Johnny s'en va-t-en guerre

Johnny s'en va-t-en guerre (Johnny Got His Gun) est le titre d'un film de guerre sorti sur les écrans le 7 février 1971. Son réalisateur, Dalton Trumbo, en a écrit le scénario à partir de son roman éponyme publié en 1939.

Sommaire

Synopsis

Joe Bonham (Timothy Bottoms) est un jeune étatsunien plein d'enthousiasme qui décide de s'engager pour aller combattre sur le front pendant la Première Guerre mondiale. Au cours d'une mission de reconnaissance, il est gravement blessé par un obus et perd ses quatre membres ainsi que la parole, la vue, l'ouïe et l'odorat. Allongé sur son lit d'hôpital, il se remémorre son passé et essaie de deviner le monde qui l'entoure à l'aide de la seule possibilité qui lui reste : la sensibilité de la peau de son torse.

Commentaires

Le film reste très discret au niveau des images. Trumbo ne filme jamais les mutilations du personnage mais uniquement les parties saines de son corps. L'histoire commence lorsque Joe se réveille à l'hôpital alors qu'il s'imagine être encore dans une pièce obscure. Sa voix intérieure nous fait vivre la manière dont il se rend compte peu à peu de son infirmité. Les scènes dans l'hôpital avec la voix intérieure alternent avec des scènes de souvenir et de rêve — mais lorsque l'on ne peut pas ouvrir les yeux, comment distinguer le rêve de la veille ?

Très pessimiste, le film est par moment difficilement supportable, non pas en raison des images, mais de la prise de conscience de la torture mentale que vit le personnage. Il constitue un double manifeste, à la fois contre la guerre et pour l'euthanasie (le héros demande lui-même à ce qu'on le tue, à la fin du film).

Il s'agit du seul film que Dalton Trumbo ait réalisé (il en est également le scénariste). Il a inspiré la chanson One de Metallica (album And Justice for All), qui reprend des images et des dialogues du film dans la vidéo.

Aspect historique

Le film et le livre ont eu un impact important en raison de leurs dates de sorties.

Le livre fut publié pour la première fois le 3 septembre 1939, soit deux jours après le début de la Seconde Guerre mondiale, et il devint rapidement célèbre par son caractère ouvertement anti-militariste. Il montrait la violence et l'absurdité de la guerre dans un contexte où l'Amérique rechignait fortement à s'impliquer dans le conflit. Après l'épuisement des exemplaires en librairie, sa réédition ne survint qu'à la fin de le Seconde Guerre mondiale, en 1945.

Alors que les États-Unis étaient en pleine Guerre du Vietnam, la sortie du film eut une seconde résonance avec l'actualité. Les divers mouvements pacifistes et anti-militaristes des années 1970 firent de Johnny s'en va-t-en guerre une œuvre majeure dans laquelle il convient de voir l'un des plus violents réquisitoires de la littérature et du cinéma américain contre l'absurdité de toutes les guerres.

Fiche technique

Distribution

Récompenses

Grand prix spécial du jury et de la Critique internationale, Cannes 1971 ; Meilleur film du « Festival des Festivals », Belgrade 1972.

Autour du film

C'est le premier film de Dalton Trumbo sous son vrai nom : à cause du Maccarthysme, il signa ses films pendant treize ans sous un pseudonyme.


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See also: Johnny s'en va-t-en guerre, 1939, 1945, 1971, 3 septembre, 7 février, Années 1970