Joseph Balsamo
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Giuseppe Balsamo (Joseph Balsamo), dit Alessandro, comte de Cagliostro fut un aventurier italien (Palerme, 1743 - prison pontificale de San Leo, près de Rome, 1795).
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Sa vie
La vie de Cagliostro est mal connue, il naquit sans doute dans une humble famille de Palerme, prit l'habit des frères de la Miséricorde, religieux soignants, fut infirmier puis médecin. Chassé de sa communauté pour indélicatesses, il aurait voyagé à travers l'Orient et l'Europe, avant de paraître à Strasbourg, puis à Paris, vers 1780-1785. Il se présenta au public aristocratique en thaumaturge et en initié sous le patronage d'un grand seigneur fort niais, le cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg, grand aumônier de France, qu'il avait enjôlé pour des raisons diverses : remèdes miraculeux, franc-maçonnerie.
Cagliostro se disait le disciple du comte de Saint-Germain, aventurier mystérieux, qui, à Versailles, où il avait brillé vers 1750-1760, se déclarait immortel. Il prétendait aussi posséder une eau de jouvence, sérum de perpétuelle jeunesse.
Il importa en France la Franc-maçonnerie dite égyptienne (de Memphis Misraïm). Son succès, prodigieux dans la bonne société parisienne, est explicable par l'atmosphère du temps : la franc-maçonnerie était au goût du jour. Mais la carrière de ce sorcier de salon fut brisée par l'escroquerie dite affaire du collier de la reine.
Cagliostro fut incarcéré à la Bastille, puis expulsé de France. Revenu en Italie, il erra dans diverses villes avant d'être arrêté par la Sainte Inquisition; condamné par la justice pontificale à la détention à vie, il fut emprisonné jusqu'à sa mort.
Deux optiques différentes
Sa vie d'aventurier peut être vue sous deux angles, celui de la légende noire, et celui de la « légende dorée » (discours revérentiel évoquant les hagiographies de Jacques de Voragine).
Vue critique
Fils de petits commerçants, il aurait d'abord été frère mendiant. Ayant aidé dans les hôpitaux, il put arriver à se prétendre médecin, mais ayant commis plusieurs irrégularités, il s'enfuit et visita l'Orient ( Egypte ? ) et les grandes villes d'Europe (Londres, Varsovie, St Petersbourg), où le précédait une réputation diffusée par les clubs maçonniques. Il prétendait disposer de secrets médicaux, dont la recette de l'eau philosophale, capable de rendre la jeunesse (le mythe de la Fontaine de Jouvence fut très en vogue au XVIIIe). Arrivé à Paris en 1785, son succès d'estime fut triomphal, mais il visita la Bastille et fut exilé l'année suivante : il avait été mentionné comme associé au Cardinal de Rohan dans l'affaire du Collier.Poursuivant ses voyages et sa vie de « Gourou » itinérant, il fut trahi par sa femme, pourtant longtemps complaisante, et livré à l'inquisition de Rome en 1789. Condamné à la prison perpétuelle comme illuminé et franc-maçon, un moine l'aurait étranglé dans son cachot. Alexandre Dumas s'est emparé de la figure de Joseph Balsamo pour tenter de donner une coloration mystérieuse à son cycle de romans (Joseph Balsamo, Le Collier de la Reine, Ange Pitou, La Comtesse de Charny et Le Chevalier de Maison-Rouge) situés à la fin du XVIIIe siècle.
Vue apologétique
Le nom Balsamo serait d'origine orientale et Cagliostro serait un authentique sorcier sicilien. Il aurait réellement eu des pouvoirs de guérisons avérées et aurait été un annonciateur du spiritisme en faisant apparaître des « ombres » (la Théosophie le reconnaît comme l'un de ses précurseurs). Il fonda la « maçonnerie egyptienne » à Lyon en l'implantant au sein des obédiences traditionnelles, et les initiés de ces loges le tiennent pour le continuateur du Comte de St Germain. Cependant, Goethe, qui était maçon et en recherche de « secrets » le visita dans sa prison (on suppose que Goethe avait connu St Germain) et déclara à ce propos « Le disciple ne vaut pas le maître ». Cagliostro se vantait ouvertement d'avoir maléficié le Collier et précipité la chute de l'aristocratie. L'armée française -qui comptait des maçons égyptiens dévoués- approchant de Rome, il aurait été supprimé pour ne pas être libéré par ses frères.
Anecdotes
Giuseppe Balsamo inspira de nombreux écrivains. Bien sûr Alexandre Dumas, mais on le retrouve aussi dans Le Grand Cophte de Goethe, Les Illuminés de Gérard de Nerval, Le Comte Cagliostro de Thomas Carlyle ou encore Le Visionnaire de Schiller. Il a même fait l'objet d'un feuilleton télévisé Joseph Balsamo.
