João Gilberto
João Gilberto est un musicien brésilien, considéré comme le principal créateur de la bossa-nova. Il est né le 10 juin 1931 à Juazeiro dans l’état de Bahia.
Guitariste autodidacte, il monta à Rio de Janeiro en 1950, y obtenant quelques succès au sein d’une formation de l’époque, Garotos de Rua, dont il fut congédié. Suivirent plusieurs années d’errance et de marginalité, pendant lesquelles il n’eut de cesse de se trouver un mode d’expression à la guitare. Efforts récompensés à partir de 1957, notamment par la rencontre du compositeur Tom Jobim avec qui il enregistra les premiers et plus grands succès de la bossa nova.
D’abord comme guitariste sur un disque de Elizete Cardoso, Canção do Amor Demais, co-composé par Jobim et le poète Vinícius de Moraes. Puis sur ses propres 45T et 33T Chega de Saudade, lesquels lancèrent au Brésil à la fois João Gilberto et tout le mouvement bossa nova. Deux autres 33T suivirent en 1960 et 1961, contenant, outre les compositions de Jobim/Moraes, des chansons de leurs aînés Dorival Caymmi et Ary Barroso, des sambas des années 30, de nouvelles compositions de Carlos Lyra et Roberto Menescal, mais exécutées dans ce style novateur mis au point par João.
Son style peut se résumer en une adaptation à la guitare solo de la rythmique syncopée du samba traditionnel.
À partir de 1962, comme la bossa-nova intéressait des jazzmans aux États-Unis, dont Stan Getz, Gilberto et Jobim se rendirent à New-York, y travailler avec ce dernier à ce qui allait être le best-seller du jazz, le 33T Getz/Gilberto, sur lequel la femme de João, Astrud, commença aussi sa carrière de chanteuse, avec la chanson The Girl from Ipanema notamment.
João Gilberto continua à jouer dans les années 60, mais attendit 1968 pour produire un nouvel album studio, Ela é Carioca, réalisé pendant un séjour à Mexico. Le disque João Gilberto, parfois surnommé l’album blanc de la bossa, sortit en 1973. Interprété presque uniquement au chant-guitare, et d’une sensibilité cool, presque mystique, ce disque marque un certain éloignement du son de João jusqu’alors. En 1976 paraît The Best of Two Worlds, nouvelle collaboration avec Stan Getz. Y chante aussi Miucha, femme de João depuis 1965. Amoroso, en 1977, vient ajouter à cette voix-guitare les orchestrations de cordes de Claus Ogerman, lequel avait collaboré à de précédents albums de Tom Jobim.
Une constante de ces albums et des suivants : leur répertoire consiste pour presque moitié de compositions de Jobim, le reste étant des reprises d’anciens sambas, voire de succès populaires d’autres pays.
En 1980 paraît Brasil, collaboration avec Gilberto Gil, Caetano Veloso et Maria Bethânia - la nouvelle génération de la musique populaire brésilienne d’alors. En 1991, le 33T João a la particularité de ne contenir aucune chanson de Jobim. Mais il y revient en 2000 sur João Voz e Violão, produit par Caetano Veloso, notamment en réenregistrant ses premiers succès Chega de Saudade et Desafinado .
Personnalité excentrique que celle de João Gilberto, réputée pour sa réclusion et son perfectionisme quasi neurotiques, capable de vivre dans un hôtel de luxe de Rio de Janeiro pendant des années, refusant toute interview, ne sortant presque jamais –, ou d’abréger ses spectacles pour cause de public irrespectueux, ou de sonorisation inadéquate. Cependant il continue à donner des concerts – tant au Brésil que dans les principales villes du monde –, concerts dépassant généralement deux heures, et dont plusieurs enregistrements ont été publiés en CD : Live in Montreux, Prado Pereira de Oliveira, Eu Sei Que Vou Te Amar, Live at Umbria Jazz, et récemment In Tokyo.
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