Joseph Darnand
Aimé-Joseph Darnand est un homme politique français (Coligny (Ain), 19 mars 1897 - Châtillon (Seine), 10 octobre 1945).
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Le combattant courageux et ses sympathies pour le le nazisme
- Joseph Darnand avait combattu courageusement en 1914-18, et avait mérité alors plusieurs citations pour ses exploits comme « nettoyeur de tranchées ». Ayant reçu par la suite, la médaille militaire des mains du Maréchal Pétain, il s’était cru remarqué par celui-ci, et lui avait voué un attachement sans borne.
- Il fût trés amer ne n'avoir pu être nommé officier d'active à l'issue de la guerre, et en rendit responsable le régime républicain.
C'est pourquoi, entre les deux guerres, parallèlement à son activité de transporteur, il avait milité à l’extrême droite, d’abord ouvertement, dans le cadre de l’Action Française, comme c’était son droit. Mais ensuite, il avait été * plus loin, et cette fois de façon occulte : Admirateur de la manière forte et du nazisme, il avait conspiré contre la République en liaison avec le complot de la « Cagoule ». - Cependant, il n’en était pas moins resté un patriote, et, dans un premier temps, en 1939-40, il avait de nouveau combattu courageusement, dans un bataillon de chasseurs alpins, sur les arrières des lignes ennemies.
Pétain et le S.O.L.
- Mais quand, en juin 1940, Pétain, pour lequel il éprouvait une véritable dévotion, avait pris le pouvoir, il s’était rallié avec enthousiasme à la « Révolution Nationale ». Et cela d’autant plus que le vieux Maréchal avait institué dans les 3 mois, sans aucune pression allemande, les lois anti-démocratiques et anti-juives d’inspiration hitlérienne, auxquelles Darnand et ses amis conspirateurs rêvaient de longue date. Darnand avait donc pris résolument la tête de la nouvelle « Légion Française des Combattants » (L.F.C.), dans les Alpes Maritimes.
- Puis, après l’ouverture de celle-ci aux jeunes partisans du régime qui n’avaient jamais combattu, il avait fondé en août 1941, dans son département, un Service d’Ordre légionnaire (S.O.L), où s’étaient introduits avec empressement certains éléments douteux du « Milieu » niçois.
- Ce S.O.L., étendu ultérieurement à toute la zone non occupée et à l’Afrique du Nord, prônait le culte du Chef, la haine de la démocratie, le racisme, etc., mais aussi la « Collaboration » avec l’ennemi nazi. Après tout, le Maréchal n’avait-il pas personnellement prêché cette « collaboration » à la radio, le 30 octobre 1940, après sa rencontre avec Hitler ?
Plusieurs chefs et militants des S.O.L. se livrèrent alors à des actions brutales contre les adversaires réels ou supposés du régime, qui ne pouvaient se défendre, et déclenchèrent une vague de délation qui n’épargnait pas même les autorités civiles ou religieuses de l’Etat français.
- Le commandement national du S.O.L. ayant été attribué à Darnand, celui-ci s’était installé à Vichy. Mais il y affichait les positions ouvertement collaborationnistes, adoptées sous l’influence de Pétain dont il prenait à la lettre les déclarations et ne cessa jamais de recevoir le soutien. Ainsi était-il passé avec éclat du patriotisme à la trahison, choquant les autres dirigeants de la Légion et des Chantiers de Jeunesse, qui voulaient bien eux aussi « collaborer », mais avec plus de tact, et entre gens convenables.
Aussi l’autonomie du S.O.L. fût-elle décidée, autant pour écarter de la Légion ses énergumènes les plus compromettants, que pour permettre à Darnand et à ses hommes d’agir, à leur façon.
