Jomons

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Témoignage de la culture Jomon : Une figure Dogu (entre 1 000 et 400 av. J.-C.), Museum national de Tōkyō, Japon.

Les peuples Jomons constituent le peuplement originel prénéolithique et néolithique du Japon. Leurs ancêtres descendants de l'espèce Cro-Magnon sont sans doute originaires de l'Asie du Nord-Est, ils colonisèrent le Japon dès le début de la fin de l'ère glaciaire (20 000 à 18 000 av. J.-C.). Leur présence y est attestée bien avant le XIIe millénaire av. J.-C.. À cette époque les terres de l'archipel étaient reliées en plusieurs points au continent asiatique, ces passages terrestres furent définitivement submergés entre 8 000 et 6 000 av. J.-C.

Les différences marquées entre les cultures néolithiques de chaque région de l'archipel au cours des temps sont dues non seulement aux spécialisations locales, mais aussi aux vagues successives de migrations, s'étendant sur de nombreux millénaires, apportant des traditions culturelles différentes.

Les peuples Jomons étaient des chasseurs-cueilleurs qui disposaient sur ces îles d'une grande diversité de ressources naturelles dans tous les biotopes de l'archipel.

Au printemps et au début de l'été, les espèces de poissons de haute mer (thons et bonites) et les mammifères marins sont pêchés, alors qu'ils s'approchent des côtes pour se reproduire. En automne, les fruits et les graines sont prêts à être cueillis, et la récolte de châtaignes, noix, noisettes et glands est stockée dans de nombreux silos souterrains. À la fin de l'automne et pendant tout l'hiver, les daims et les sangliers sont chassés, mais aussi l'ours, le cerf et le lièvre.

La côte Est de l'archipel est la plus densément peuplée, et très vite des villages permanents se sont installés, avec leurs maisons à demi enterrées et des bâtiments communautaires. Cependant l'abondance des ressources est telle que l'agriculture n'a pas besoin d'être développée. Les archéologues estiment la population d'alors entre 125 000 et 250 000 individus pour tout l'archipel. Le village typique est constitué de six à dix habitations à l'intérieur desquelles vivent des familles de cinq à six personnes.


Sommaire

La céramique

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Récipient en céramique de style Jōmon (entre 10 000 et 8 000 av. J.-C.), une des poteries les plus anciennes du monde, Museum national de Tōkyō, Japon.
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Récipient céramique orné de flamèches (entre 3000 et 2000 av. J.-C., Jomon précoce) Musée national de Tokyo, Japon

Vers 10 500 av. J.-C., la céramique est mise au point dans l'île de Kyūshū ; c'est la période la plus anciennement connue au monde pour cet art. De là, sa technique de fabrication remonta jusqu'à Honshū, pour atteindre Hokkaidō vers 6 500 av. J.-C.. Cette céramique cordée de style Jomon fut fabriquée au Japon pendant plus de 10 000 ans (« culture Jomon »).

L'outillage lithique (de pierre) comprenait des haches, des doloires bifaces, des meules et des broyeurs dans les zones à l'intérieur des terres et dans les forêts des côtes occidentales. Dans les zones côtières et fluviales, l'outillage comprenait des harpons, des hameçons, des pointes de flèches et des plombs pour les filets.

La chasse, la pêche et la cueillette continuèrent d'être les modes de vie dominants dans l'archipel durant les millénaires suivants. L'agriculture ne commença à devenir dominante qu'au cours du dernier millénaire avant notre ère, avec la culture des plantes et notamment celle du riz qui était devenu la principale ressource dans tout l'Extrême-Orient et l'Asie du Sud-Est.

La culture Jomon

L'apogée de la « culture Jōmon » se situe entre le VIIe millénaire av. J.-C. et le IIIe siècle av. J.-C.. Elle est caractérisée par des céramiques « à dessins cordés », produites par une multitude de petites communautés disséminées dans tout le pays. D'ailleurs, le terme Jōmon signifie littéralement « marque de corde », du fait que les poteries étaient décorées en faisant une marque avec des cordes dans l'argile encore fraîche. Ces ornementations constituent le premier exemple d'art apliqué, et d'ornementation sans rôle symbolique apparent. Au fur et à mesure de l'évolution de la culture Jōmon, les motifs décoratifs se sont diversifiés, comprenant des impressions de coquillages, de bambous, et surtout l'ajout de flamêches sur les anses et les rebords des recipients, au point qu'on peut s'interroger sur l'utilité de certaines poteries de l'époque la plus tardive.

Au début, les poteries étaient utilisées exclusivement pour la cuisson, puis elles ont servi au stockage de la nourriture et enfin pour les sépultures. Les plus grandes mesuraient 1 m de haut pour à peu près 70 cm de diamètre.

Certaines d'entre elles ont été retrouvées dans des sites à plus de 1 500 km au sud du Japon ; à partir du IIe millénaire av. J.-C., les poteries sont le reflet de la pénétration d'influences venues du continent, notamment dans le Nord-Est de l'archipel : certaines formes semblent imiter les vases de bronze chinois contemporains.

Les petites figurines en argile constituent la deuxième forme d'art des Jomons, les premières sont apparues vers 7 000 av. J.-C.. Ces figurines sont de formes humaines (souvent de femmes) et animales et sont appelées Dogū. Elles constituent les premiers témoignages de la sculpture japonaise. Leurs fonctions étaient vraisemblablement liées à des cérémonies funéraires (offrandes), à des rites de fécondité, à des formes primitives d'agriculture et à des rites de guérison. Les figurines sont souvent retrouvées cassées car elles étaient brisées dès que le mal était transféré à la statuette lors de ces cérémonies.

Les masques sont une troisième forme d'art de la culture Jōmon. Au début, ils étaient confectionnés à partir de valves d'huîtres percées de trous pour représenter la bouche et les yeux. Puis, des masques en terre cuite apparaissent entre 1 500 av. J.-C. et 1 000 av. J.-C. ; ils étaient utilisés pour des cérémonies et devaient représenter des expressions spécifiques du visage.

En l'an 660 av. J.-C. a lieu la fondation mythique du Japon par l'empereur Jimmu, descendant de la déesse Amaterasu.

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See also: Jomons, -660, Agriculture, Archéologie, Argile, Asie, Biotope