Jules Durand
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Jules Durand est un syndicaliste français, militant anarchiste né au Havre le 6 septembre 1880 et mort à l'asile de Rouen le 20 février 1926.
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Biographie
Amené très tôt à travailler, il fréquente l’université populaire des Bourses du Travail. Il commença sa carrière professionnelle en tant que docker, puis devient (comme son père avant lui) charbonnier-journalier.
Il s'intéresse rapidemment aux idées de lutte des classes, au travers des lectures de Louise Michel, Proudhon ou encore Émile Pouget. Il ralie le syndicalisme révolutionnaire, aide à consituer l’union départementale des syndicats et devient secrétaire du syndicat corporatiste des charbonniers (400 adhérents en 1910).
En août 1910, ce même syndicat, lance une grêve illimitée «contre l’extension du machinisme, contre la vie chère, pour une hausse des salaires et le paiement des heures supplémentaires». Pour lutter contre ce mouvement de grêve, les compagnies portuaires et transatlantiques havraises décident d'embaucher des hommes qu'elle paient trois fois plus chers.
Le 9 septembre 1910, cinq hommes ivres se bagarrent : Louis Dongé, l'un des "renards" et quatre autres charbonniers grévistes. Louis Dongé meurt le lendemain, les quatre charbonniers sont arrêtés et c'est le début de "l'affaire Durand" qui fit grand bruit dans le monde ouvrier havrais au début du XXe siècle.
L'affaire Durand : la "sanglante chasse au renard"
- Une manipulation politico-judiciaire ?
Les autorités havraises considérant que la grêve n'a que trop durée auraient "acheté" des charbonniers pour qu'ils témoignent contre Jules Durand, ces derniers affirmant que c'est le syndicat lui-même qui aurait voté l'assassinat de Louis Dongé, et que l'instigateur de ce vote aurait été Jules Durand, secrétaire du syndicat. La presse locale s'était égalemment emparée de cette affaire faisant de Durand un responsable, sinon un coupable du meurtre de Dongé.
- Arrestation
Jules Durand est arrêté sous le chef d'inculpation suivant : "incitation et complicité de meurtre sur la personne de Louis Dongé". Sont aussi inculpés les quatre coupables du meurtre, ainsi que les frères Boyer, secrétaire adjoint et trésorier du syndicat.
- Procès et condamnations
Le procès s'ouvre le 10 novembre 1910 à la cour d'assise de rouen. Un des avocats de Durand sera René Coty, lui aussi havrais et futur président de la Quatrième République (1954-1959.
Le 25 novembre, le verdict tombe : les frères Boyer seront acquittés, trois des quatre véritables coupables condamnés à des peines de prison. Jules Durand reçoit la peine suprême : celle de la comdamnation à mort. Pris d'une crise de nerfs à la fin du procès, Jules Durand commence à perdre la raison.
- Les suites du procès : manifestations de soutien, révision du verdict, libération et déclaration d'innocence
Le jour du verdict, à 10 heures du soir, l'Union des syndicats reçoit un télégramme annonçant la condamnation à mort de Durand. C'est la révolte et la colère, et 3 heures plus tard il est décidé de faire une «campagne d’agitation et de protestations ». Le 28 novembre, une grêve générale de 24 heures en soutien à Jules Durand paralyse Le Havre.
Devant les mouvements qui gagnent en France et outre-atlantique ( Angleterre et Etats-Unis ) et la désapprobation de Ligue des droits de l’Homme, sa peine de mort est commuée en sept ans de réclusion.
La mobilisation ne perdant pas de sa force, il est finalement libre le 1er janvier 1911. Le 15 juin 1918, il est déclaré innocent. Toutefois,
