Juliette Drouet
Juliette Drouet (de son vrai nom Julienne Gauvain) (Fougères, 1806 - Paris, 1883) est passée à la postérité pour avoir été la maîtresse de Victor Hugo. Orpheline de mère quelques mois après sa naissance, de père l'année suivante, elle fut élevée par son oncle, René Drouet. Elle fit sa scolarité à Paris dans un pensionnat religieux. Elle devint vers 1825 la maîtresse du sculpteur James Pradier, qui la représenta dans la statue symbolisant Strasbourg, place de la Concorde à Paris. Elle eut avec lui une fille, Claire. Sur le conseil de Pradier, elle commença en 1829 une carrière de comédienne, d'abord à Bruxelles, puis à Paris. Elle prit à cette époque le nom de son oncle. Actrice sans talent, belle femme assez molle, elle rappellerait assez une Anna de Noailles si elle en avait eu. C'est en 1833, alors qu'elle interprétait le rôle de la princesse Négroni dans Lucrèce Borgia qu'elle rencontra Victor Hugo. Elle abandonna alors sa carrière théâtrale pour vouer sa vie à son amant, vivant de longues années, à sa demande, cloîtrée chez elle, ne sortant qu'en sa compagnie; consentante victime, à son insu, de l'imagerie d'Epinal de « l'éternel féminin ». En 1852, elle l'accompagna dans son exil à Jersey, et puis en 1855 à Guernesey. Elle lui écrivit tout au long de sa vie des milliers de lettres, qui témoignent d'un réel talent d'écriture, selon les dires d'un Henry Troyat.
Henri Troyat écrivit sa biographie en 1997.
