Kabyles
Les Kabyles sont les habitants de la Kabylie, région montagneuse à l'Est d'Alger en Algérie.
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Étymologie et différents noms
Le mot « Kabyle » vient de l'arabe Qabila (pl,Qbaïl), « tribus ». C'est le terme que les Européens ont utilisés au XVIIIe siècle pour désigner ces montagnards qui portaient des noms différents en fonction des tribus auquelles ils appartenaient. Les arabophones, quant à eux, utilisaient le mot Zwawa, déformation de Agawa (mot berbère) dont le pluriel Igawawen était le nom d'une tribu très puissante et ancienne confédération composée de huit tribus organisées en deux confédérations : Ath-Betroun (Ath-Menguellet, Ath-Bu-Yusef, Ath-Weqvil, Ath-Attaf). Il semblerait que dans l'Antiquité, les Igawawens aient porté le nom de Quiquegentiani, appelation administrative désignant cinq tribus (quinque gente). Une vieille légende rapporte en effet que les montagnards descendent d'un géant qui eut cinq fils, lesquels formaient les cinq tribus antiques (Boulifa, 1925), les fameux Quinquegentiani qui donnèrent tant de mal aux Romains. Déformation d'Agawa donc, Zwawa a donné en Français le mot Zwave, puis zouave, car les premiers fantassins indigènes étaient originaires de cette confédération.
La langue kabyle
Le kabyle ("taqbaylit") se rattache au groupe berbère. La Kabylie représentent la deuxième concentration de berbérophones après le Souss (Sud du Maroc). Estimée à 4 millions de locuteurs (la moitié des berbérophones algériens), cette langue est très proche du chenoui (parlé à l'ouest d'Alger et du chaoui (tachaouit) parlé à l'est de la Kabylie. Très attachés à leur identité berbère, les Kabyles revendiquent la reconnaissance du pluralisme linguistique dans la Constitution algérienne.
Exemples
| Mot | Traduction | Prononciation standard |
|---|---|---|
| terre | akal | |
| ciel | igenni | |
| eau | aman | |
| feu | times | |
| homme | argaz | |
| femme | tamettut | |
| manger | ecc | |
| boire | sew | |
| grand | moqqar | |
| petit | mechtoh | |
| nuit | edh | |
| jour | ass |
La société kabyle ancienne
L'organisation sociale des Kabyles, autrefois éleveurs et agriculteurs a été abondamment étudié, notamment par Pierre Bourdieu. Ce modèle a été largement modifié par la forte émigration qui a bouleversé les rapports sociaux, l'urbanisation, mais on peut tracer les grands traits de la société traditionnelle. Chaque village formant en soi une petite « République »:
- la « tajmait » était l'institution politique qui régissait la vie communale. Composée de tous les hommes ayant atteint la majorité, n'y prenaient la parole que les notables, les vieillards et les chefs de famille ;
- L'assemblée nommait l'Amin (chef), mandataire toujours révocable, qui gérait l'administration.
La démocratie n'y était que de principe car deux ou trois familles, un çoff, emportaient toujours la décision.
Conseil municipal, cour de justice et cour souveraine, la Djemâa se référait, en cas de litige ou de problème, à des textes de lois, les « Qanouns Kabyle » qui définissent le moindre manquement et sa sanction. Société à filiation patrilinéaire, la Kabylie était régie par le code de l'honneur qui protège « la maison, les femmes, les fusils ». Ces derniers représentent en fait le groupe des agnats, les cousins dont la mort doit être vengée par le sang. Vivre en Kabylie donc, c'est vivre sous l'autorité du groupe où l'esprit de solidarité est fort développé. On peut donner l'exemple de Tiwizi, la corvée collective qui consiste à aider un villageois à ramasser dans la journée ses olives où à bâtir sa maison.
