement, on introduit un long lalaleno dans le deuxième vers de chaque couplet afin d'obtenir ce doublement de la phrase musicale. Cela ne change rien pour les danseurs qui suivent généralement le même pas et le même tempo qu'au cours du ton simpl.

Durant le bal (tamm diskuizh : littéralement « partie de repos »), un refrain intervient, chanté plus « énergiquement » durant lequel les danseurs effectuent une figure (qui dépend de la danse en cours) : bal proprement dit après une marche (dañs Plinn, dañs Fisel, suite Treger, ...) ou simple figure (gavottes, ...).

Les chansons exclusivement en breton sont soit traditionnelles et leur origine peut être très ancienne, soit nouvellement inventées. Le plus souvent elles traitent d'histoires d'amour impossible, de problèmes quotidiens ou d'événements extraordinaires. Elles comportent parfois des dizaines de couplets.

Le kan ha diskan tire sa popularité de son adéquation à la danse pour laquelle il est conçu. De plus, pour certains danseurs, il peut s'avérer plus facile de suivre le phrasé du chant que la phrase musicale pour caler son pas.

Traditionnellement, les danses étaient accompagnés soit par un couple de sonneurs (par exemple biniou-bombarde) ou par un couple de chanteurs de kan-ha-diskan. Dans certaines régions de la Cornouaille et du Vannetais, les deux types d'accompagnement se pratiquaient.

Depuis les années 1950 et la fin de la civilisation paysanne bas-bretonne traditionnelle (modernisation de l'agriculture, basculement linguistique du breton vers le français), les deux types d'accompagnement se pratiquent partout; de même que toutes les danses se pratiquent partout dans les festoù-noz alors qu'autrefois, seule une danse était généralement connue des danseurs, selon leur région.

Chanteurs de kan ha diskan connus

Yann-Fañch Kemener, Erik Marchand, Marcel Le Guilloux, Annie Ebrel, ar vreudeur Morvan, ar c'hoarezed Goadeg, kanerien Langazel... La liste n'est pas exhaustive.

Exemples de chants de kan-ha-diskan


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See also: Kan ha diskan, Ar c'hoarezed Goadeg, Bibliographie musique bretonne et celtique, Breton, Cornouaille, Fest-Noz, Gavotte, Ar vreudeur Morvan