- Il faut dire qu’à la suite du débarquement allié de novembre 1942 en Afrique du Nord et de l’occupation allemande de la zone sud, le Maréchal, avait exalté, dans un discours du 5 janvier 1943, le « patriotisme » des S.O.L. qui avaient, aux cotés de l’Armée d’Afrique, tiré sur les Américains (En réalité seules quelques dizaines de ces nervis », sur des milliers, s’étaient battus à Oran et au Maroc, tandis qu’à Alger les S.O.L. s’étaient tous laissés capturer sans résistance, lors du « Putsch du 8 novembre 1942 », par lequel 400 résistants mal armés avaient, à eux seuls, neutralisé pendant 15 heures, le XIXème Corps d’Armée vichyste, et permis ainsi le succès immédiat du débarquement allié à Alger).
La naissance de la milice
- En conséquence, Pétain avait annonçé l’autonomie du S.O.L. et sa transformation en « Milice Française », sous les ordres de son chef national Darnand.
En août 1943, Darnand fit un pas de plus : Nommé Sturmbannführer de la Waffen SS, il prêta serment à Hitler. Le 30 décembre 1943, le nouveau SS n’en fût pas moins nommé par Pétain Secrétaire Général au Maintien de l’Ordre, et le 13 juin 1944 Secrétaire d’Etat à l’Intérieur
En 1944 la milice fût étendue au Nord de la France, et les hommes de mains des partis collaborationnistes y furent versés.
L'activité de la milice
- C’est alors que Darnand vint à Paris et y rechercha un logement confortable. Il jeta son dévolu sur un appartement luxueux du 16ème arrondissement, dans un immeuble appartenant à la famille juive Schwob d’Héricourt, dont les occupants légitimes, y compris leurs petits enfants, étaient contraints à se cacher.
- Sa milice que Darnand qualifiait de « nouvelle chevalerie » se comporta comme une troupe de bandits et de pillards. Comme supplétifs des Allemands, ils luttèrent contre la résistance et participèrent à la liquidation des maquis des Glières.
Les miliciens constituèrent aussi, avec l’approbation expresse de Pétain et en vertu d’une loi du 20 janvier 1944, des « cours martiales » sommaires dans lesquelles 3 « juges », tous miliciens, siégeaient anonymement dans des villes où ils étaient inconnus, prononçaient en quelques minutes des condamnations à mort exécutables immédiatement, et disparaissaient aussitôt par le premier train.
- Les hommes de Darnand s’engagèrent aussi dans la chasse aux juifs sans défense, et dans l’assassinat des hommes politiques courageux, qui, comme Georges Mandel, ou Maurice Sarraut, avaient tenté de s’opposer à la menace hitlérienne. Enfin le sexe ou l’age de leurs victimes ne les arrêtaient pas. C’est ainsi que le chef Touvier du 2ème service de la Milice se déplaça personnellement pour diriger l’assassinat du député Victor Basch, président de la Ligue des Droits de l’Homme, âgé de 81 ans, et de sa femme.
Se sentant détestés de la population, les miliciens en vinrent à détester tous les Français. Ainsi, à la suite de l’exécution par la résistance du propagandiste nazi Philippe Henriot (qui multipliait les appels au meurtre), sillonnèrent-ils en voiture les rues de Châteauroux en tirant au hasard sur les passants qui se trouvaient là.
La fuite en Allemagne
Quand vint la Libération, les miliciens prirent le chemin de l’Allemagne, où ils furent versés dans la Waffen SS. Mais Darnand dût en abandonner le commandement à un officier supérieur allemand, tandis que lui-même était envoyé en Italie du Nord faire la chasse aux partisans. C'est là qu'il fût arrêté le 25 juin 1945 par les Anglais et remis aux autorités françaises.
Le chatîment
Il y fût capturé, puis transféré en France et jugé. Il fût condamné à mort, à l’issue d’un procès en bonne et due forme, conduit avec bien plus de garanties que ceux improvisés par ses prétendues « cours martiales ». Le 3 octobre 1945, Darnand fût condamné à mort par la Haute Cour de justice et fusillé le 10 octobre 1945.
Bibliographie
- Darnand ou la mort en chantant ISBN 2864771276
- Pierre Giolitto,Histoire de la Milice, Perrin, Paris, 2002.
- Jean Delperrié de Bayac, Histoire de la Milice (1918-1945), Fayard, Paris 1995.
