José Aboulker
José Aboulker est né le 5 mars 1920 à Alger dans une famille juive. Son père, Henri Aboulker était Chirurgien des Hopitaux et Professeur à la Faculté de Médecine d'Alger. Sa mère, Berthe Aboulker était femme de Lettres.
En avril 1940, José Aboulker, étudiant en médecine, fût mobilisé comme E.O.R.(Elève-officier de réserve) et démobilisé en février 1941.
José Aboulker, dans la résistance algéroise
Il avait fondé dès septembre 1940 un réseau de résistance à Alger, en liaison avec son cousin Roger Carcassonne qui fit de même à Oran, et devint par la suite l'un des principaux dirigeants de la Résistance en Algérie. Les deux cousins firent connaissance d'Henri d'Astier de la Vigerie avec lequel ils préparèrent l'assistance française au futur débarquement allié, en liaison avec le colonel Germain Jousse et Robert Murphy, représentant du Président Roosevelt à Alger.
Le centre de cette préparation fût le domicile du père de José, le Professeur Henri Aboulker, au 26 de la rue Michelet.
Dans la nuit du débarquement allié en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, José Aboulker commanda, au Commissariat Central, avec son adjoint Bernard Karsenty et les concours de Guy Calvet et du Commissaire Achiary, l'occupation d'Alger par 400 résistants.
Ceux-ci, dirigés par leurs chefs de groupes, tous sauf exception officiers de réserve, neutralisèrent les centres de commandement et de transmissions, occupèrent les points stratégiques et arrêtèrent les responsables militaires et civils vichystes, à commencer par le général Juin, commandant en chef, et l’Amiral François Darlan.
Lorsque le XIXème Corps d’Armée vichyste, enfin conscient de l’opération, tenta de se mobiliser, au matin, il dut concentrer ses efforts sur les résistants au lieu de se porter contre les forces alliées débarquées. Comme à cette heure là, les débarquements autour d’Alger étaient achevés, José Aboulker, soucieux de ne pas verser le sang français, invita les chefs de groupes, les uns après les autres, à évacuer leurs positions après avoir négocié leur départ le plus longuement possible. Il organisa aussi avec le capitaine Pillafort, chef de groupe, des barrages avec les résistants rendus disponibles par l'évacuation de certaines positions, de façon à paralyser la mobilisation. Si bien qu’au soir, les forces vichystes n’avaient pas osé affronter le commissariat central, dernière place forte des insurgés. C’est ainsi que, grâce à ce « putsch du 8 novembre 1942, les Alliés purent débarquer sans opposition, encerclèrent ensuite Alger et obtinrent le soir même la capitulation de cette ville, avec son port intact, et la reddition des chefs de l'Armée d'Afrique.
Au contraire à Oran et au Maroc, où le putsch avaient échoué, les Américains, accueillis à coups de canon, durent livrer 3 jours de combats sanglants et incertains, et ne cessèrent le feu qu’après en avoir reçu l’ordre de Juin et Darlan, donné depuis Alger, sous la menace du général Clark.
Par la suite Darlan, toujours au pouvoir et qui avait maintenu le régime de Vichy dans le camp allié avec le soutien du général Giraud, fût abattu par le jeune patriote Bonnier de La Chapelle. Giraud le laissa fusiller à la hâte, avant de succèder à Darlan.
José Aboulker fût alors arrêté, sur l’ordre de Giraud, ainsi que la plupart des chefs de la résistance (dont son père, grand mutilé de la Première guerre mondiale), sans la moindre opposition de Robert Murphy, représentant des Etats-Unis, et déporté dans le Sud Algérien, en décembre 1942.
José Aboulker, dans la résistance métropolitaine
Libéré après la Conférence de Casablanca (1943) (dite aussi « Conférence d’Anfa »), il rejoignit Londres en mai 1943, et s’engagea dans les Forces françaises libres.
Il fût envoyé clandestinement, en octobre 1943, en France occupée, comme « Délégué à l'organisation du service de santé des Maquis et des F.F.I. » et prépara l'organisation sanitaire civile pour la Libération. Il y dirigea les opérations de parachutage d'équipements chirurgicaux sur la France
De retour à Londres en juin 1944, il rejoignit Alger, où il soutint sa thèse de médecine.
En août 1944, il repartit pour une nouvelle mission dans le sud de la France en insurrection, afin d'installer les commissaires de la République à Toulouse, Limoges et Clermont-Ferrand.
José Aboulker, en temps de paix
José Aboulker fût délégué de la Résistance d'Algérie à l'Assemblée Consultative Provisoire de Paris en 1944-1945, et déposa une proposition de modification de la loi électorale en Algérie, pour permettre l’élection de députés musulmans indigènes, qui n’y avait jamais été admise auparavant. Cette proposition fût adoptée par l’Assemblée consultative et reprise par la loi électorale, ce qui permit la présence de tels députés à l’Assemblée constituante.
Après la guerre, José Aboulker entra au parti communiste et reprit en 1946 ses études de Médecine. Il passa successivement les concours d’interne des Hôpitaux de Paris, puis d’assistant. Il devint enfin Professeur de neuro-chirurgie, et Chef de service des Hôpitaux de Paris.
Il s'engagea pour l'indépendance de l'Algérie et s'opposa, en 1958, au retour du général de Gaulle dans la lancée des complots du 13 mai. Mais ensuite, compte tenu de l’action du général dans le sens de la décolonisation, il vota en sa faveur en 1965. Il appartint au service médical d'urgence constitué pour le président de la République après l'attentat du Petit-Clamart. José Aboulker est Compagnon de la Libération, Commandeur de la Légion d'Honneur et titulaire de la Croix de Guerre (1939-1945) (avec 3 citations), ainsi que de la Medal of Freedom des Etats-Unis. José Aboulker est membre du Conseil de l’Ordre de la Libération, depuis juin 1999.
